Test – Disgaea 6 : Farming intensif chez les démons

La série Disgaea est de retour avec un sixième épisode qui paraîtra, pour l’instant, uniquement sur Switch. Pas de grands changements à l’horizon pour cette formule particulière qui ne plaira pas à tout le monde.

Disgaea est une série de Tactical-RPG de Nippon Ichi Software débutée en 2003 sur Playstation 2. Celle-ci s’est déclinée avec de nombreuses suites et spin offs au fil des années, gagnant une certaine notoriété, mais elle reste malgré tout un phénomène de niche. C’est six ans après la sortie du 5ème épisode que débarque ce Disgaea 6: Defiance of Destiny. S’il est également disponible sur PS4 au Japon, il ne sera proposé que sur Switch chez nous, tout du moins pour le moment.

Disgaea est une série qui se déroule principalement dans un monde de démons et de monstres où les lois sont bien différentes. Ce sixième épisode se concentre sur l’aventure de Zed, un zombie qui pourchasse sans relâche un être très puissant qu’on appelle le “Death-tructor divin” dans le but de venger sa petite sœur. Celui-ci va alors mourir et se réincarner de nombreuses fois, parcourir différents mondes et rencontrer d’autres personnages hauts en couleur qui vont l’accompagner. Si le scénario n’a rien de très exaltant et que la mise en scène alterne entre moments “Visual novel” et cinématiques sans vie, l’écriture et l’univers sont pourtant bien plus convaincants. Disgaea 6 fait preuve de beaucoup d’humour et d’un côté “parodique” qui fonctionne bien. Le quatrième mur est parfois complètement détruit, le titre n’hésite pas à détourner les codes du jeu vidéo, des RPGs mais également des séries TV.

Le ton du scénario est clair dès le départ, Disgaea 6 ne se prend pas trop au sérieux.

Son côté décalé se ressent aussi beaucoup dans son gameplay puisque tout est démesuré. Contrairement aux autres jeux du genre, les niveaux des personnages et les statistiques dépassent les milliers et les dégâts infligés dépassent les millions. Cette démesure ne marque pas forcément une profonde différence avec les autres jeux du genre. La progression n’est pas plus lente que dans un autre jeu, l’échelle est adaptée et les personnages gagnent parfois des dizaines, voire des centaines de niveaux en une seule mission.

Disgaea 6 est un Tactical-RPG au gameplay classique mais efficace. Il est possible de contrôler jusqu’à 10 personnages en combat, ceux-ci ont leurs propres classes leur octroyant des capacités et rôles différents qu’il faudra utiliser à bon escient pour remporter les nombreuses batailles. Entre les missions, il faut passer du temps dans le Sous-Monde de la Quatrième Dimension, une sorte de base possédant de nombreux magasins et services qui seront très utiles. Il est possible de gérer nos personnages et leur équipement, de dépenser du mana dans l’amélioration de leurs capacités spéciales ou dans l’achat d’effets passifs, d’accepter de requêtes ou de parler aux personnages principaux…

Le monde des objets et ses donjons générés aléatoirement gonflent la durée de vie du jeu.

Comme d’habitude dans les jeux Disgaea, il est également possible de partir dans le monde des objets, ce qui permet d’accéder à des cartes générées aléatoirement pour améliorer vos équipements. L’Assemblée infernale est également une idée originale, une sorte de sénat où sont votées certaines demandes permettant d’obtenir des avantages en jeu. Si les votes ne sont pas de votre côté, il est possible de corrompre les sénateurs ou tout simplement de les convaincre par la force. L’assemblée permet également d’utiliser l’ultra-réincarnation, un processus qui ramène un personnage au niveau 1 mais qui permet de dépenser des points de Karma pour augmenter ses statistiques de base.

