Sur le point de fêter les 20 ans, la franchise Ratchet & Clank revient avec son premier épisode “next-gen”.

Rappelez-vous, il y a 19 ans de cela. La Playstation 2 était alors dans la deuxième année de son existence et s’apprêtait à accueillir le premier épisode d’une saga qui deviendra très vite culte auprès des joueurs : Ratchet & Clank. Le titre reçut un accueil extrêmement favorable de la presse comme de la part des joueurs, à tel point qu’il aura permis à Insomniac Games de faire perdurer sa franchise à travers les générations de consoles, avec plus de 14 épisodes sortis, dont deux spin-off sur PSP. 

La Playstation 5 venant à peine de sortir, il était évidemment normal qu’elle accueille elle aussi son propre épisode des aventures de notre Lombax préféré. Présenté comme une des premières vraies grosses exclus de la PS5, Rift Apart se devait d’être le porte-étendard d’une nouvelle génération de consoles, mettant en avant toute la puissance technique qu’apporterait la nouvelle console de Sony. 

Pour bien comprendre Rift Apart, il est nécessaire de bien le situer par rapport aux autres épisodes de la franchise. En effet, ce dernier épisode vient se positionner à la suite de tous les autres. Après leurs nombreuses aventures, toutes auréolées de succès, Ratchet et Clank sont considérés comme les grands héros de la galaxie. A la suite d’une grande célébration en leur honneur, Clank remet à son comparse un dimensionateur lui permettant de retrouver sa famille, qu’il cherche sans relâche depuis le premier épisode. Cependant, Ratchet & Clank oblige, tout ne va pas se passer comme prévu. Le Dr Nefarious va faire irruption, voler le dimensionateur et en abuser, à tel point qu’il le fera exploser. De nombreuses failles dimensionnelles apparaitront dans l’univers, séparant Clank de Ratchet. Le petit robot se retrouvera dans une dimension, avec … une Lombax du doux nom de Rivet. 

Si le scénario est relativement plaisant à suivre, il n’en demeure pas moins très classique. Il faut en revanche souligner la narration, qui est impeccable.

Ainsi, vous vous en doutez, la mission de Ratchet et de Clank s’annonce comme très classique, comme à chaque fois dans la série. Clank, accompagné de Rivet, va devoir reconstruire un dimensionateur afin de fermer toutes les failles apparues, tandis que Ratchet devra affronter le Dr Nefarious et tenter de retrouver son ami robot. En soi, le scénario se suit très plaisamment, avec une intrigue plutôt agréable et une narration excellente. Cependant, on regrettera qu’Insomniac Games ait adopté une intrigue trop linéaire et classique, ne surprenant que très rarement le joueur, souhaitant, plus que probablement, éviter de gâcher cette si douce narration par un quelconque twist raté. 

Toutefois, on ne peut que saluer le talent des scénaristes quant à l’écriture des personnages et la narration. On se laisse sans trop de difficulté embarquer par cet univers si charmant et cette histoire sympathique, tandis que les nouveaux personnages sont une pure réussite. Si on est rodés avec des personnages comme Ratchet et Clank, qui ont pu  être suffisamment exploités par les scénaristes en près de 20 ans, les nouveaux personnages donnent l’impression d’être présents dans la franchise depuis autant de temps. Rivet est une franche réussite, autant en termes de design que de sa personnalité. 

Afin de mener à bien notre mission, nous allons avoir l’occasion de parcourir pour la première fois un véritable petit monde ouvert relativement bien fichu. A l’aide du vaisseau spatial, nous aurons l’occasion de passer d’une planète à l’autre et de découvrir leurs magnifiques écosystèmes. L’objectif ? Evidemment progresser dans le scénario, mais également accomplir quelques petites tâches secondaires et récupérer plusieurs collectibles parsemés ici-et-là vous permettant d’améliorer votre arsenal ou d’acquérir de nouveaux équipements. Chaque planète dispose par ailleurs de sa propre ambiance, que ce soit au moyen des mélodies utilisées ou de l’écosystème présent sur place. On n’a d’ailleurs jamais l’impression que deux planètes se ressemblent, tant la diversité est au rendez-vous.

