Après Underhive Wars, Focus Home Interactive nous livre un second jeu inspiré de la série Necromunda, un spin-off relativement méconnu de l’univers de Warhammer 40,000, qui tire sa particularité de sa verticalité.

Depuis maintenant plus de trois ans, l’éditeur Focus Home Interactive nous arrose régulièrement de nouvelles adaptations en jeux de l’univers de Warhammer et de Warhammer 40,000. Après Necromunda: Underhive Wars et Warhammer Stormground, place aujourd’hui à Hired Gun, un FPS nerveux, développé par le petit studio français Streumon, qui avait précédemment planché sur le très sympathique Space Hulk: Deathwing, qui prenait également place dans l’univers de Warhammer 40,000.

Vous serez accompagné tout au long de l’aventure par votre fidèle compagnon à quatre pattes.

Avant de continuer, il convient d’apporter quelques précisions sur l’univers du jeu, qui s’inscrit certes dans l’univers étendu de Warhammer 40,000, mais s’en distingue toutefois puisque toute l’action ici se déroulera en un seul et unique lieu : la Ruche.

La Ruche est une gigantesque colonie spatiale au sein de laquelle plusieurs gangs s’affrontent. Pas de Space Marines à l’horizon donc, ni d’affreuses vermines de l’espace. Pas de planètes aliens non plus, ni d’exploration spatiale. Le cadre du jeu est bien défini. Cela ne signifie toutefois pas pour autant que vous passerez votre temps à progresser dans des couloirs lugubres puisque le jeu exploite brillamment la verticalité de l’univers de Necromunda. La Ruche est gigantesque. Elle est composée de zones de jeu très vastes à explorer, mais également très variées malgré le cadre fermé du jeu. Le level-design du titre met également brillamment en avant la verticalité de Necromunda.

Le grappin est un accessoire indispensable pour progresser dans le jeu.

Hired Gun n’est donc pas un FPS linéaire et générique comme on en voit tellement. Le titre parvient à développer sa propre identité avec son univers cyberpunk un peu crado et son gameplay très nerveux.

Au premier contact, on ressent immédiatement l’influence de Doom. Hired Gun se positionne en effet comme un fast-FPS dans lequel le joueur devra rester très mobile et utiliser le saut et le double saut régulièrement. Comme Doom, le jeu propose d’ailleurs son lot de séquences de plates-formes – qui pourront d’ailleurs vous coûter un joli écran de Game Over en cas de mauvaise chute… Le grappin est incontestablement l’une des plus belles réussites du jeu puisqu’il se révèle complémentaire au double saut et indispensable pour prendre la tangente lorsque le joueur est submergé.

Pad en main, le jeu se révèle très fun avec ses gunfights nerveux. On affronte ici des groupes de plusieurs unités simultanément qui viennent de tous les côtés à la fois. Il ne sera pas rare d’affronter simultanément les membres de différentes factions en conflit. Il faudra alors veiller à ne pas trop attirer l’attention sur soi pour éliminer un à un ses ennemis… On notera au passage que le bestiaire du jeu est d’ailleurs très réussi puisqu’outre des humains, on retrouve également différentes créatures et robots qui forceront le joueur à adopter différentes stratégies sur le champ de bataille.

Il ne sera pas rare d’affronter des méchas.

Necromunda: Hired Gun brille aussi par la richesse de son gameplay, avec son arsenal fourni, les nombreuses options de customisation des armes, qui permettent d’adapter leur utilisation à vos besoins en changeant chaque élément de l’arme, du chargeur au scope, l’accent mis sur la mobilité du héros, capable de se propulser dans les airs et de s’attacher à toutes sortes d’éléments pour prendre la fuite, les assassinats au corps à corps, l’appel de votre compagnon à quatre pattes pour vous aider dans les moments difficiles ou encore les capacités spéciales de votre personnage. Entre deux missions, vous pourrez également améliorer vos compétences et votre armement avec les crédits acquis au cours des missions principales, débloquer des attaques spéciales et renforcer votre Mastiff. Hired Gun emprunte de nombreux éléments au monde des RPG et les intègre brillamment à son gameplay.

Tout n’est bien sûr pas parfait : l’IA des adversaires est globalement très limitée – les ennemis sont non seulement peu réactifs et ont tendance à vite vous oublier, une fois qu’ils vous ont perdu de vue. Clairement, la plupart de vos ennemis ne seront ni plus ni moins que de la chaire à canon. Si le feeling des armes est plutôt bon, on n’a pas toujours la sensation non plus de porter de grosses pétoires entre ses mains. On ne ressent pas assez le recul des armes. Dans le même ordre d’idée, le titre propose un nombre incalculable d’à côtés, du stand de tir à la personnalisation de votre personnage, en passant par les missions secondaires, etc. etc. L’ennui, c’est que la qualité n’est malheureusement pas uniforme. Les missions secondaires sont par exemple aussi répétitives que pénibles. Elles se résument la plupart du temps à éliminer des combats en arènes contre des ennemis qui respawnent à l’infini. Pas forcément très excitant. Les développeurs du jeu auraient peut-être dû consacrer davantage d’efforts aux éléments centraux du gameplay, ou à la finition du jeu.

