Plus d’un quart des influenceurs dissimulent leurs partenariats commerciaux

Ce 13 septembre, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité française a lancé un “certificat d’influence responsable”. Un moyen d’inciter les acteurs des réseaux sociaux à gérer leurs partenariats de façon plus éthique.

26,6% des créateurs de contenus sur les réseaux sociaux n’identifient pas clairement leurs publications sponsorisées par des marques. C’est ce que révèle l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) ce lundi. Financé et administré par les acteurs du secteur de la publicité, L’ARPP est un organisme d’autorégulation. Elle compte parmi ses membres plusieurs réseaux sociaux dont Google, Amazon et TikTok. 

Rendre les partenariats plus éthiques

Depuis 2007, l’ARPP considère que dès qu’un créateur s’engage à publier un contenu de marque en échange d’une contrepartie, il s’agit d’une collaboration commerciale. 

Selon l’ARPP, une indication de cette collaboration dans la description textuelle des vidéos ne suffit pas. Le régulateur souhaite que l’identification des partenariats soit explicite via des mots-clés clairs (#partenariat, #sponsoring) ou une indication visuelle ou sonore au début du contenu.

Parmi les quelque 30 000 contenus et 7 000 influenceurs passés au crible par l’Autorité, “73,4% des publications présentent au moins une première identification, dont 32,2% sont perfectibles en termes de clarté ou d’instantanéité”, indique le communiqué. 

Un “certificat d’influence responsable”

En réaction à ces résultats, l’Autorité a publié un “certificat d’influence responsable”. À destination des acteurs des réseaux sociaux. Il s’agit d’une sorte de guide pédagogique destiné aux influenceurs pour leur apprendre les règles légales et éthiques lors de leurs interactions avec les marques.

Certains créateurs “ne sont pas sensibilisés à la publicité” ou ignorent la règle, explique à l’AFP Mohamed Mansouri, directeur adjoint de l’ARPP. Un problème puisque ces influenceurs risquent jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende pour pratique commerciale trompeuse. Pour exemple, une enquête de la DGCCRF a condamné l’influenceuse Nabilla Benattia-Vergara à une amende de 20.000 euros. La DGCCRF accuse l’influenceuse de pratiques commerciales trompeuses relatives à la promotion sur le réseau social Snapchat d’un site de formation au trading en ligne.

Des publicités illégales

Mohamed Mansouri regrette que dans certains cas, les publicités présentées soient illégales. Elles concernent des produits ou services dont la promotion est interdite en France (cigarettes électroniques, casinos, chirurgie esthétique) “avec des publics souvent très jeunes”. 

En général, “Le manque de transparence est plutôt le fait d’influenceurs ayant une petite audience” explique l’ARPP. Ainsi, plus les influenceurs se professionnalisent, plus ils respectent les règles éthiques. Selon l’étude, des manquements ont toutefois été identifiés chez 12,6% des créateurs ayant plus d’un million d’abonnés.