Test – Ender Lilies Quietus of the Knights : la perle indé débarque sur consoles

Sorti en accès anticipé sur PC en février dernier, Ender Lilies s’offre un portage sur consoles quelques mois seulement après ses premiers pas sur la scène vidéoludique. A n’en pas douter, l’une des très bonnes surprises de ce début d’année. 

Autant le dire de suite, Ender Lilies et une bonne pioche pour tout amateur de metroidvania, puisqu’il en reprend d’une jolie manière tous les codes. A la fois jeu de plates-formes, d’action et RPG, le titre puise ce qui se fait de mieux dans plusieurs genres pour nous fournir un résultat final très convaincant et agréablement bon. Avec une approche proche d’un rogue-lite, on est transporté dans cette séduisante aventure au royaume déchu de Lointerre.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il paraît important de bien situer le contexte dans lequel prend part votre aventure. Vous incarnez la jeune prêtresse Lily, seule survivante du royaume, après qu’une pluie ait anéantie toute vie humaine et les ait transformée en zombies. Ceux-ci feront tout pour se délecter du cadavre de Lily, tandis que celle-ci se met en quête de libérer leur esprit, sauver le Royaume et connaître l’origine de cette pluie. Cependant, Lily est assez frustrante puisqu’elle est tout simplement incapable de se battre, si ce n’est de sauter et esquiver. Elle sera alors aidée par l’esprit d’un chevalier, qui lui permettra de se défendre et d’affronter les hordes d’ennemis qui se dressent sur son chemin.

Le système de combat d’Ender Lilies est simple mais relativement efficace. Lily se sert des esprits qu’elle sauve pour se défendre et rétablir la paix sur Lointerre.

Si, de prime abord, le scénario est original et plutôt bien amené, on regrettera qu’il ne nous perde trop vite dans l’aventure. En découvrant plusieurs parchemins et réponses à vos interrogations sur votre parcours, vous ne serez finalement que plus embrouillé sous la tonne d’informations qui s’offrent à vous et qui se refusent à aller droit au but. On aurait ainsi aimé un scénario plus clair, avec des informations moins nombreuses afin d’éviter cet éparpillement.

Si l’esprit du chevalier mentionné plus haut sera votre plus fidèle acolyte, il ne sera toutefois pas le seul. En effet, à chaque fois que Lily et son acolyte affronteront un boss, son esprit sera automatiquement délivré et rejoindra l’escorte de la prêtresse. L’avantage est double, puisqu’en plus de nous faire découvrir ces magnifiques boss sublimement réalisés, on a le droit à une nouvelle attaque dès qu’un esprit nous rejoint. Rassurez-vous, ces attaques sont suffisamment variées et, une fois que l’on a regroupé 4 ou 5 esprits, on bénéficie d’un réel panel d’attaques surpuissantes. Là où un esprit nous permet de se battre à l’épée, un autre utilise une attaque à distance ou un sort. On prend un vrai plaisir à combiner les différentes attaques ainsi qu’à organiser son escouade de la manière plus intelligente possible.

Nous l’évoquions plus haut, Ender Lilies puise dans plusieurs genres. En plus d’être un pur jeu de plates-formes 2D, il va chercher ses inspirations dans d’autres genres, dont le RPG et le rogue-lite. Ainsi, vous bénéficiez d’une liberté quasi infinie dans la combinaison de vos attaques, mais devrez impérativement les combiner avec réflexion et parcimonie. En effet, vous ne pourrez créer votre panel qu’aux checkpoints présents sur votre chemin, mais ceux-ci se font extrêmement rares. Ils permettent également de sauvegarder votre partie, ce qui fait que le moindre faux pas vous fera revenir loin en arrière, surtout lorsque l’on sait que les niveaux sont relativement grands. On aurait ainsi préféré des checkpoints plus récurrents, ou en tout cas la possibilité de modifier ses attaques à tout moment. En revanche, les checkpoints se révèlent plutôt utiles dans l’exploration des mondes, puisqu’ils permettent des voyages rapides entre eux, et donc la possibilité de refaire un niveau dans lequel on pense avoir oublié une orbe.