Mais une des véritables nouveautés de la franchise reste indéniablement l’arrivée de ces fameuses failles interdimensionnelles. Provoquées par l’explosion du dimensionateur, ces failles provoquent de réels chamboulements dans le continuum espace-temps, à tel point que de nombreuses créatures se retrouvent piégées dans une dimension et sur une planète loin d’être les leurs. Ces failles, vous allez pouvoir vous en servir pour toute sorte de choses. La principale, et sans doute la plus répandue, sera d’envoyer votre grapin dans la faille afin d’atteindre des endroits qui seraient inaccessibles en temps normal dans le niveau.

Les failles dimensionnelles apportent une nouvelle dynamique au gameplay, avec de chouettes transitions entre les mondes. Elles sont en revanche sous-utilisées.

Enfin, et petite subtilité non moins sympathique, les failles dimensionnelles peuvent parfois conduire à un collectible à débusquer dans un tout nouveau monde avec une petite énigme. En effet, une fois que vous faites face à la faille, vous avez la possibilité de rentrer dedans comme si vous entriez dans une pièce. La transition est incroyable, puisque le changement est radical est instantané. Comme si on passait dans un nouveau monde après un petit temps de chargement, l’univers derrière cette faille est sensiblement différent de celui d’où on vient : musique, environnement et biotope différents.

Malheureusement, on regrettera que ce principe de failles dimensionnelles n’ait pas été exploité à son plein potentiel. On ne les retrouve que par certains moments lorsqu’il faut accéder à une position éloignée, et on n’aurait pu que conseiller à Insomniac d’en abuser. Elles n’impactent que trop faiblement le gameplay, et il aurait par exemple pu être sympathique de les exploiter lors des combats, afin d’y ajouter bien plus de dynamisme. Le constat est le même pour le changement d’univers. Insomniac Games ayant à maintes reprises vanté le SSD de la PS5 pour ses failles dimensionnelles, on aurait pu espérer plus d’utilisation de ces failles pour passer d’un monde à un autre. Au lieu d’utiliser le vaisseau, les développeurs auraient pu se servir de ces failles pour changer de planète quand on le souhaite.

Mais trêve de bavardages, on le sait depuis le premier épisode. Dans Ratchet & Clank, le nerf de la guerre, ce sont les affrontements, et ce, depuis le tout premier épisode. Equipé de sa désormais iconique clé à molette, Ratchet va avoir à faire face à toute une myriade d’ennemis, tous plus féroces les uns que les autres. Chaque ennemi possède son propre pattern d’attaque, et l’air de rien, Rift Apart propose un réel défi, de 7 à 77 ans. Si l’on regrettera que les armes ne soient plus aussi variées et loufoques que par le passé, la même sensation qu’autrefois est bien de retour. Les gunfights sont jouissives au possible, et la nervosité dont elles font preuve se ressent jusqu’à la manette. 

Nerveux et jouissifs, les affrontements restent une des valeurs sûres du titre.

La Dualsense, parlons-en justement. Jusqu’ici, elle n’avait encore été exploitée à son plein potentiel que dans de rares titres. Avec Rift Apart, on a désormais l’impression que la manette est une interface à part entière, avec son lot de sensations qu’elle nous procure. La pression sur la gâchette arrière impacte réellement le mode de tir d’un blaster ou d’un canon, tandis que la petite résistance qu’elle fournit donne sincèrement l’impression de tirer avec une arme. Le retour haptique est quant à lui évidemment au rendez-vous et procure une sensation relativement plaisante ainsi qu’une réelle plus-value lors des affrontements. La moindre action effectuée dans le jeu est retranscrite par une vibration dans la manette. C’est bien simple, une fois que l’on entame une partie, on n’a, à aucun moment, envie de lâcher la manette.

Présenté comme l’une des premières grosses exclusivités de la Playstation 5, Ratchet & Clank: Rift Apart se devait d’en mettre plein les yeux aux joueurs. Le pari est remporté haut la main, puisque le titre est tout simplement superbe. Que ce soit dans l’espace sur une planète météorite, sur une planète urbaine ou dans un univers marécageux, aucun environnement n’est en deçà d’un autre d’un point de vue visuel. Le ray-tracing fait d’ailleurs des miracles, apportant toujours plus de réalisme dans les effets de lumière et les réflexions. La next-gen est bien là, est c’est un vrai choc pour la rétine.

