Test – Rustler : le GTA-like médiéval

Nouveau projet des créateurs du sympathique 911 Operator, Rustler est un GTA-like à l’ancienne qui joue la carte du fun, dans un univers médiéval complètement délirant.

Connu surtout pour ses jeux grand public qui prennent place dans un univers fantaisiste, l’éditeur Modus Games tente une approche sensiblement différente avec Rustler, un petit jeu indépendant qui se veut un hommage aux premiers Grand Theft Auto. Le public cible est donc radicalement différent d’un Trine. Irrévérencieux, Rustler joue avec les codes du genre et n’hésite pas non plus à tomber dans un humour cracra pour séduire son public. Si la formule est séduisante, le titre est toutefois loin de convaincre…

L’univers du jeu est plutôt fun.

Tout d’abord parce que, si sur le papier le principe était séduisant, l’immersion est loin d’être réussie, avec un protagoniste principal sans aucune personnalité, un scénario creux et une mise en scène minimaliste. Tout l’intérêt de Rustler repose sur son gameplay et non pas sa narration. Il faudra d’ailleurs composer avec un humour peu inspiré, qui a tendance à souvent tomber dans le pipi-cracra.

Pad en main, le jeu est pourtant plaisant. On y incarne un manant qui va être amené à réaliser toute une série de quêtes aux quatre coins du royaume. Des missions d’assassinat, du vol, de l’infiltration… En terme d’expérience de jeu, on est très proche en effet des premiers Grand Theft Auto, avec une vue du dessus qui donne un très bel aperçu de l’action, une carte gigantesque, remplie de points d’intérêt, et des missions principales et secondaires qui vous amèneront à faire des allers-retours incessants. La particularité de Rustler, c’est qu’il prend place dans un univers médiéval. Pas de voiture donc ni de mitrailleuses, il faudra chevaucher ici des montures, utiliser un arc, une arbalète, une hallebarde ou une hache. Dans le fond, ça ne change pas grand chose. Rustler se joue véritablement comme un Grand Theft Auto, à la seule différence qu’il ne se prend pas du tout au sérieux.

De nombreuses compétences peuvent être débloquées.

Comme dans un Grand Theft Auto, le joueur sera amené à prendre part à des missions secondaires parfois très funs. Par exemple, il sera possible de participer à des combats en arènes pour gagner des crédits. Egalement, le jeu propose des défis plus idiots, comme effrayer les passants en incarnant “la mort”. C’est fun durant un moment, mais ça devient forcément vite répétitif. D’autant plus que les mécanismes de jeu restent globalement trop calqués sur ceux de GTA. Par exemple, il faudra faire repeindre sa monture après une course poursuite pour passer inaperçu. Contrairement à un GTA, la finition lui fait toutefois défaut. Rien ne vous empêchera dans Rustler de changer la couleur de votre monture tout en étant poursuivi… Auquel cas, vos poursuivants oublieront immédiatement pourquoi ils étaient à votre poursuite, une fois sorti du tunnel… Le jeu est malheureusement rempli de bugs et d’approximations. L’IA est d’ailleurs catastrophique. Il ne sera pas rare de voir un garde qui vous poursuivait changer soudainement de direction sans aucune raison apparente. Dans notre progression, nous nous sommes également retrouvés coincés par un élément des décors, sans aucune option de chargement ou de réinitialisation, ce qui nous a poussé à devoir recommencer l’aventure…

Le monde ouvert de Rustler propose un cycle jour/nuit.

S’il est sympa à parcourir, Rustler n’est donc pas un grand jeu : le titre est très mal fignolé, sa structure est très répétitive et l’aventure principale s’expédie en quelques heures seulement. A 29,99€, on y réfléchit donc à deux fois avant de craquer. La bonne nouvelle, c’est que les développeurs promettent de corriger les principaux bugs du jeu au fil des mises à jour. Un patch day-one était d’ailleurs disponible dès la sortie.

Côté technique, le jeu s’en sort également plutôt bien. Les visuels sont agréables à la rétine, le monde de Rustler offre suffisamment de variété pour pousser le joueur à la découverte et certains effets visuels surprennent même agréablement. Ne vous attendez toutefois pas à une claque graphique, il s’agit d’une petite production indépendante. On notera d’ailleurs que s’il est noté comme “optimisé pour next-gen”, ladite optimisation reste minimaliste.

La bande son ne parvient également à convaincre qu’à moitié avec quelques musiques d’ambiance sympathique, d’excellents bruitages, mais de simples grognements en lieu et place des doublages, un peu à la façon des jeux Rare des années 90. Ca a son charme dans un platformer rétro, beaucoup moins dans un GTA-like.

Conclusion

Malgré un concept séduisant – Rustler lorgne du côté d’un Grand Theft Auto rétro, dans un univers médiéval -, le nouveau jeu de Jutsu Games peine à convaincre, la faute à un humour très cracra, un univers sous-développé et une abondance de bugs, parfois très gênants puisqu’ils iront jusqu’à vous forcer à recommencer l’aventure dans certains cas, faute de sauvegardes multiples. Pad en main, Rustler est pourtant plutôt plaisant à parcourir les premiers instants. On y dirige un manant chargé de basses besognes dans un univers médiéval totalement délirant. En plus des quêtes principales, le joueur sera amené à participer à des activités secondaires décalées. Occasionnellement grisant, le titre souffre toutefois d’une finition désastreuse qui finit par entacher l’expérience de jeu, que ce soit au niveau de l’IA, des bugs ou de la contextualisation. A 29,99€, ça fait tout de même un peu cher payé le délire. 

Rustler

Gameplay 6.5/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 4.0/10
6.1

On aime :

Un concept fun

La carte assez vaste

D'excellents bruitages

On aime moins :

Les grognements à la place des doublages

De très gros bugs

29,99€, c'est cher au vu du contenu

L'humour de cour de récré