27 ans de prison pour le baron de la pornographie infantile, piégé sur Internet

Le condamné a admis avoir exploité entre 2008 et 2013 un service d’hébergement de pages Web où du contenu pédopornographique était acheté et vendu.

Eric Eoin Marques, un homme de 36 ans de nationalité irlandaise et américaine, a été condamné par un tribunal du Maryland à 27 années de prison. Les autorités américaines le décrivent comme le plus important fournisseur de pornographie infantile à ce jour.

Le juge Theodore Chuang qui s’est occupé de son cas a déclaré que les crimes de Marques étaient équivalents à ceux d’un baron de la drogue.

L’homme a plaidé coupable et a admis qu’entre 2008 et 2013, il avait œuvré à promouvoir des images contenant de la maltraitance d’enfants. Il exploitait un service d’hébergement anonyme, accessible uniquement sur le Dark Web en utilisant le réseau Tor. Son service « Freedom Hosting » promettait d’assurer l’anonymat des utilisateurs grâce à l’utilisation de Tor.

Selon la partie accusatrice, le service d’hébergement contenait plus de 8,5 millions d’images et de vidéos d’exploitation sexuelle d’enfants ou de nourrissons, avec une majorité substantielle de contenus mettant en scène des mineurs prépubères. Au total, le criminel aurait gagné près de 3,6 millions d’euros grâce à ce commerce.

Arrêté en 2013 dans un appartement à Dublin, en Irlande, Marques a ensuite été extradé vers le sol américain à la demande des autorités locales, où il est enfermé depuis ce jour. Sa peine de 27 ans sera suivie d’une surveillance à vie lors de sa libération.

Une faille Tor exploitée par le FBI

Pour mettre à jour l’individu et démanteler son réseau, la police américaine est parvenue à exploiter une vulnérabilité du réseau Tor, supposé garantir l’anonymat de ses utilisateurs. La faille se situait dans Firefox 17 ESR, le navigateur qui équipait à l’époque le réseau Tor. Le FBI a utilisé cette vulnérabilité pour infiltrer tous les ordinateurs présents sur le réseau Tor sans distinction, même si aucune activité illégale n’était commise sur ces derniers.

Grâce à cette attaque, plus de 200 sites Web d’exploitation sexuelle d’enfants ont pu être mis hors ligne. Certaines personnes ont cependant remis en cause les méthodes utilisées par le FBI, comparées à l’utilisation d’une « grenade ». Les détails techniques sur la façon dont le FBI a opéré restent à ce jour un mystère. Le bureau fédéral pourrait donc potentiellement reproduire cette attaque si le besoin s’en fait ressentir.