Samsung abandonne son écosystème Tizen pour rejoindre Google dans son combat. 

Le géant américain Google a surpris tout le monde lors de sa conférence Google I/O en annonçant un partenariat avec Samsung. Les deux entreprises avaient développé séparément leurs propres écosystèmes pour montres connectées avec d’un côté, WearOS chez Google, et de l’autre Tizen chez Samsung.

Un aveu d’échec

Wear OS, le système d’exploitation de Google, n’était jamais parvenu à rallier tous les acteurs du secteur, contrairement à Android sur smartphones. Huawei, Samsung, Fitbit, Xiaomi ou encore OnePlus, avaient tous choisi de développer leurs propres écosystèmes. En 2020, WearOS avait pratiquement disparu du marché. Seuls le groupe Fossil continuait à proposer des montres WearOS à sa clientèle. L’acquisition de Fitbit par le géant américain Google avait laissé présager l’arrivée de nouveaux modèles de montres connectées WearOS chez Fitbit, sans que cela ne se concrétise jamais. Avec moins de 7% de parts de marché, Fitbit fait également partie des grands perdants sur ce segment.

Samsung, de son côté, avait abandonné très tôt WearOS pour développer Tizen, son propre écosystème, qui lui offrait plus de flexibilité dans ses choix avec une interface radicalement différente et surtout un système d’exploitation moins énergivore. Ses montres connectées n’ont toutefois pas remporté un énorme succès puisque le constructeur coréen n’est jamais parvenu à franchir le cap des 10% de parts de marché malgré ses efforts.

Le rapprochement inattendu entre Samsung et Google n’est donc pas tant une consolidation mais davantage un aveu d’échec pour les deux géants, qui subissent aujourd’hui plus que jamais la pression des concurrents chinois. Apple, a, inversément, consolidé sa position en passant de 34% de parts de marché en 2019 à 40% en 2020, selon les chiffres de Counterpoint.

Sauver le navire en unissant ses forces

Main dans la main, Google, Samsung et Fitbit vont donc tenter de lancer une nouvelle offensive sur le marché des montres connectées avec un système d’exploitation plus moderne. WearOS a fait l’objet de deux principales critiques : l’absence de personnalisation de l’interface, uniforme pour tous les constructeurs, et son autonomie désastreuse. La nouvelle version de l’OS permettra aux constructeurs de personnaliser davantage l’interface et aux développeurs d’applications de personnaliser les cadrans de WearOS en y intégrant des informations. Le compteur de pas de Fitbit pourra ainsi figurer sur le cadran choisi par l’utilisateur. Samsung pourra même garder sa navigation simplifiée avec l’usage de sa couronne, qui permettait de naviguer plus facilement dans les menus en faisant tourner la couronne autour du cadran de la montre pour faire défiler plus vite les informations. Au niveau de l’interface, Google adoptera également le nouveau style Material You d’Android 12.

Niveau autonomie, Google entend améliorer les performances de son OS pour garantir deux jours de batterie… Ce qui reste très léger face à la concurrence. WearOS reste un système d’exploitation très énergivore – là où d’autres montres qui proposent moins de fonctionnalités sont capables de tenir jusqu’à 15 jours d’affilée sans être rechargées. Pas sûr donc que cet argument rameute les foules.

Clap de fin pour Tizen

La nouvelle version de WearOS signe toutefois avant tout la mort de Tizen, le système d’exploitation maison de Samsung, qui représentait environ 10% de parts de marché. La prochaine montre du constructeur devrait bel et bien tourner sous WearOS. Et mauvaise nouvelle pour les propriétaires d’anciennes montres Samsung : les précédents modèles ne bénéficieront pas d’un upgrade, ce qui signifie qu’il ne faudra plus s’attendre à des nouveautés logicielles. Selon Wired, Samsung se serait toutefois engagé à garantir trois ans d’updates pour son OS.