Les combats de boss sont plutôt bien réussis et apportent un joli défi.

Côté contenu, Ender Lilies se montre assez généreux, puisqu’il promet près de 10 heures de jeu pour parcourir les 10 chapitres du titre. L’ensemble se révèle plutôt consistant, surtout lorsque l’on prend en compte le prix très doux auquel est affiché le jeu – entre 20 et 30€, selon la plate-forme. L’aventure est plaisante à parcourir et bien que très sombres, les différents environnements sont suffisamment variés pour nous tenir scotché au pad.

Les graphismes proposés dans le titre sont pour leur part en demi-teinte. S’ils parviennent à convaincre sans mal en jeu et qu’ils sont parfaitement adaptés pour un titre de plates-formes, on aurait pu tout de même en attendre un peu plus. Notamment au niveau des cinématiques, qui se réduisent ici à des illustrations 2D, peu inspirées et qui immergent très mal le joueur dans l’univers du jeu.

Enfin, s’il est un point sur lequel Ender Lilies est irréprochable, c’est bien dans sa direction artistique. Le titre du studio japonais Binary Haze peut se targuer de profiter d’une ambiance incroyable. Ce royaume de Lointerre transpire la désolation tandis que le désespoir de ses habitants et gardiens se ressent terriblement.

Une direction artistique très soignée, mais des level et character design fort réussis également. Les personnages qui vous accompagneront, d’abord boss puis esprits, profitent d’une réalisation assez inspirée et variée. De son côté, le bestiaire que vous affronterez se veut également très diversifié, avec des ennemis fort différents d’un niveau à l’autre, là où certains jeux se contentent de les recycler.

De son côté, la bande-son d’Ender Lilies est un véritable coup de cœur. Composées par le groupe Mili, également à l’origine des animés Ghost in the Shell et Globlin Slayer, les mélodies sont d’une poésie envoûtante et nous transportent tout au long de ces 10 chapitres. Elle est ainsi très plaisante, mais reste évidemment adaptée à l’univers proposé par le titre, sans le moindre accro et avec une mélancolie omniprésente. On regrettera cependant que ces mélodies ne s’emballent pas dans nos derniers instants de vie ou lors des grands affrontements. Les bruitages sont quant à eux créé par un personnage bien connu de l’industrie vidéoludique japonaise, puisqu’ils sont façonnés par Keiichi Sugiyama, ancien producteur de SEGA.

Conclusion

En proposant un gameplay très simple mais diablement efficace, Ender Lilies : Quietus of the Knights s’impose comme une agréable surprise. Avec un challenge bien présent et croissant, l’aventure se suit plaisamment dans ce metroidvania aux charmes nostalgiques. Le jeu se démarque des autres productions du genre par la composition de son équipe. On prend ici un réel plaisir à composer l’escouade parfaite. On reprochera toutefois au titre la rareté des checkpoints, puisque ce n’est qu’en ces lieux que l’on peut modifier son escouade ou sauvegarder. Si les affrontements sont efficaces et la construction du jeu intéressante, la narration manque d’ambition. On comprend aisément le pitch de base et notre mission, les à-côtés sont en revanche plus confus et l’univers appelé à se développer. Cela n’empiète toutefois pas sur l’expérience globale d’un titre très poétique, rythmé par de fantastiques mélodies et un level design aux petits oignons. Assurément, l’une des bonnes surprises de ce début d’année, que les joueurs pourront désormais également découvrir sur consoles. 

Ender Lilies Quietus of the Knights

Gameplay 7.0/10
Contenu 7.5/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 8.0/10
Finition 7.5/10
7.4

On aime :

Un level design très riche et inspiré

Des mélodies envoûtantes et enivrantes

Un gameplay simpliste mais efficace

Une magnifique direction artistique

Les esprits, qui permettent de diversifier nos attaques

On aime moins :

Une mise en scène minimaliste

Des checkpoints trop rares

Un scénario quelque peu confus