Test – Resident Evil VIII Village : l’épisode du renouveau

Quatre ans après Resident Evil 7, Capcom nous livre enfin la suite tant attendue. Reprenant tout ce qui avait fait le succès du septième épisode, RE VIII: Village tente toutefois une approche plus musclée du genre. Avec brio. 

Si Resident Evil VII a pris quelques libertés par rapport aux anciens épisodes de la série, qui n’ont pas forcément plu à tous les fans, la nouvelle formule n’en restait pas moins très convaincante. On notera d’ailleurs que Capcom a tenté de contenter tous les publics ces dernières années en livrant, en parallèle de ces nouveaux épisodes, des remakes des précédents volets respectant les canons du genre. Quatre ans après Resident Evil VII, Capcom nous livre enfin sa suite.

Lady Dimitrescu est l’un des principaux antagonistes du jeu.

Avant de continuer, il est toutefois important de rappeler que contrairement aux épisodes 1 à 6 et aux multiples spin-off, Resident Evil VIII au même titre que son ancêtre, sont des jeux qui se jouent entièrement à la première personne. Resident Evil VIII va même plus loin que son ancêtre avec un gameplay beaucoup plus axé sur l’action.

Côté scénario, un gouffre sépare les deux volets. On reste toutefois dans le même arc narratif, celui d’Ethan Winters, le héros du septième épisode. Rescapé de la ferme des Bakers, l’homme s’est installé en Europe de l’Est avec sa famille. Il y vit une existence paisible jusqu’à ce que l’enfer s’abatte sur lui… Sa fille kidnappée, il se lance à sa recherche dans les paysages enneigés de la Transylvanie. Il découvre alors un mystérieux village qui vit dans la peur…

Le Duke est le marchand du coin, auprès duquel vous pourrez vous approvisionner.

D’entrée de jeu, on tombe sous le charme de l’ambiance très fantaisiste de ce nouvel épisode de la série, qui s’écarte de l’ADN de la série pour oser une formule très différente. Exit les zombies et place ici aux loups-garous, vampires et autres monstruosités du folklore local. Resident Evil 8 Village aurait très bien pu porter un nom complètement différent. Certaines mauvaises langues iront même jusqu’à dire qu’il aurait dû, mais dans la mesure où il poursuit l’arc narratif entamé par Resident Evil 7 qui se positionnait déjà pratiquement comme un spin-off de la franchise, cela ne nous a pas posé de véritable souci.

Ceci étant dit, si vous n’aviez plus touché à un Resident Evil depuis quelques années, vous risquez d’avoir un sacré choc.

L’ambiance du jeu est soignée.

La formule reste globalement très proche de celle de Resident Evil 7. Le jeu se joue entièrement à la première personne, ce qui est bien entendu un très gros plus pour l’immersion. Si RE8 fait toujours peu, il est toutefois beaucoup plus orienté action que ses ancêtres et de par sa direction se rapproche aujourd’hui davantage d’un FPS que d’un survival horror. Rassurez-vous toutefois, les frissons font toujours partie du voyage et l’ambiance de cet épisode est d’ailleurs une franche réussite.

RE 8 conserve certains éléments caractéristiques de la série, des nombreux collectibles et trésors à récupérer aux petites énigmes environnementales, en passant par l’équipement customisable, qui est stocké dans une valise, ses incontournables plantes ou son système de craft pour confectionner des potions de soin ou des munitions. Les similarités avec les anciens épisodes s’arrêtent toutefois là. Par rapport à RE 7, RE 8 adopte également une structure plus ouverte avec un mini monde-ouvert dans lequel vous pourrez évoluer plus ou moins librement – du moins, dans la seconde partie de l’aventure, puisqu’il faudra débloquer progressivement différents raccourcis reliant les zones de jeu.  RE 8 est également beaucoup plus orienté action que son ancêtre. C’est bien simple, vous ne tomberez ici jamais à cours de munitions et vous ne passerez jamais plus de cinq minutes sans tirer une balle.

Visuellement, le jeu est très impressionnant.

Si RE 8 brille au niveau de son univers, de sa direction artistique et de son immersion, le récital ne se fait pas sans écueils. La prise en main reste globalement très lourde et imprécise de par l’exiguïté des décors mais également la lenteur de notre personnage. Clairement, Capcom aurait pu faire des efforts à ce niveau. On reprochera également d’entrée de jeu à cet épisode quelques passages moins réussis que d’autres… RE 8 Village parvient toutefois à surprendre le joueur à de multiples reprises de par l’incroyable diversité de ses séquences de jeu qui alternent brillamment shoot / résolution d’énigmes / exploration & aventure / combats de boss et séquences d’ambiance.

