Test – Tales of Arise: le JRPG de l’excellence

Après plusieurs années d’attente, la série des “Tales of” revient avec un tout nouveau titre qui secoue les grandes traditions de la licence. Ce nouvel épisode a la lourde tâche de redynamiser une saga vieille de 25 ans.

Née en 1995, la série des “Tales of” est une saga d’Action-RPG Japonais de Bandai Namco qui a beaucoup fait parler d’elle depuis son premier épisode sur Super Famicom. En effet, si les premiers jeux de la licence sont restés exclusifs au pays du Soleil-levant, elle fera une percée en occident avec le fameux Tales of Symphonia sur Gamecube. Depuis lors, la majorité des jeux sont disponibles par chez nous, malgré un succès fluctuant. La saga fête ses 25 ans avec l’arrivée d’un tout nouvel épisode plusieurs années après le dernier jeu, la série nous ayant pourtant habituée à un rythme de sortie très soutenu. Plusieurs années de développement qui se sont avérées nécessaires pour mettre sur pied l’épisode qui veut rafraîchir la saga.

Nul besoin de savoir quoi que ce soit avant de se lancer dans un nouveau Tales of. À la manière de Final Fantasy, les épisodes sont généralement déconnectés les uns des autres, ne partageant que certains traits et un univers d’Heroic fantasy. Arise prend place dans un monde comprenant deux planètes du nom de Rena et Dahna. Suite à une guerre entre les deux peuples, les Reniens envahissent et asservissent les Dahniens grâce à leur supériorité technologique.

300 ans plus tard, nous incarnons un jeune homme dénommé Alphen. Celui-ci est amnésique, insensible à la douleur et son visage est couvert d’un masque de fer. Alphen est un esclave sur Dahna, obligé de servir le seigneur local jusqu’à sa rencontre avec une jeune femme Renienne du nom de Shionne. Leur collaboration va les mener à rejoindre la résistance et à se lancer dans une quête à travers différentes régions de la planète pour libérer Dahna et arrêter les seigneurs Reniens. Durant leur aventure, les deux protagonistes vont rencontrer d’autres combattants qui rejoindront le groupe, formant ainsi une petite équipe de six personnages soudés.

Le jeu offre de très jolis panoramas.

L’histoire que raconte Tales of Arise est très efficace et assez simple à suivre. On y suit un conflit qui n’est pas pour autant totalement manichéen, on y ressent une certaine maturité dans l’écriture. Le titre possède tout de même un univers plus complexe et des personnages bien développés dont on ressent également l’évolution. Ces aspects sont surtout disséminés dans les dialogues optionnels. Que ce soit les saynètes, les quêtes annexes ou autres, Arise est rempli de scènes facultatives qui vont renforcer notre compréhension du monde et l’attachement que l’on ressent pour notre groupe de personnages principaux. Ce scénario est porté par une très bonne bande-son signée Motoi Sakuraba, le compositeur récurrent de la série, mais également celui à qui nous devons les musiques des jeux Dark Souls et que nous avons déjà entendu cette année sur les mélodies de Mario Golf: Super Rush.

Tales of Arise brille également par son gameplay nerveux et complet. Entrer en contact avec un ennemi va lancer un combat dans une arène où nous contrôlons un des quatre personnages actifs. Tel un jeu d’action, le gameplay se déroule en temps réel et propose des attaques au sol et aériennes, ainsi qu’une esquive qui permet de contre-attaquer si elle est utilisée au bon moment. Ce qui fait le sel de ce système de combat c’est tout ce qu’il y a autour, et notamment l’utilisation des Artes. Les Artes sont des capacités que les personnages apprennent en combat et qui peuvent être enchaînées pour réaliser des combos dévastateurs. C’est donc à vous d’essayer des combinaisons différentes pour trouver les enchaînements qui fonctionnent le mieux, tout en prenant en compte les différentes propriétés de ces capacités (qui peuvent parfois envoyer les ennemis en l’air par exemple) ainsi que votre limite. En effet, les Artes ne peuvent pas être utilisées indéfiniment puisque l’on possède une “jauge d’Artes” qui nécessite d’attendre un peu une fois épuisée. Celle-ci va évoluer durant l’aventure, vous permettant de faire des enchaînements plus longs encore.