L’univers du jeu est joliment représenté.

Si, globalement, Hired Gun est plutôt une bonne surprise, très loin du FPS générique que l’on attendait avec son univers riche, son gameplay très nerveux et ses nombreuses mécanismes hérités du monde des RPG, il souffre toutefois aussi de quelques vilains défauts. A commencer par son scénario, qui n’est guère très passionnant à suivre ni joliment mis en avant d’ailleurs. On incarne ici un chasseur de prime sans véritable personnalité qui va se retrouver embarqué dans une aventure qui l’amènera à exposer tous les recoins de la Ruche. Le scénario est ici clairement un prétexte à nous faire voyager. Les personnages représentés dans le jeu manquent d’ailleurs globalement cruellement de personnalité. La finition du jeu est toutefois son plus vilain défaut. Même sur les consoles next-gen, le titre a tendance à souffrir de vilaines chutes de frame-rate. On est très loin ici du 60 FPS. Les animations semblent constamment entrecoupées, au point que lorsqu’on oriente brutalement le stick droit pour voir se retourner on a la sensation que la caméra a du mal à suivre… Les bugs graphiques sont également nombreux. Les textures apparaissent brutalement, la physique part complètement en vrille… Bref, tout cela sent bon la sortie rushée pour coller à l’agenda… La bonne nouvelle, c’est que ce vilain défaut pourrait être corrigé si les développeurs prennent la peine de sortir des patchs et mises à jour.

Vous pourrez personnaliser l’apparence de votre Mastiff.

Côté réalisation, le jeu parvient à séduire avec une bande son très électrique et des graphismes plutôt soignés. Necromunda : Hired Gun n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une démo tchnique, mais le jeu est plutôt joli. Clairement, ce sont les effets visuels et la direction artistique qui lui donnent sa personnalité. Les textures ont tendance à ne pas toujours être très jolies, mais pour peu qu’on ne vienne pas se placer juste en face d’un mur, vous ne devriez pas vraiment vous en rendre compte.

S’il n’est donc pas parfait, Necromunda mérite toutefois clairement le détour pour les amateurs de l’univers de Warhammer 40,000 et les amateurs de FPS en général. On est très loin ici d’un FPS générique. Le jeu parvient à développer sa propre identité et se révèle globalement très agréable à parcourir. Pour ceux qui accrocheront au concept, il y a également de quoi s’occuper un bon moment avec la douzaine de missions solo, les nombreuses missions secondaires et les options de customisation. Comptez une bonne quinzaine d’heures pour en faire le tour. Focus Home Interactive semble toutefois très bien s’être rendu compte qu’il ne pouvait pas vendre son jeu au prix plein. Le titre est proposé à un tarif très attractif de 39,99€, ce qui se révèle être un tarif très raisonnable. En cas de doute, attendez éventuellement le déploiement d’un patch, qui pourrait venir corriger la plupart des défauts du titre.

Conclusion

Après Deathwing, le studio français Streumon nous livre une autre très belle adaptation de l’univers de Warhammer 40,000 avec Necromunda: Hired Gun, un FPS qui lorgne du côté de Doom niveau inspiration. Hired Gun est un FPS nerveux et intense, dans lequel le joueur devra rester constamment mobile pour survivre aux vagues d’ennemis. A l’aide de son grappin, il pourra se projeter dans les airs et échapper in-extremis à la charge d’un monstre d’acier. Hired Gun est loin d’être un FPS générique. Le titre parvient à se forger sa propre identité avec son univers cyberpunk crado, ses mécanismes de customisation de l’équipement et du personnage, hérités des RPG, et ses idées originales, comme la présence d’un molosse que vous pourrez appeler à tout moment pour vous aider à faire le ménage. C’est fun, plutôt joli et la recette fonctionne dans l’ensemble plutôt bien, mais le jeu souffre toutefois de quelques vilains défauts, de son scénario pas très excitant à sa finition désastreuse. Mieux vaudra attendre le déploiement d’un patch pour s’y plonger : le jeu souffre de gros problèmes de frame-rate à sa sortie et inclut un nombre incalculable de bugs. Hired Gun reste toutefois une petite bouffée d’air frais pour les amateurs du genre, qui présente de surcroit l’atout d’être proposé à un tarif très compétitif. 

Necromunda: Hired Gun

6.6

Gameplay

7.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

4.0/10

Les + :

  • Un gameplay nerveux et très fun
  • Plein de très bonnes idées
  • Une durée de vie solide
  • L'usage du grappin et du double saut
  • Le prix doux (39,99€)

Les - :

  • Un scénario pas très excitant
  • Les missions secondaires
  • L'IA désastreuse des ennemis
  • De gros soucis de frame-rate