5 choses que vous ignoriez sur l’IPTV

Bien que les IPTV fassent régulièrement l’actualité lors de démantèlement de réseaux illégaux, elles restent assez mystérieuses auprès du public. Si vous désirez en apprendre davantage sur ce moyen de diffusion, voici 5 choses que vous ignoriez probablement sur les IPTV. 

L’IPTV n’est pas illégale

C’est une erreur que l’on voit fréquemment apparaître lorsque les IPTV sont évoquées. Si effectivement l’appellation « IPTV » désigne dans le langage courant l’accès à plusieurs milliers de chaines contre une poignée d’euro (ce qui est illégal), la technologie en tant que telle est parfaitement légale. Il est ainsi possible et même fréquent de trouver des services IPTV légaux, qu’il s’agisse de chaines de télévision qui rendent accessibles à leurs abonnés leurs chaines de télévision ou bien de liste répertoriant les chaines accessibles gratuitement. Ce qui est illégal en revanche, ce sont les listes IPTV qui donnent accès à des chaines pour lesquelles elles n’ont pas les droits de diffusion.

Big Brother surveille vos habitudes de consommation

L’IPTV présente d’énormes avantages par rapport à la télévision « traditionnelle » par câble et satellite. Dans ces dernières, le flux vidéo est envoyé de manière « aveugle » et continue. Que vous soyez branché ou non sur le signal, la chaine diffuse son contenu indifféremment. Cela engendre un autre problème, le côté éphémère de ces diffusions. Une fois qu’un contenu a été diffusé, il ne revient que très rarement à l’écran. Si vous n’êtes pas devant votre téléviseur à ce moment-là, il vous sera impossible de regarder votre programme avant très longtemps.

De son côté, l’IPTV permet de mettre en pause, d’enregistrer ou encore de rembobiner un contenu. Il est également possible de regarder des contenus à la demande. Cette interactivité et cette disponibilité font qu’il est très facile pour le fournisseur de contenu de connaitre avec précision les habitudes de consommations de ses adhérents, comme la durée de visionnage, le type de contenu regardé… Ce qui n’était pas aussi facile à savoir avec la télévision traditionnelle.

Sur les sites IPTV illégaux, ces informations sont utilisées sans vergogne et vendues aux annonceurs pour imposer aux utilisateurs des publicités ciblées et agressives.

La Corée du Nord a sa propre IPTV

On vous parlait plus haut des services légaux d’IPTV, en voici un exemple … particulier. La Télévision centrale coréenne (KCTV) a en effet introduit en 2016 un décodeur dénommé Manbang, un mot qui signifie en coréen « partout » ou « dans toutes les directions ». Ce décodeur fournirait des services de vidéo à la demande en Corée du Nord via de la « quasi-IPTV » (quasi-internet protocol television), n’oubliez pas qu’il s’agit de la Corée du Nord, et qu’internet n’est donc pas accessible à la population.

Manbang permettrait aux heureux téléspectateurs de regarder jusqu’à cinq chaines de télévision différentes ! On n’arrête pas le progrès. Il permettrait également de lire des articles d’agences de presse publiques nord-coréennes et de trouver des informations politiques concernant le guide suprême et son idéologie.

Les IPTV illégales sont remplies de malwares

Ce point ne concerne que les IPTV illégales. Les offres légales ne sont bien entendu pas touchées par ce phénomène.

Si vous êtes déjà passé par « hasard » sur un site proposant des services pour le moins douteux, vous avez sans doute constaté qu’ils sont remplis de publicités. Si nous avons évoqué tout à l’heure la récupération des données personnelles, il est important de savoir qu’un grand nombre des publicités affichées sur ces sites sont particulièrement malveillantes. N’oubliez pas qu’il ne s’agit pas d’annonces provenant de Google Ads ou d’un réseau publicitaire de bonne réputation. Ces publicités ciblent un public avide de bonnes affaires et à la moralité discutable. Les publicités sont donc délibérément trompeuses, les éléments téléchargeables sont déguisés en boutons « Play » ou en icône de fermeture de fenêtre. Pour accéder à certains contenus, il faut fermer des fenêtres qui se déplacent sur la page et où des publicités se superposent. Un seul mauvais clic et vous pourriez par inadvertance laisser un logiciel malveillant accéder à votre appareil.

Le problème ne se limite pas aux sites internet. De nombreux services proposent des applications Android TV et Fire TV. Comme elles ne se trouvent pas sur les boutiques officielles, ces applications ne sont pas soumises à des contrôles de sécurité rigoureux. Elles peuvent donc renfermer de nombreux codes malveillants. Cette absence des boutiques officielles permet aussi à certaines APK malicieuses de prendre l’apparence de ces services pour infecter les appareils.

Les risques de condamnation sont réels

S’il est extrêmement difficile de mettre un terme à l’ensemble des IPTV illégales, les cas de démantèlements se comptent à la pelle. Pourtant, malgré les nombreux démantèlements et arrestations, les IPTV illégales sont toujours entourées d’une aura d’impunité.

Loin d’être intouchables cependant, les utilisateurs d’IPTV peuvent être retrouvés et condamnés. Même son de cloches pour les personnes qui utilisent un VPN pour se « protéger » pendant qu’elles accèdent à ces services. Ces connexions peuvent ne pas disposer de protocoles de sécurité nécessaire pour protéger les pirates. En cas d’arrestation, les IP des utilisateurs peuvent également se retrouver entre les mains de la justice.

« En ce qui concerne l’utilisateur final, la situation était autrefois floue », explique à SudInfo l’avocate Maud Cock. « En 2017, la Cour de justice de l’Union européenne a clarifié la situation en précisant que le visionnage de contenus illicites et la diffusion en streaming pouvaient tomber dans le champ d’application du droit de reproduction qui est soumis à autorisation. Et elle assimile le streaming à du téléchargement. »

En regardant du contenu diffusé illégalement, les utilisateurs s’exposent donc à des risques d’amendes importants, avec des accusations de contrefaçons : « Le Code pénal prévoit un emprisonnement d’un à maximum cinq ans. Et une amende comprise, si l’on prend en compte les décimes additionnelles, entre 3.000 € et 600.000 €. »

Enfin, l’utilisation de ces services de streaming illégaux peut aussi entraîner la désactivation de votre connexion internet par votre FAI. S’il est plus fréquent dans le cas de téléchargement de torrents illégaux, cela se produit également avec les services de streaming.