600 marques chinoises qui fraudaient avec les avis des utilisateurs exclues d’Amazon

Plus de 3.000 comptes ont été bannis de la plateforme d’Amazon sur une période de 5 mois.

Qu’on apprécie ou non Amazon, le géant de l’e-commerce fait désormais partir intégrante de nos habitudes de consommation. Il a rarement été aussi simple d’acheter des produits. Tellement simple, que certaines personnes malhonnêtes n’ont pas hésité à abuser du système pour en retirer davantage de bénéfices.

Parmi ces escrocs, on retrouve les créateurs et les acheteurs de faux avis, qui détournent le système de notation et de commentaire d’Amazon, pour donner une meilleure image de leur produit auprès des clients et d’augmenter leurs bénéfices. Ces entreprises ont en effet compris que de meilleures évaluations augmentaient le nombre de ventes.

Tolérance zéro

Depuis 2016 cependant, Amazon a commencé à durcir le ton envers ce type de comportement. Il est aujourd’hui formellement interdit de recevoir de l’argent ou un produit contre la publication ou la suppression d’un commentaire.

Depuis quelques mois, Amazon bannit régulièrement des entreprises qui enfreignaient ses règles d’utilisation. L’entreprise Aukey avait été bannie en mai, avant d’être suivie par Mpow, RavPower, Vava, TaoTronics ou encore Choetech. Amazon a aujourd’hui révélé que ces bannissements rentraient dans un cadre beaucoup plus grand de lutte contre la fraude.

600 magasins pour 3.000 comptes bannis

La société américaine vient en effet de frapper à nouveau un grand coup en bannissant près de 600 magasins chinois de son marketplace, pour un total de 3.000 comptes. Selon Amazon, les marques chinoises inculpées ont tenté d’encourager les avis positifs sur les produits qu’ils proposent. Diverses techniques de dissimulation étaient utilisées, comme des bons de réduction offerts en échange de bons commentaires ou la mise en place de programmes « VIP » pour accéder à des extensions de garantie.

Une autre technique, encore plus subtile était également à l’œuvre. Les « acheteurs » pouvaient demander un remboursement du produit après l’avoir acheté… sans demander le retour du produit. Parfois, au lieu d’acheter des avis négatifs, les entreprises tentaient également de convaincre les acheteurs non satisfaits de changer d’avis ou de supprimer leur note.

Un porte-parole d’Amazon a déclaré à The Verge que ces entreprises avaient violé sciemment, à plusieurs reprises et de manière significative les politiques d’Amazon : « Nous continuerons d’améliorer la détection des abus et de prendre des mesures d’application contre les mauvais acteurs, y compris ceux qui se livrent sciemment à des violations multiples et répétées des règles, y compris les abus d’examen. Nous sommes convaincus que les mesures que nous prenons sont dans le meilleur intérêt de nos clients ainsi que des entreprises honnêtes qui constituent la grande majorité de notre communauté de vente mondiale. »

Plus de compte, plus d’argent

En plus de les bannir de sa plateforme, Amazon a également gelé les actifs d’une partie de ces entreprises. Parmi les marques bannies, on retrouve notamment « Shenzhen Youkeshu Technology Company » (YKS), un des plus grands détaillants chinois de la plateforme. Amazon a ainsi gelé environ 20 millions de dollars lors de son bannissement.

Face à cette interdiction, un grand nombre de ces entreprises exclues n’ont cependant pas perdu de temps et se sont déjà installées sur d’autres plateformes, comme eBay ou AliExpress.