Test – Immortal Legacy : le shooter pop-corn

Sorti en 2019, Immortal Legacy était parvenu à trouver son public sur PC et PlayStation 4. Deux ans plus tard, ses créateurs nous livrent un portage du jeu sur consoles, cette fois sans plus aucune compatibilité avec les casques de réalité virtuelle. 

C’est un fait, la réalité virtuelle a du mal à séduire. Nombreux sont aujourd’hui les studios qui font le choix de porter leurs productions VR en jeux qui se jouent entièrement au pad sur un téléviseur pour rentabiliser leur investissement… Avec de temps à autre de belles surprises à la clé.

Les gunfights sont plutôt intenses en début d’aventure.

Passé relativement inaperçu au moment de sa sortie, Immortal Legacy était pourtant parvenu à récolter quelques jolies notes dans la presse spécialisée, allant jusqu’à se faire surnommer – injustement – “l’Uncharted de la VR”. Le jeu du studio chinois Vivagames jouait la carte de l’immersion et de l’action, avec une aventure riche en rebondissements, qui se jouait entièrement à la première personne.

Forcément, porter un jeu VR sur grand écran est toujours un peu casse-gueule. Certains s’en sortent mieux que d’autres. Lorsqu’il s’agit d’un FPS, on sent forcément cette sensation de flottement propre aux jeux en réalité virtuelle et Immortal Legacy n’échappe pas à la règle.

Changement radical d’ambiance dans le second acte.

Le jeu nous place dans la peau d’un aventurier des temps modernes qui se retrouve on ne sait guère trop comment ni pourquoi sur une île tropicale qui renferme de nombreux secrets. On ne va pas vous le cacher, niveau scénario, on est proche du nanar. L’aventure débute d’ailleurs avec la rencontre de Ksana, une jeune influenceuse venue sur l’île on ne sait guère trop comment pour “filmer des dragons” pour ses fans – ça ne s’invente pas. Le scénario mélange légende chinoise, mercenaires et expérimentations scientifiques dans un complexe abandonné, le tout sous un ton très léger.

Assez paradoxalement, la sauce prend pourtant plutôt bien. On commence l’aventure armé d’un simple revolver face à des hordes de mercenaires armés jusqu’aux dents. Pad en main, le personnage est assez lourd et on sent cette désagréable sensation de flottement à chaque déplacement, mais les gunfights n’en restent pas moins intenses et assez techniques. Une ou deux balles suffisent à vous mettre au tapis. Après 30 minutes de jeu, le ton change radicalement. Le joueur s’enfonce dans les profondeurs d’un complexe abandonné infesté d’affreuses créatures que l’on croirait tout droit sorties de Dead Space.

Les séquences de jeu sont variées mais loin d’être toutes réussies.

C’est dans ce second acte que le jeu brille le plus. L’atmosphère change radicalement. Le joueur se retrouve dans des catacombes à évoluer seul dans le noir avec une lampe torche et quelques munitions. Il faudra éviter les nombreux pièges qui l’attendent sur son chemin mais surtout éliminer les monstruosités qui peuplent les sous-sols. Le design des créatures est particulièrement réussi et il ne sera pas rare de sursauter face à son écran.

Vu qu’il a été pensé comme un jeu d’aventure en réalité virtuelle, Immortal Legacy ne respecte pas vraiment les codes du FPS et n’hésite pas à enchainer les séquences de jeu diverses et variées. On retrouve ainsi quantité de puzzles à résoudre, plusieurs séquences de parkour et même quelques combats de boss. Il est donc loin d’être question d’un simple shooter. De par sa construction, le titre se rapproche souvent d’ailleurs d’un survival-horror, jusque dans sa gestion de l’équipement, très clairement inspiré d’un Resident Evil. Le joueur dispose d’un nombre de slots pour y glisser toutes ses armes et accessoires. Il devra dès lors faire des choix dans ses outils…

Il faudra régulièrement résoudre de petites énigmes.

Immortal Legacy parvient à très agréablement nous surprendre lors de certaines séquences de jeu particulièrement inspirées : la guérilla dans la montagne, les passages d’ambiance sous-verre, et tout son côté survival. Beaucoup moins lors d’autres séquences, nettement moins maîtrisées, à l’image des “chutes” qui se réduisent à de longues séquences durant lesquelles le joueur devra pencher son stick de gauche à droite et inversément pour éviter des obstacles, ou lors des combats avec les drones.

Visuellement, le titre s’en sort correctement. La direction artistique du jeu est plutôt inspirée. Un gros travail a été accompli sur le design des monstres, particulièrement réussi. Esthétiquement toutefois, on est loin d’un jeu triple-A. Les animations des personnages sont basiques, les effets visuels minimalistes et on ressent clairement qu’on est en face d’un jeu de 2019 reconditionné. Pour autant, cela ne gâche pas trop le plaisir de jeu. Car à 19,99 €, l’offre reste solide et le divertissement n’est guère déplaisant à parcourir.

Ambiance, ambiance…

Reste un gros défaut : s’il fallait 5 à 6h de jeu pour en voir le bout en VR, il ne faut pas plus de 2 à 3h de jeu pour le finir en ligne droite sur son téléviseur. La durée de vie a été littéralement divisée par deux. Et pour cause, puisqu’il est beaucoup plus facile de se diriger au pad dans les couloirs sinueux d’Immortal Legacy. Et ce, bien que le titre ait clairement été pensé pour la réalité virtuelle, de par sa structure. A 19,99€, Immortal Legacy reste un FPS plaisant à parcourir mais qui manque cruellement de profondeur. Un jeu “pop-corn” que l’on déguste en l’espace d’une soirée et sur lequel on ne reviendra pas forcément. Le jeu présentait un réel potentiel. On le sent toutefois : le projet était sans doute trop ambitieux pour le petit studio chinois, qui malgré d’excellentes idées, ne parvient jamais réellement à trouver la recette parfaite.

Conclusion

Pensé comme un titre qui se joue en réalité virtuelle, Immortal Legacy a du mal à convaincre au pad. Le jeu perd clairement niveau immersion. L’aventure n’en reste pas moins plaisante à parcourir. Après un premier acte relativement peu inspiré, qui rappelle un FPS générique, l’aventure prend un nouveau tournant en lorgnant du côté des survival-horror. Immortal Legacy parvient alors à tirer son épingle du jeu avec une atmosphère travaillée, des séquences de jeu intenses et des monstruosités au look particulièrement inspiré. Le jeu du studio chinois Vivagames aime jouer avec nos peurs les plus profondes. Très linéaire dans sa construction, le jeu souffre de son héritage avec une diversité de séquences de jeu qui a du mal à convaincre et une prise en main au pad “compliquée”. Trop souvent, on ressent encore cette sensation de flottement, typique des jeux se jouant en réalité virtuelle. Le scénario nanardesque du jeu et sa réalisation très générique peinent également à lui donner une identité qui lui soit propre. De surcroit, sa durée de vie est divisée par deux par rapport à la version VR. Le jeu se boucle en moins de 3 heures en ligne droite. Reste qu’à 19,99€, Immortal Legacy a de quoi vous occuper le temps d’une soirée. 

Immortal Legacy

Gameplay 6.0/10
Contenu 6.0/10
Graphismes 6.0/10
Bande son 6.5/10
Finition 6.0/10
6.1

On aime :

Un prix doux (19,99€)

La seconde partie, très réussie

Une ambiance soignée

On aime moins :

Un scénario complètement creux

Le jeu n'a clairement pas été pensé pour le pad

Certaines séquences de jeu ratées (l'exploration sous-terraine, les nombreux puzzles,...)

Techniquement assez pauvre