Les 3 premières heures de jeu prennent place ici dans le château de Lady Dimitrescu, la principale antagoniste du jeu. L’ambiance du jeu est soignée, certaines séquences terrifiantes et côté expérience, le jeu parvient à proposer quelque chose de radicalement différent grâce à son bestiaire. En début d’aventure, vous affronterez essentiellement des vampires, rapides, furtifs et mortels, qu’il faudra de préférence éviter… Chaque nouvel ennemi qui viendra rejoindre le bestiaire du jeu vous forcera à adopter une approche différente. Et c’est là que cet épisode brille le plus, car on n’y affronte pas de bêtes zombies qui se traînent péniblement mais des créatures sanguinaires parfois extrêmement rapides. Chacune d’elle devra être abordée d’une façon différente. Au même titre que les boss d’ailleurs, particulièrement impressionnants dans cet épisode.

Les décors du jeu sont très dépaysants.

S’il est globalement moins effrayant que ses ancêtres, Resident Evil VIII se déguste comme un excellent blockbuster. Le jeu n’est pas bien long – comptez entre 8 et 10h pour en voir le bout) -, mais vous y resterez scotché du début à la fin. Son incroyable diversité en fait un titre que l’on dévore d’une seule traite. Dans Resident Evil VIII, l’horreur épouse brillamment le fantastique. Et si dans l’ensemble la balade sombre est plaisante, on lui reprochera toutefois son manque de sérieux. Comme un bon gros blockbuster, Resident Evil VIII manque de substance. Son scénario nanardesque s’imbrique vraiment mal dans l’univers de la franchise. Globalement, on lui reprochera aussi de ne pas assez prendre son temps sur le plan narratif. Resident Evil 8 va trop souvent droit au but sans vraiment prendre le temps d’introduire les différents protagonistes du jeu.

Le jeu mettra toutefois tout le monde d’accord sur un point. Techniquement, Resident Evil 8 est une très belle réussite. La direction artistique est superbe, les effets visuels à tomber et le moteur du jeu nous en met vraiment plein les yeux. Le titre est également joliment optimisé pour les consoles next-gen avec du ray-tracing à toutes les sauces et du 60 FPS. Peu voire pas de bugs à l’horizon… Voilà qui contraste radicalement avec les autres grosses productions!

Si le jeu est plus orienté action, les frissons sont toujours bien présents.

Là où Resident Evil 8 déçoit en revanche, c’est au niveau de ses à-côtés. Pas de mode VR sur PlayStation cette fois-ci, et un misérable mode “Mercenaires” complètement inintéressant comme seule alternative à l’aventure. Dans celui-ci, il faudra éliminer un certain nombre d’ennemis en un temps record dans une zone de jeu restreinte, en tentant d’engranger un maximum de points… Cela se veut nerveux… Mais Resident Evil 8 n’est clairement pas un fast-FPS et la formule ne fonctionne pas du tout.

La bonne nouvelle, c’est que le jeu compense ce manque d’à-côtés par une solide rejouabilité avec de nouvelles armes à débloquer et de nouveaux niveaux de difficulté. Pas mal de collectibles sont également à récupérer tout au cours de l’aventure. Pas de panique donc. Le jeu est certes court (8h environ), mais vous y retournerez plus que probablement!

Conclusion

Si Resident Evil VIII: Village n’a plus grand chose à voir avec ses ancêtres, il n’en reste pas moins un excellent survival-horror. Le titre s’inscrit dans l’arc narratif du septième volet. Il en est d’ailleurs la suite directe. Le contexte est toutefois radicalement différent puisque Resident Evil VIII troque l’ambiance macabre du septième épisode pour un univers beaucoup plus fantaisiste. Direction cette fois un village maudit d’Europe de l’Est pour une nouvelle aventure mouvementée beaucoup plus musclée. Se jouant entièrement à la première personne, Resident Evil 8 lorgne davantage du côté du FPS plutôt que du survival-horror. Il ne se passe pas cinq minutes sans que l’on ne tire une balle. Si l’on a du mal à lier l’intrigue à la franchise, ce rodéo en Europe de l’Est n’en reste pas moins très divertissant avec ses séquences de jeu variées, ses mécanismes bien huilés et ses combats de boss d’une rare intensité. Resident Evil VIII n’est probablement pas la suite que les fans attendaient, mais quel incroyable divertissement! La direction artistique incroyable du jeu, ses très jolis graphismes et son ambiance sonore soignée ne font qu’ajouter au charme. Difficile toutefois de ne pas être déçu par un scénario qui manque cruellement de profondeur et par le gameplay du jeu, encore un peu trop brut dans sa forme actuelle. 

Resident Evil VIII : Village

Gameplay 7.5/10
Contenu 7.5/10
Graphismes 8.5/10
Bande son 7.5/10
Finition 9.0/10
8.0

On aime :

Visuellement très joli

Très bien optimisé sur next-gen

Beaucoup de diversité dans les séquences de jeu

Une ambiance médiévale très réussie

Les combats de boss, intenses et funs

On aime moins :

Un scénario nanardesque

Quelques séquences moins réussies, dans le dernier quart

Pas de VR sur PS4/PS5

Le mode Mercenaires

Un gameplay encore un peu lourd