Les créateurs du sympathique Code Vein sont de retour avec un nouvel action-RPG. Ambitieux, Scarlet Nexus est incontestablement une belle réussite, malgré quelques écueils.

Vous vous souvenez sans doute de Code Vein, ce sympathique action-RPG soulesque à la sauce sci-fi / fantasy édité il y a un peu plus d’un an par Namco Bandai. Ses créateurs nous livrent aujourd’hui leur nouvelle création, Scarlet Nexus, un action-RPG futuriste à l’ambiance cyberpunk très réussie.

Le scénario est maladroitement mis en avant à travers des bulles animées.

L’histoire prend place dans un futur proche. Les Autres, des créatures extraterrestres assoiffées de sang, menacent l’existence des être humains. Pour les combattre, les Humains ont développé des pouvoirs psioniques. Certains sont capables de ralentir le temps, d’autres de faire l’usage de télékinésie. Des forces psioniques sont déployées à chaque fois que des Autres apparaissent à proximité des dernières mégalopoles de la planète. Dans la peau de Yuito et Kasane, deux jeunes recrues, le joueur devra s’engager dans une quête pour sauver l’humanité.

Scarlet Nexus brille par la richesse de son univers, très cyberpunk dans l’âme, mais suffisamment original pour parvenir à se forger sa propre identité. Malheureusement, le titre de Namco Bandai peine à séduire au niveau de sa narration, avec ses cut-scenes très pauvres, ses dialogues trop verbeux et surtout sa mise en scène maladroite, qui multiplie les bulles de conversations sur des fonds d’images fixes. Si, pad an main, on a l’impression de jouer à un triple-A, la présentation nous donne davantage l’impression de jouer à un petit titre indé sans prétention…

C’est là que vous sauvegarderez votre partie.

Scarlet Nexus joue également la carte de l’originalité au niveau de son univers avec des environnements urbains post-apocalyptiques très stylés, qui brillent tant par leur diversité que par le bestiaire qui les peuple. Un très gros travail de character-design a été réalisé à ce niveau, avec des créatures aux looks fantaisistes parfois franchement dérangeantes, qui n’auraient rien à envier à celles croisées dans une production de Suda 51. Le style graphique cel-shadé reproduit également brillamment le style des animés. Globalement, le jeu est d’ailleurs plutôt réussi techniquement – même si vous ne verrez pas vraiment de grosse différence entre la version old et next-gen. C’est un fait, le cel-shading a fausser quelque peu le verdict. Quelques niveaux en sous-sol nous ramènent sur Terre. Visuellement, Scarlet Nexus est loin d’être une claque, mais l’univers du jeu plein de charme, ses jolis panoramas et quelques jolis effets visuels suffisent à nous faire rêver.

Côté gameplay, le titre de Namco Bandai parvient à agréablement surprendre. On est ici face à un action-RPG qui est très orienté action, au point de lorgner carrément du côté d’un Devil May Cry ou d’un Ninja Gaiden, avec des combats intenses et une mise en scène aux petits oignons. Le gameplay du jeu est à la fois technique et très accessible, car la difficulté du jeu reste très légère. L’originalité ici vient d’un bouton dédié à la télékinésie, qui permet de manipuler à distance des objets pour les envoyer valdinguer à la figure de ses adversaires, tout en continuant à les trancher à grands coups de katana. Le gameplay du jeu est très dynamique, avec un système d’esquive bien pensé. Au fil de l’aventure, le joueur débloquera de nouvelles capacités qui rendront les combats encore plus exigeants et débloqueront surtout des attaques spéciales très spectaculaires, durant lesquelles la caméra suit l’action pour nous immerger au plus près du combat. C’est fun, dynamique et résolument bien fichu. Dans Scarlet Nexus, vous ne contrôlerez par ailleurs pas qu’un seul personnage mais une escouade complète. Vous pourrez dès lors utilisez des pouvoirs spéciaux de vos camarades, pour activer par exemple l’invisibilité de votre personnage, vous dédoubler ou vous téléporter. Durant certains combats, on aura parfois tendance à marteler les boutons, dans le feu de l’action. C’est un fait, le titre pourra devenir occasionnellement quelque peu brouillon, notamment lors des combats de boss.

