Attendu par certains comme le grand retour de Yuji Naka, Balan Wonderworld a pourtant inquiété de nombreux joueurs suite à une démo peu convaincante. Il est l’heure de rendre le verdict.

Balan Wonderworld est un jeu de plate-forme en 3D développé par un nouveau studio nommé “Balan Company”. Un studio chapeauté par d’anciennes têtes de la Sonic Team et plus particulièrement par Yuji Naka, le papa du hérisson bleu. Ce nouveau studio n’est cependant pas sous la tutelle de SEGA, mais bien de Square Enix. Les attentes étaient nombreuses autour du projet et la pression au rendez-vous sur cette nouvelle équipe.

Nous incarnons un jeune garçon ou une jeune fille, Léo ou Emma, faisant la rencontre d’un mystérieux clown nommé Balan qui les invite à rechercher un morceau de leur cœur dans un monde fantastique, le Wonderworld. Notre personnage va alors parcourir des niveaux créatifs et colorés qui représentent la vie et les centres d’intérêts de personnages du vrai monde. Un mystérieux antagoniste va alors prendre avantage des problèmes de ces personnages pour créer des créatures maléfiques dans le Wonderworld. Nous devons alors chasser leurs idées noires à travers deux niveaux et un boss pour chacun d’entre eux. S’il n’est pas très important, le scénario a le mérite d’aborder de nombreux sujets à travers ses personnages.

Les collectables trouvables dans les niveaux permettent de nourrir les créatures présentes dans le hub central.

Les niveaux sont efficacement désignés en alternant entre phases d’explorations, de plateformes et un peu de combat. On y trouve des collectables qui servent dans le hub central, mais surtout des statues de Balan dont la collection sert à progresser dans l’histoire. Le gameplay du jeu est un peu rigide et simpliste puisqu’il se joue en utilisant un seul bouton, permettant généralement de sauter. Tout au long du jeu, notre personnage va revêtir des costumes lui donnant de nouvelles capacités. Ces costumes sont au nombre imposant de quatre-vingt même si certains proposent des capacités similaires. Il sera généralement question d’ajouter des effets différents à notre saut, de quoi planer, s’agripper aux toiles d’araignées accrochées aux murs, suivre les courants marins dans l’eau… Certains costumes enlèvent totalement la possibilité de sauter au profit de capacités offensives, une décision plutôt questionnable dans un jeu de plate-forme. Pas de panique cependant, puisque notre personnage peut porter jusqu’à trois costumes avec lesquels il est possible d’alterner à tout moment.

Certains niveaux sont particulièrement beaux à regarder.

Les niveaux sont cependant linéaires et construits autour de ces nombreuses transformations. S’il est possible d’amener des costumes d’autres mondes dans un niveau, ceux-ci ne seront pas d’une grande utilité et vite remplacés par les costumes locaux. Avoir l’occasion de revêtir quatre-vingt transformations devrait nous donner beaucoup de libertés et de possibilités sauf que ce système se révèle restrictif et produit l’effet inverse. On se sent constamment limité à devoir jongler entre les quelques pouvoirs nécessaires à la traversée du niveau.

Pourtant, les costumes d’autres mondes sont parfois exigés pour obtenir les statues de Balan bien cachées. L’occasion de se rendre compte du manque de praticité de cette idée, puisque, s’il est possible de les stocker et de les échanger aux checkpoints, les costumes peuvent aussi être perdus lorsqu’on se fait attaquer par un ennemi ou lors d’une chute mortelle. Il faut donc parfois faire plusieurs aller-retours dans différents niveaux, tout ça pour obtenir une statue parmi les nombreuses demandées. Retourner dans les précédents niveaux pour trouver les statues de Balan paraît alors fastidieux. Une tâche qu’il est pourtant nécessaire d’accomplir pour progresser dans l’aventure.

Il faut parfois affronter des créatures sombres.

Le titre souffre également de petits soucis techniques. La version PS4 utilisée pour ce test montrait quelques soucis de framerate et quelques micro freeze de temps à autre. Balan Wonderworld se montre cependant plus convaincant musicalement et visuellement. La bande-son est une réussite et colle très bien au côté festif de l’univers du Wonderworld. Tandis que les visuels sont parfois inégaux mais majoritairement réussis grâce à la direction artistique du titre. En plus de Yuji Naka, on retrouve également Naoto Oshima sur le projet, un artiste et character-designer ayant travaillé sur de nombreux jeux SEGA. Et Balan Wonderworld ne cache pas ses inspirations. Une influence qui crève les yeux tant le chara-design et les visuels ressemblent aux anciennes productions de la Sonic Team, les personnages semblent tout droit sortis d’un épisode perdu de la série NiGHTS ou encore de Billy Hatcher.

Loin d’être parfait, Balan Wonderworld est pourtant un titre dont les niveaux sont agréables à parcourir, offrant pas mal de diversité avec quelques mini-jeux de temps à autre ainsi que des boss prenant bien avantage des nombreux pouvoirs. Il est également possible de parcourir l’aventure à deux en coopération, une aventure qui dure un peu plus de 10h et encore plus longtemps pour tout trouver. Balan Wonderworld reste tout de même assez facile puisque la seule conséquence d’une mort est la perte du costume porté à ce moment. Le titre ne révolutionne en rien le genre du platformer 3D et il faut bien avouer que les autres représentants du genre offrent de bien meilleures expériences de jeu. Pourtant, le premier jeu de Balan Company arrive à proposer sa propre identité et un certain charme qui n’est pas déplaisant.

Conclusion

Balan Wonderworld est un jeu de plate-forme en 3D développé par un nouveau studio au sein de Square Enix, un studio chapeauté par des anciens membres de la Sonic Team, dont Yuji Naka, le papa du hérisson bleu. Le titre narre l’histoire d’un jeune garçon qui, suite à sa rencontre avec un clown nommé Balan, va se retrouver dans le Wonderworld, un monde fantastique où les environnements sont inspirés de la vie de personnages du monde réel. Créatifs, colorés et bien pensés, les niveaux du jeu sont agréables à parcourir malgré un gameplay très simple et trop rigide. De nombreux costumes amenant de toutes nouvelles capacités sont trouvables dans les niveaux et seront nécessaires pour progresser. Cependant, ce système de costume se révèle restrictif et peu pratique. La collecte des statues de Balan, les principaux collectibles du titre, est particulièrement fastidieuse puisque nombre d’entre eux demandent des costumes précis qu’il faudra, si vous n’en avez pas en stock, aller rechercher dans leurs niveaux respectifs. S’il est pénible par moment, le titre arrive tout de même à offrir une ambiance unique renforcée par sa direction artistique et ses musiques réussies. Balan Wonderworld est un titre unique et charmant mais pourtant loin d’arriver à proposer une expérience aussi impactante que d’autres platformers beaucoup plus emblématiques. Assurément pas la catastrophe annoncée, mais pas non plus le très grand jeu que certains attendaient.

Balan Wonderworld

5.9

Gameplay

5.0/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Des niveaux agréables à parcourir
  • Son ambiance festive
  • Une direction artistique réussie
  • Une bonne bande-son

Les - :

  • Les quatre-vingt costumes, une fausse bonne idée
  • Un gameplay rigide et trop simple
  • Des petits soucis techniques
  • Beaucoup trop d'allers-retours entre les niveaux pour obtenir certains collectables