Le titre est par ailleurs disponible en trois modes d’affichage : performances sans ray-tracing (60FPS), performances avec ray-tracing (60FPS) et graphismes (30FPS), poussant les effets visuels au maximum de leur capacité. Que votre cœur balance pour la fluidité ou la beauté, sachez que le jeu reste sublime en toute circonstance. On ne pourra en revanche que vous conseiller d’utiliser le mode RT Performance, qui vous assurera une fluidité exemplaire associée à du ray-tracing poussant le curseur du réalisme toujours plus loin.

Rift Apart est une franche réussite en matière de visuels. Le titre est vraiment superbe dans la majorité des environnements.

Si le titre est magnifique et possède une direction artistique de haute volée, c’est sans conteste en grande partie grâce à sa bande originale de super facture. Les mélodies ne sont jamais de trop et restent terriblement agréables à entendre. Celles-ci sont d’ailleurs magistralement composées et toujours adaptées à l’univers que l’on parcourt, et la transition entre deux univers grâce à une faille se fait de la manière la plus subtile possible. On a tout simplement l’impression de regarder un film d’animation tant le tout semble être composé avec une grande minutie.

Comment parler de la bande-son sans évoquer le superbe doublage dont ont hérité nos personnages favoris. Si l’on retrouve les habituelles voix pour les personnages principaux comme Ratchet, Clank et les autres, les nouveaux personnages comme Rivet profitent eux aussi d’un doublage très réussi, que ce soit en VF ou en VO. 

Insomniac Games semble en revanche avoir du mal à peaufiner son titre. Si l’expérience n’est absolument pas gâchée par ces problèmes, on regrettera malgré tout que le titre hérite parfois de quelques bugs plutôt fâcheux. L’un des problèmes les plus récurrents auquel nous ayons eu affaire est les collisions. Que ça soit Ratchet lorsqu’il saute sur une plateforme mal définie, ou les ennemis qui, affublés d’un pathfinding pas toujours adapté, se retrouvent à buguer contre un objet du décor et ne plus pouvoir se déplacer, les problèmes sont malgré tout bien là. Mais comme on l’a dit, ils ne sont apparus qu’à de rares moments. Ce n’est pas suffisant pour impacter l’expérience, mais ils restent bien présents et visibles…

Conclusion

Pour leur grand retour sur Playstation après plus de 5 ans d’absence, Ratchet & Clank signent ici une de leurs aventures les plus réussies et abouties jamais produites. Véritable vitrine technologique de la PS5 grâce à ses environnements à couper le souffle et les prouesses de la DualSense, le titre d’action-aventure s’impose comme l’un des titres les mieux adaptés pour la next-gen à l’heure actuelle. La direction artistique est une des valeurs sûres de ce jeu de plates-formes et d’aventure en 3D, que ce soit au niveau des graphismes très colorés et magnifiques, mais également de la bande-son et du doublage, de très bonne facture. Du point de vue du gameplay, on reste également sur quelque chose de très solide. Les affrontements sont toujours aussi exaltants, désormais aidés par une DualSense au top de sa forme, venant donner une grande profondeur aux combats que l’on mène dans Rift Apart. On regrettera toutefois que les failles dimensionnelles, pourtant au coeur de l’intrigue et du gameplay, ne soient que trop peu mises en avant et qu’elles n’impactent pas suffisamment la jouabilité. Elles font toutefois partie intégrante d’un scénario somme toute plaisant, mais qui peine à surprendre, la faute à une intrigue bien trop simpliste. Le personnage de Rivet, nouveau protagoniste introduit dans l’épisode, est quant à lui un coup de cœur, et nous ne demandons qu’à mettre les mains sur un spin-off qui, on lui souhaite, sera d’aussi bonne facture que Rift Apart.

Ratchet & Clank: Rift Apart

8.1

Gameplay

8.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

8.5/10

Bande son

8.5/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Une claque visuelle de taille
  • Des affrontements toujours aussi réussis et satisfaisants
  • Une bande originale et un doublage de grande qualité
  • Le personnage de Rivet, très profond et plaisant
  • La Dualsense enfin bien exploitée

Les - :

  • Quelques bugs mineurs
  • Un scénario convenu sans surprises
  • Les failles dimensionnelles, sous-exploitées