Enchaîner les combos n’est pas difficile mais demande une certaine connaissance des Artes de notre personnage.

Chacun des six personnages principaux sont jouables et possèdent leurs propres Artes et capacités uniques, ce qui leur octroie des petits rôles et des avantages face à certains ennemis. Shionne et son fusil seront particulièrement efficaces face aux créatures volantes, Law et ses coups de poings destructeurs vont permettre de briser les défenses des adversaires blindés, tandis que Rinwell pourra interrompre les sorts des ennemis pour se les accaparer… Il est également possible de déclencher des actions en tandem, des attaques très puissantes et impressionnantes à regarder. Apporter du support durant les combats est un processus qui a été revu pour cet épisode. Les personnages ne possèdent pas de points de magie mais toute l’équipe possède une quantité de “Points de Soin” dans laquelle on va aller puiser pour soigner les membres de l’équipe ou pour réaliser certaines actions en dehors des combats. Ces points se rechargent en passant la nuit auprès des feux de camp disséminés dans le monde ou en dormant dans une auberge.

Cela fait peut-être beaucoup de choses à appréhender, en particulier si on souhaite maîtriser chacun des personnages jouables, mais l’importante durée de vie de cette aventure nous permet de nous acclimater petit à petit à tout ce que ce système de combat propose. Il faut tout de même un certain temps avant de débloquer toutes ces possibilités et les affrontements sont moins passionnants durant les premières heures. Mais une fois qu’une bonne partie de l’équipe vous a rejoint, il n’y a plus de retenue. On regrette cependant l’absence de multijoueur en coopération durant les combats, quelque chose pourtant d’assez fréquent dans la série.

Tales of Arise reste tout de même un titre très agréable à parcourir, notamment grâce à son rythme soutenu. Le scénario avance plutôt vite et notre progression n’est pas interrompue par des milliers de quêtes annexes sans intérêt. L’aventure est en réalité très linéaire, malgré quelques grandes zones à explorer. On retrouve également tout un tas d’activités récurrentes de la série telle que la cuisine qui permet de s’octroyer des bénéfices temporaires, bénéfices qui changent selon le personnage qui va se mettre au fourneau. Le système de “titre” de la série subit un sacré changement puisqu’il devient de petits arbres de compétences pour chacun des personnages.

Les attaques en duo sont mises en scène par des cinématiques impressionnantes.

Dans un souci de plaire à un public plus large que jamais dans la série, Tales of Arise fait tout pour être accessible. Le jeu fait preuve d’une grande praticité dans ses menus et dans sa manière d’aborder la traversée du monde. Les précédents épisodes proposaient déjà plusieurs réglages pour assister le joueur durant les combats, voir même pour donner le contrôle total à une intelligence artificielle, et ceux-ci sont de retour dans Arise. Le titre propose également plusieurs modes de difficulté dont un mode “histoire” qui ne pose jamais de problèmes à la personne qui tient la manette.

Mais cette accessibilité, on la sent également dans la direction artistique de Tales of Arise qui tranche radicalement avec le style des précédents jeux. S’il en reste très inspiré, le titre semble s’éloigner de son habillage très “animé japonais” pour proposer quelque chose d’un peu moins niche et de plus détaillé. L’on garde tout de même du cell-shading et un univers très coloré, mais une certaine touche de réalisme vient s’y ajouter. Le mélange fonctionne et se ressent aussi dans ses décors. Ceux-ci semblent recouverts d’un filtre donnant un rendu proche des peintures à l’aquarelle.