Les combats sont d’une rare intensité.

Par son gameplay, Scarlet Nexus rappelle souvent les productions PlatinumGames. Difficile d’ailleurs de ne pas évoquer au moins brièvement un lien de parenté avec le sympathique Astral Chain du studio nippon. La comparaison s’arrête toutefois là. Car même s’il lorgne souvent du côté des jeux d’action, Scarlet Nexus reste avant tout un jeu de rôle, avec ses dialogues verbeux, ses menus surchargés, son système de sauvegarde manuel et ses améliorations de pouvoirs et d’équipement. Les éléments de jeux de rôle restent toutefois très légers et même les joueurs qui n’ont pas l’habitude de se plonger dans ce type de jeu y trouveront ici de quoi s’occuper. Le contenu du jeu est d’ailleurs plutôt solide puisqu’il faudra compter entre 15 et 20h pour finir l’aventure principale, après quoi vous pourrez découvrir un scénario différent en incarnant l’autre personnage du jeu.

S’il se présente donc comme un action-RPG plutôt fun et atypique de par son univers, Scarlet Nexus pêche toutefois par quelques petits défauts. Niveau level-design tout d’abord, on a souvent la désagréable sensation d’être sur un rail. Les niveaux du jeu sont très linéaires et on que trop rarement le choix entre plusieurs embranchements. La ville, qui fait figure de hub central, n’a également aucune réelle utilité si ce n’est de vous faire perdre votre temps à arpenter ses artères sans vie d’un point d’intérêt à l’autre. Enfin, on pourra clairement reprocher au titre d’avoir un peu de mal à renouveler l’intérêt après quelques heures de jeu. Le bestiaire du jeu est relativement peu varié et de par sa structure, on a vite tendance à tourner en rond dans Scarlet Nexus. Dans le même ordre d’idée, les quêtes annexes n’ont que peu d’intérêt.

La ville, qui fait office de hub central, est désespérément vide.

Inversément, difficile de ne pas être séduit par la finition du jeu. Le titre est d’une fluidité étonnante, en particulier sur consoles next-gen, est propre et parfaitement fini. Peu voire pas de bugs à l’horizon, pour une réalisation globalement très convaincante.

Clairement, Scarlet Nexus ne fera pas l’unanimité. Le titre s’adresse plutôt au grand public qu’aux amateurs de JRPG. Plaisant à jouer et accessible, le jeu de Namco Bandai brille surtout par l’intensité de ses combats et l’originalité de son univers. L’aspect RPG et le scénario du titre sont clairement au second plan. Pas sûr donc que les mordus de JRPG et d’animés y trouveront leur compte…

Conclusion

Plus proche du jeu d’action que du RPG, Scarlet Nexus brille par l’intensité de ses combats et l’originalité de son univers, délicieusement cyberpunk. Le nouveau jeu de Namco Bandai s’inspire assez ouvertement des Devil May Cry et autres Ninja Gaiden pour son système de combat, qui mixe brillamment combats au corps à corps, télékinésie et attaques spéciales, donnant lieu à de formidables ballets aériens qui nous en mettent plein les yeux. Visuellement, le titre est également plutôt réussi avec son character design inspiré et ses graphismes en cel-shading, qui rappellent l’esthétique d’un animé. C’est à la fois fun et accessible. On lui reprochera toutefois clairement de ne pas faire beaucoup d’efforts au niveau de la narration, avec ses dialogues verbeux et ses cut-scenes à images fixes… Côté gameplay, tout n’est pas parfait, mais le titre a le mérite d’être divertissant. Scarlet Nexus n’est clairement pas le jeu de l’année mais n’en reste pas moins une très bonne surprise, et une belle portée d’entrée au genre pour les non-initiés.

Scarlet Nexus

7.4

Gameplay

8.0/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • La direction artistique, superbe
  • La diversité des pouvoirs
  • La mise en scène des combats
  • Un gameplay à la fois technique et fun
  • L'univers plein de charme

Les - :

  • Quelques soucis de caméra
  • Les dialogues, peu intéressants
  • La mise en scène des cut-scenes
  • Quelques passages trop répétitifs