Depuis quelques années, Outright Games multiplie les adaptations de films en jeux vidéo, avec plus ou moins de succès. Spirit: La Grande Aventure de Lucky est la dernière tentative de l’éditeur pour séduire une audience très jeune.

Outright Games fait partie des derniers éditeurs à proposer des adaptations de films & séries d’animation en jeux vidéo. L’éditeur américain multiplie ses productions, en misant sur des licences fortes et des coûts de production très bas. Dans l’ensemble, la qualité n’y est pas, mais quelques titres s’en sortent mieux que d’autres. On citera notamment la dernière adaptation de l’Age de Glace ou le sympathique Transformers Battlegrounds.

Vu le public ciblé, il ne fallait pas s’attendre à une bonne surprise pour ce Spirit: Lucky’s Big Adventure, un jeu d’aventure en open world qui vous propose d’incarner la jeune Lucky et de partir explorer les vastes espaces sauvages de l’Amérique du Nord. Car c’est un fait, les jeux en open-world représentent en général un sacré défi et requièrent la plupart du temps un budget conséquent.

L’open world du jeu est relativement vide.

Spirit: Lucky’s Big Adventure transpire malheureusement le manque de budget. Tout d’abord, au niveau de son moteur graphique, très pauvre, même pour un titre porté sur Switch. Les environnements sont vides, les modélisations ultra-sommaires et par dessus le marché, le jeu est rempli de bugs et très mal optimisé, avec des ralentissements constants, même sur une console aussi puissante que la Xbox Series X. L’un dans l’autre, ce n’est pas forcément très gênant pour le public cible, qui se satisfait souvent de peu. Mais il faut bien l’admettre, on aurait clairement préféré un titre moins ambitieux et peut-être plus linéaire que ce Spirit et son open-world désespérément vide.

L’ennui, c’est qu’au niveau du gameplay aussi, Lucky’s Big Adventure ne parvient pas à convaincre. On se retrouve ici face à un jeu d’aventure pour les plus petits, sans grande finesse ni profondeur. Le joueur contrôle Lucky dans un monde de taille très modeste. La jeune cavalière peut évoluer à pied ou appeler son fidèle destrier pour se déplacer plus vite. A cheval, le joueur a la possibilité de galoper en pressant sur une touche et de sauter en pressant sur l’autre. La plupart des quêtes du jeu consistent à se déplacer d’un point A à un point B en suivant les indications à l’écran. Il n’y a pas de combats à l’horizon, que quelques séquences de plates-formes chaotiques, et une seule et malheureuse course – pratiquement impossible à perdre. Les développeurs se sont contentés du minimum syndical. Le jeu ne propose pratiquement aucune quête annexe et ne se gêne pas pour vous faire faire des allers-retours incessants. S’il n’est pas complètement déplaisant à jouer, Spirit: Lucky’s Big Adventure n’est clairement pas ce qu’on pourrait appeler un bon jeu. La prise en main du jeu est d’ailleurs très raide et les déplacements paraissent globalement atrocement lents. Cerise sur le gâteau, l’aventure principale se boucle en moins de 3 heures. Ce qui fait cher l’heure de jeu, au vu du prix auquel le titre est facturé (39,99€).

Les séquences de plates-formes sont une catastrophe, vu la rigidité des commandes.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans le jeu. On le sent, les développeurs ont ciblé un public très jeune : les jeunes filles de 6 à 12 ans. L’univers coloré du jeu est séduisant, le scénario plein de bons sentiments, les quelques morceaux du jeu sont entraînants et l’éditeur semble avoir pris soin de glisser quelques features pour son public cible avec par exemple la possibilité de brosser Spirit dans une écurie pour nettoyer son pelage et lui redonner un coup de vigueur, ou de photographier paysages et animaux du jeu à tout instant. Si ses contrôles sont ultra-rigides, Spirit reste toutefois un jeu très accessible pour les plus petits. Il ne faut pas mémoriser plus de deux ou trois commandes.

A une dizaine d’euros, la pilule serait sans doute passée sans soucis. En l’état, il reste difficile de conseiller l’achat du jeu au prix plein, au vu de sa durée de vie réduite et de ses nombreuses tares. Les plus jeunes pourraient toutefois y trouver un certain plaisir. Car c’est un fait, il n’existe pas beaucoup de jeux qui vous proposent de vous occuper de votre cheval et de partir à l’aventure. La promesse était pleine de charme. C’est au niveau de la réalisation que le projet s’effondre.

Conclusion

Acheter un jeu Outright Games, c’est un peu comme jouer à la loterie. Certaines productions du studio parviennent à agréablement nous surprendre. D’autres sont un désastre. Spirit : La grande aventure de Lucky appartient davantage à cette seconde catégorie. Outright Games a fait le choix de créer un jeu d’aventure en open-world très ambitieux. La formule peine toutefois à séduire, la faute à un monde qui manque de vie, des missions répétitives et un contenu très léger, même pour un jeu vendu à 39,99€. Spirit: La grande aventure de Lucky s’adresse toutefois à un public très jeune. Avec ses graphismes colorés, son gameplay très accessible et quelques bonnes idées, malgré ses très gros défauts, le titre pourrait séduire quelques très jeunes joueuses. Il ne faut toutefois pas s’attendre à un grand jeu. 

Spirit: Lucky's Big Adventure

2.6

Gameplay

2.5/10

Contenu

1.5/10

Graphismes

2.0/10

Bande son

5.0/10

Finition

2.0/10

Les + :

  • Une bande son correcte
  • Très accessible pour les plus jeunes

Les - :

  • Un gameplay complètement plat
  • Une aventure de 3h avec des quêtes sans intérêt
  • Une réalisation très pauvre
  • Un tarif beaucoup trop élevé : 39,99€
  • Une finition désastreuse