Le jeu est une véritable réussite visuelle. S’il n’est peut-être pas à la hauteur de nombreux jeux next-gen, le rendu artistique et le travail technique effectué sont au-dessus de ce qui se fait dans le genre (à l’exception de certaines grosses productions comme les JRPG de Square Enix). Le titre marque une bonne évolution depuis les derniers Tales of qui avaient un sacré retard technique, ressemblant plutôt à des jeux Playstation 3. Arise se montre convaincant dans ses performances également. Les consoles Next-gen n’ont aucun mal à faire tourner le jeu à 60 images par seconde. Ce n’est malheureusement pas le cas des Playstation 4 et Xbox One dont les performances varient. L’action des combats reste tout de même très fluide mais c’est un peu moins constant en dehors. Malheureusement, toutes les versions du jeu souffrent de clipping assez fréquents.

Les saynètes ne rendent pas aussi bien que le reste du jeu.

Tales of Arise possède également une très belle réalisation, quoiqu’en dent de scie, avec de nombreuses cinématiques dynamiques et bien animées, des attaques très impressionnantes en combat et même parfois des séquences d’animations en 2D. Le titre n’échappe cependant pas à des scènes plus plates mais également à un changement total de mise en scène durant les traditionnelles “saynètes”, des dialogues optionnels qui surgissent durant toute l’aventure. Véritable cœur du développement de la relation des membres de l’équipe, ces scènes sont présentées dans des sortes de cases de bande-dessinées où les modèles 3D des personnages sont peu, voire pas du tout animés. Le résultat est passable, et les scènes en elles-mêmes souvent intéressantes, mais la présentation jure un peu avec le reste. Une bonne partie du jeu est doublée en anglais ou en japonais, avec des textes en français.

Bandai Namco a réussi à faire un Tales of familier pour les fans et attrayant pour les nouveaux venus. Le travail sur la technique ainsi que les nombreux changements apportés à la série ouvrent ce Tales of Arise à un tout nouveau public. Des efforts qui portent déjà leurs fruits puisque le titre s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en moins d’une semaine de commercialisation, un chiffre impressionnant pour la série. Pour beaucoup de joueuses et joueurs, ce Tales of Arise sera peut-être leur premier contact avec la licence, un premier contact aux nombreuses qualités.

Conclusion

Pour le 25ème anniversaire de la série “Tales of”, Bandai Namco nous livre un tout nouvel épisode qui secoue un peu les codes de la franchise. Tales of Arise se déroule dans un univers où les habitants de deux planètes, Rena et Dahna, se sont livrés une guerre. 300 ans plus tard, les Dahniens sont asservis par les Reniens. On incarne alors un jeune homme Dahnien nommé Alphen. Amnésique et insensible à la douleur, il est forcé de travailler pour le seigneur Renien local. Sa rencontre avec Shionne, une mystérieuse Renienne voulant renverser les seigneurs, va changer son destin. Tales of Arise est un RPG très bavard mais au scénario et au rythme maîtrisé, accompagné d’une bande-son épique de Motoi Sakuraba. Le système de combat est également une réussite. Entièrement en temps réel, celui-ci propose un jeu d’action nerveux aux nombreuses possibilités. L’utilisation d’Arts, des compétences aux propriétés différentes qui peuvent être enchaînées, est primordiale pour faire des combos. Avec pas moins de six personnages jouables ayant chacun des atouts différents, le système est complet et profond. De nombreuses activités sont disponibles en dehors des combats tels que des quêtes annexes, de la cuisine ou la pêche, mais on passe une bonne partie de notre temps à explorer les environnements extérieurs et les donjons. Tales of Arise reste une aventure linéaire et propose de nombreux outils pratiques pour s’y retrouver. Le jeu fait beaucoup d’efforts pour être accessible. Malgré une technique pas toujours parfaite, le jeu est également une véritable réussite visuelle. Aucune raison donc de passer à côté de ce petit bijou. 

Tales of Arise

Gameplay 9.0/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 8.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 8.0/10
8.4

On aime :

Un scénario et une écriture maîtrisés

Le système de combat dynamique et profond

Une véritable réussite visuelle

Une très bonne bande-son épique

Plus accessible et pratique que les autres RPG

On aime moins :

Le système de combat prend quelques heures avant de révéler tout son potentiel

Des problèmes de clipping, peu importe la console/PC

Une présentation inégale