Il y a presque 10 ans débarquait un nouveau jeu Zelda sur nos Wii, celui-ci est de retour dans une version remasterisée en HD pour la Switch. The Legend of Zelda: Skyward Sword a-t-il résisté à l’épreuve du temps ?

Paru en novembre 2011, The Legend of Zelda Skyward Sword est peut-être l’un des épisodes les plus controversés de la saga. Sorti à l’époque sur la Wii, le titre s’avérait très linéaire, trop enclin à prendre les joueurs par la main, mais faisait également le pari d’utiliser à fond les capacités de la Wii et du gameplay tout en mouvement des Wiimotes+. Il était également le représentant d’une formule qui stagnait, celle-là même installée par Ocarina of Time qui n’avait pas beaucoup évolué depuis la Nintendo 64. Skyward Sword a alors été le dernier jeu Zelda en 3D reprenant cette structure avant l’arrivée du novateur Breath of the Wild venu bouleverser les codes de la série. Le titre fait un triomphant retour sur Switch dans une version HD, bien décidé à corriger ses torts.

Skyward Sword est un épisode important dans l’univers de Zelda, puisqu’il est le tout premier jeu de l’ordre chronologique. Celui-ci aborde donc l’origine de l’univers que l’on parcourt dans les autres jeux de la saga. Des centaines d’années avant les évènements du jeu, la déesse envoya les humains dans les cieux, sur une île flottante, dans le but de les protéger des créatures des ténèbres vivant à la surface de la terre. On incarne alors Link, un habitant des cieux qui va rejoindre la surface pour chercher Zelda, son amie d’enfance emportée par une tornade. Celui-ci sera guidé dans sa quête par Fay, un esprit envoyé par la déesse qui lui remet l’Épée Divine.

Il est possible d’explorer différents lieux de la surface.

Ce statut de préquelle rend le scénario de cet épisode particulièrement important dans la mythologie de la saga. En accord avec cette idée, Skyward Sword est l’un des jeux Zelda les plus scénarisés et l’un des épisodes les plus linéaires. Cette aventure nous laisse explorer les cieux mais également différentes régions de la surface ainsi que plusieurs donjons. Ces derniers sont un mélange d’exploration, de réflexion et de combat particulièrement réussis. Enfin, les cieux peuvent être explorés librement à dos de Célestrier, de grands oiseaux qui nous permettent d’atteindre les nombreuses petites îles flottantes qui entourent la ville principale de Célesbourg. Ce petit monde ouvert est malheureusement assez vide à moins de trouver les cubes de la déesse cachés un peu partout à la surface. Frapper ces derniers avec notre épée va faire apparaître de nombreux coffres dans le monde ouvert.

Switch oblige, la maniabilité a également été revue, en particulier les combats dont la prise en main varie. Il existe deux types de contrôles, l’un similaire aux contrôles originaux utilisant les joycons détachés qu’il faut brandir tel une épée et un bouclier, et le second plus adapté au jeu en mode portable, utilisant le stick analogique droit pour attaquer. Les mécaniques de combat ainsi que de nombreuses énigmes reposent sur les mouvements de Link. Ces deux configurations permettent de laisser le choix même s’il est beaucoup plus naturel et amusant d’y jouer avec les mouvements des joycons. Attaquer avec le stick droit demande de s’y habituer et de faire quelques compromis, son utilisation enlevant par exemple le contrôle de la caméra.

Il faut taper les ennemis dans la bonne direction pour éviter leurs défenses.

Le reste est relativement classique dans la série, reprenant une recette qui a fait ses preuves. On obtient des objets dans les donjons qui servent en combat ou pour résoudre des énigmes. Cet épisode propose pourtant les prémices de quelques mécaniques qu’on retrouve dans Breath of the Wild. Link possède une certaine agilité qui lui permet de courir et d’escalader certains murs grâce à une jauge d’endurance. Il est également possible de trouver tout un tas de matériaux permettant d’améliorer les objets, certains comme les boucliers ont même une jauge de durabilité.

Comme souvent dans la série, cet épisode démontre un savoir-faire musical impressionnant. On y retrouve de nombreuses musiques marquantes. Pour la première fois, Skyward Sword affiche un 60 images par seconde irréprochable, apportant beaucoup à la fluidité de l’aventure. Le bilan est un peu moins brillant en ce qui concerne les graphismes. Les visuels inspirés de courants artistiques comme l’impressionnisme sont tirés vers le bas par des textures floues que l’on devine d’époque. Le rendu est forcément plus agréable en mode portable à cause de la taille de l’écran plus petite.

Explorer les cieux est sympathique, dommage qu’il n’y ait pas grand-chose à y faire.

En dehors de l’apport de la HD et de la maniabilité, les plus grands changements de cette nouvelle version de Skyward Sword se trouvent être des petites retouches qui amènent plus de confort et de praticité à l’expérience. Le titre original avait tendance à excessivement prendre les joueurs par la main, cet aspect est désormais réduit, laissant tout de même la possibilité d’écouter les nombreux conseils de Fay en appuyant sur un bouton. Les fenêtres d’informations sont également beaucoup moins fréquentes. Comptez un peu plus de trente heures pour voir le bout de cette aventure, et plus pour terminer le jeu à 100%. Loin d’être indispensable, ce remaster permet de revivre ce très bon titre dans de meilleures conditions.

Conclusion

Sorti il y a presque 10 ans sur Wii, The Legend of Zelda Skyward Sword est de retour sur Switch. Cet épisode se déroule au tout début de la chronologie et permet aux fans de découvrir les origines de cet univers. Nous y incarnons Link, un apprenti chevalier vivant sur une île flottante qui va partir explorer la surface suite à la disparition de son amie Zelda. Très linéaire, le titre reprend la formule habituelle des Zelda 3D pré-Breath of the Wild. On y explore différents environnements et donjons en affrontant tous les ennemis qui se présentent à nous. Il est également possible d’explorer les cieux à dos d’oiseau, un petit monde ouvert malheureusement un peu vide. Les combats tout en mouvement de l’original ont été revus pour proposer deux styles de jeux adaptés aux différentes manières de jouer à la Switch, avec des séquences au motion control et d’autres au pad. Musicalement impeccable, le titre accuse en revanche le poids des années au niveau de sa réalisation, qui peine à séduire, mais aussi de sa construction vieillotte. Sa direction artistique est tirée vers le bas par des textures que l’on devine d’époque. Cette version HD propose un framerate irréprochable et de nombreuses améliorations pratiques. Il est tout de même décevant, au vu du prix auquel est vendu ce remaster, de constater des retouches aussi minimalistes pour un titre qui aurait clairement mérité beaucoup plus de travail pour être remis au goût du jour… Episode mal-aimé des fans, Skyward Sword n’en reste pas moins une aventure plaisante à parcourir, pour peu que vous ne soyez pas allergique au motion control…

The Legend of Zelda Skyward Sword HD

6.9

Gameplay

6.5/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

5.5/10

Bande son

8.0/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Une aventure prenante
  • Avec ou sans motion control, on a enfin le choix
  • Des petites améliorations qui rendent l’aventure plus digeste
  • Une bande-son toujours aussi charmante

Les - :

  • Un remaster avec peu de nouveautés
  • Le côté linéaire et le sentiment d’être pris par la main atténué mais toujours présent
  • Visuellement, ça a très mal vieilli
  • Vendu prix plein