Test – F.I.S.T.: Forged In Shadow Torch : lapinmania

Présenté lors de la dernière keynote de Sony, F.I.S.T.: Forged In Shadow Torch fait partie des exclus du catalogue de la PS4/PS5 sur lesquelles Sony a choisi de miser en cette fin d’année. Le jeu de Shanghai TiGames Network Technology Limited tient-il toutes ses promesses?

Pas passé inaperçu lors de la dernière keynote de Sony, F.I.S.T.: Forged In Shadow Torch était l’une des productions indés les plus attendues de la rentrée. Le jeu de Shanghai TIGames débarque en exclu sur PC/PS4 et PS5, en attendant un possible portage sur d’autres plates-formes dans quelques mois. Avec sa direction artistique inspirée et sa réalisation grandiose, le jeu du studio chinois avait plus d’un argument pour séduire.

Les phases de combat sont celles qui fonctionnent le moins bien dans F.I.S.T.

On ne va pas vous le cacher, F.I.S.T. brille avant tout par sa réalisation splendide. Le jeu tire parfaitement parti des capacités de la PS5 sur next-gen, avec des décors d’une beauté à couper le souffle, qui fourmillent de détails. S’il s’agit d’un metroidvania qui se joue sur un plan en 2 dimensions, l’arrière-plan est très travaillé avec des décors superbes, que ce soit en intérieur ou en extérieur. Il ne sera d’ailleurs pas rare de s’arrêter quelques instants pour admirer la vue. Sa direction artistique inspirée lui donne également une identité qui lui est propre. Plus surprenant encore : malgré son statut de petit jeu indépendant, le titre a bénéficié d’une attention toute particulière au niveau de la mise en scène, avec des séquences animées qui n’auraient rien à envier à celles d’une production de Pixar. Techniquement, F.I.S.T. est réellement très impressionnant.

Pad en main toutefois, on finit vite par déchanter. Les développeurs ont opté pour un mélange de genres proche d’un metroidvania. F.I.S.T. comprend quelques séquences de plates-formes, quelques dialogues, un peu d’exploration mais surtout beaucoup de combats. Et c’est là que le bas blesse car dès les premières minutes de jeu, on se rend compte que le titre manque de nervosité par rapport à un Ori par exemple. Notre lapin est d’une lenteur presque dégradante pour son espèce. Les coups prennent plusieurs secondes à sortir et très vite, on en vient à privilégier les attaques qui font le plus de dégâts. La bonne nouvelle, c’est que le gameplay évolue tout au cours de l’aventure, avec de nouvelles attaques et combos à débloquer avec les crédits accumulés. Notre cher lapin gagne également des aptitudes comme le dash dans les airs ou le double saut. Mais s’il se complexifie, le gameplay ne gagne toutefois pas en nervosité. Même après plusieurs heures de jeu, on s’ennuie ferme dans les combats, face à un bestiaire non seulement peu inspiré mais qui manque également de réactivité.

Les décors sont d’une beauté à couper le souffle.

L’ennui, c’est que si sur le papier, la formule fonctionne, les mécanismes de jeu sont ici très mal huilés. Les séquences de combat sont molles, les séquences de plates-formes courtes et sans réelle imagination et la structure même des niveaux et du level-design est pauvre, avec des allers-retours incessants et des zones de jeu qui se ressemblent toutes. On est très loin de l’excellence d’un Ori.

Pour ajouter à notre malheur, le jeu a tendance à souffrir de pics de difficulté. Dès que les adversaires sont plus de deux ou trois à l’écran, il devient très difficile de remporter le combat sans avoir à recommencer plusieurs fois. Chaque type d’ennemi (fantassin de base, guerrier lourd, mitrailleur,…) suit un pattern bien particulier, relativement facile à identifier. Lorsque leur nombre augmente, il devient beaucoup plus difficile de s’y retrouver et on finit souvent par foncer dans le lard sans trop réfléchir. Ce qui souligne la mauvaise gestion de la difficulté et du game design.

L’univers du jeu avait pourtant tout pour charmer, avec ses curieuses créatures à la morphologie humaine mais au faciès bestial. F.I.S.T. nous propose de nous plonger dans la ville de Torch City, aux relents cyberpunk. L’histoire nous propose de suivre les péripéties de l’une de ces créatures, qui va tenter de sauver son meilleur ami, qui a disparu. L’histoire n’est pas forcément extraordinaire, mais a le mérite de poser un contexte et elle est surtout joliment mise en avant par des cinématiques de qualité.

Malgré les apparences, le jeu n’est pas si linéaire qu’il n’y parait.

S’il est difficile de ne pas tomber sous le charme du jeu, il est difficile aussi d’ignorer ses nombreux petits défauts et ses gros problèmes de game design. Malgré les apparences, F.I.S.T. n’est pas un jeu linéaire. Il reprend les codes du metroidvania avec des allers-retours incessants sur une carte qui ne cesse d’évoluer. Ca fonctionne au début… Puis l’on se rend compte des erreurs du game design : les salles trop similaires, la construction maladroite des niveaux, la répétitivité de l’action, les sections où il ne se passe rien… F.I.S.T. avait un réel potentiel qui est malheureusement gâché par le manque d’expérience du studio. C’est typiquement le genre de jeu devant lequel on s’extase 30 minutes avant de ranger sa manette au placard 30 minutes plus tard… Et c’est bien dommage, car le potentiel était bien là. Reste qu’à 29,99€, son prix de vente n’est pas non plus excessif.

Conclusion

Visuellement très impressionnant pour une petite production indépendante, F.I.S.T. Forged in Shadow Torch n’est toutefois pas le metroidvania le plus affuté. Mélange de platformer et de beat them all, le jeu de Shanghai TiGames Network Technology Limited peine à convaincre avec son level-design très pauvre, son gameplay mollasson et ses problèmes de rythme. Le titre avait pourtant plus d’un atout pour séduire avec son univers plein de charme, sa réalisation soignée et ses superbes cinématiques. Pad en main, on déchante toutefois assez vite, surtout face aux séquences de combat qui manquent cruellement de pêche. S’il n’est pas un mauvais jeu, F.I.S.T. souffre tout naturellement de la comparaison avec ses concurrents, beaucoup plus aboutis dans leur gameplay. Le studio chinois Shanghai TiGames ne s’en sort toutefois pas si mal que ça pour un premier essai… 

F.I.S.T.: Forged In Shadow Torch

Gameplay 4.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 5.5/10
Finition 6.0/10
6.0

On aime :

L'esthétique léchée

L'univers du jeu, plein de charme

Quelques bonnes idées

La mise en scène, digne d'une grosse production

On aime moins :

L'interface, sans charme

Un level-design très pauvre

La progression trop lente

Les séquences de combat, trop molles

Un bestiaire sans charme