La formule reste donc sensiblement la même que dans les précédents jeux. Avec toutes ces ressources, monnaies à emmagasiner et réincarnations pour faire progresser les personnages, le farming devient une mécanique assez présente. Un aspect qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Pourtant, le farming est tout à fait pris en compte par le jeu et Disgaea 6 nous laisse un nombre impressionnant d’options de personnalisation pour alléger cet aspect. Il est par exemple possible de jauger les différentes ressources gagnées après les missions, vous pourrez très bien privilégier le gain d’expérience aux dépens du gain d’argent. Il est également possible d’abuser des différents systèmes du titre pour farmer plus rapidement. Le jeu incorpore un mode automatique couplé à une personnalisation de l’intelligence artificielle de vos personnages. Une personnalisation poussée qui vous permettra de ne plus toucher à la manette durant vos séances de farm.

La mise en scène et le rendu des attaques spéciales sont très soignés.

Techniquement, le titre ne s’en sort pas avec les honneurs malgré une direction artistique qui fonctionne. Pour la première fois dans la série, Disgaea 6 représente ses personnages en 3D, dans un style “chibi” dont le rendu est très convaincant. En particulier dans les moments mettant en scène les capacités spéciales des personnages. On y perd cependant en visibilité sur les cartes du jeu où les unités peuvent être très nombreuses. Le jeu n’est malheureusement pas à l’abri de chutes de framerate, même s’il est possible de minimiser les dégâts en activant le mode “performance” dans les options, au détriment de la qualité visuelle. Disgaea 6 possède également une bonne bande-son, avec quelques thèmes chantés très sympathiques, ainsi que du doublage en anglais et en japonais.

Si le titre bénéficie de textes intégralement traduits en français, il n’est cependant pas évident d’apprendre à jouer à Disgaea 6. Il n’est pas difficile de se sentir submergé par le nombre d’informations, chiffres et options qui vous sont présentés et il faudra tout de même quelques heures pour qu’un nouveau joueur puisse s’habituer à tout cela. Ceux qui arrivent à dépasser ce stade trouveront tout de même un titre au contenu très complet. S’il ne faut qu’une vingtaine d’heures pour atteindre le générique de fin une première fois, il existe en réalité encore plus de scénario et plusieurs fins à la clé. Le côté grinding fait aussi gonfler significativement la durée de vie potentielle du titre.

Conclusion

Disgaea 6: Defiance of Destiny est le dernier titre de la série phare de Nippon Ichi Software. Il s’agit d’un Tactical-RPG mettant en scène un monde de monstres et de démons où Zed, un banal zombie, pourchasse un être très puissant que l’on nomme le “Death-tructor Divin”. Un scénario dont la mise en scène laisse à désirer mais qui brille grâce à son écriture et son humour décalé, parodiant de nombreux codes du genre. Son gameplay se révèle classique mais efficace, une bonne partie de l’aventure consistera à gérer nos troupes et à farmer de nombreuses monnaies à dépenser dans tout un tas d’améliorations pour nos personnages. Ce côté “farming” est assez important dans l’expérience mais Disgaea 6 possède de très nombreuses options pour alléger cet aspect. Le titre ne sera cependant pas très aisé à prendre en main pour les nouveaux joueurs, les premières heures de jeu nous bombardent d’informations et le jeu peut paraître très complexe. Il n’est pas irréprochable non plus techniquement, si sa direction artistique est une réussite, il faudra tout de même choisir entre la qualité graphique et le framerate puisque plusieurs modes visuels sont disponibles dans les options. Malgré ses qualités, Disgaea 6 est un titre qui ne plaira pas à tout le monde mais qui risque de combler la niche qu’il vise.

Disgaea 6: Defiance of Destiny

Gameplay 7.0/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.0/10
7.0

On aime :

Un univers décalé

La direction artistique réussie

Le gameplay classique mais efficace

Une très bonne durée de vie

Les textes en français

On aime moins :

La mise en scène du scénario sans vie

Le farming très présent

Qualité graphique ou framerate, il faut choisir

Les premières heures qui nous submergent d’infos