Test – Yakuza 6 : le grand final aussi sur PC et Xbox

Près de trois ans après être sorti sur PS4, Yakuza 6 : The Song of Life débarque enfin sur PC et Xbox. L’occasion pour les joueurs qui étaient passés à côté de cette petite pépite d’enfin découvrir l’un des meilleurs volets de la franchise. 

Sega aura décidément pris tout son temps pour porter sa saga sur PC et Xbox. Trois longues années. C’est le temps que les propriétaires de la console américaine auront du patienter pour enfin découvrir le dernier chapitre de la saga sur leurs machines… Une lenteur qui s’explique certainement en grande partie par le succès mitigé de la console au Japon… La bonne nouvelle, c’est que s’il sort tardivement sur le support, Yakuza 6 : The Song of Life a le mérite d’être proposé dès le premier jour dans l’offre Gamepass, au même titre d’ailleurs que tous les autres volets de la franchise. Ceux qui préfèrent l’acheter auront la bonne surprise de découvrir que le titre est vendu à un tarif assez bas : 19,99€. Il ne faudra en revanche pas s’attendre à de grosses améliorations par rapport à la version PS4. Pas d’optimisation “next-gen” à l’horizon sur Xbox Series ni de boost de framerate sur PC.

Les combats restent l’une des grandes réussites du jeu.

L’arrivée du jeu sur Xbox et PC n’en reste pas moins une bonne nouvelle pour les fans, qui attendaient avec impatience le dernier chapitre de cette série (si l’on exclut le septième volet, qui se positionne presque comme un reboot pour la franchise). Les trois précédents épisodes étaient sortis sous la forme d’une “collection”, la Yakuza Remastered Collection. Nous nous étions d’ailleurs étonnés à l’époque que Yakuza 6 ne figure pas dans ledit pack. Visiblement, les développeurs avaient besoin d’un peu plus de temps pour peaufiner pour le portage.

On ne va pas vous le cacher, en l’espace de trois longues années, Yakuza 6 : The Song of Life a pris quelques rides. Ceci étant dit, le titre n’en reste pas moins une conclusion épique pour la série, qui brille surtout par son système de combat extrêmement nerveux et son scénario très accrocheur. L’histoire prend place plusieurs années après les événements narrés dans le cinquième volet. Le joueur incarne de nouveau Kazuma Kiryu, un ex-yakuza qui tente de se réintégrer dans la société et devra passer par la case prison pour expier ses fautes et ce, malgré son désir de s’occuper de l’orphelinat qu’il a mis sur pied. Malheureusement, durant ses trois ans d’incarcération, la jeune Hakura, la fille de son seul et unique amour, ayant quitté la vie de star se voit harcelée et préfère s’enfuir. À sa sortie, le Dragon de Dojima aura la triste surprise de trouver Hakura dans le coma. Kiryu va devoir remettre son costume de gangster afin de comprendre les circonstances de cet accident et découvrir qui est le père de l’enfant de sa protégée.

L’aventure est parfaitement maîtrisée, de bout en bout.

Dès les premiers instants du jeu, on comprend que Yakuza 6 nous transportera dans une aventure familiale sur fond de guerre de territoire d’une grande violence. Si Kiryu veut raccrocher, il lui faudra affronter ses derniers ennemis et protéger les êtres qui lui sont chers. Ses thématiques sont parfaitement retranscrites dans cet épisode. On retrouve une nouvelle fois le talent des équipes de Ryū ga Gotoku Studio au niveau du scénario; complexe, humain et profond.

Profondément philosophique, le scénario du jeu n’hésite pas à mettre l’accent sur les liens familiaux qui dépassent les liens du sang.

La série des Yakuza se base sur un moteur central, celui de la progression en monde ouvert, progression entrecoupée par de nombreux affrontements au corps à corps, dans le plus pur style des beat them all classiques. Pour ce nouvel épisode, l’accent a été mis sur les combats qui sont moins brouillons et plus visibles. On notera que la caméra est plus mobile, ce qui permet de suivre ses ennemis. La progression du personnage de Kiryu a été revue pour être moins complexe. Désormais, affronter des malfrats, poursuivre des quêtes principales et secondaires, ainsi que manger des plats et boissons permettent de gagner de l’expérience et de monter ses compétences, comme la force, agilité, esprit, technique ou le charme. Monter telle ou telle compétence aura de réelles conséquences sur les caractéristiques de notre personnage qu’il faudra, donc, choisir avec rigueur. Il est également possible de débloquer de nouvelles techniques d’arts martiaux pour des combats toujours plus épiques.

Les affrontements sont plus fréquents que dans les précédents épisodes de la série. En se promenant dans les rues reconstruites du Japon, Kiryu fera face de nombreuses fois à des caïds qui veulent en découdre. A mi-chemin entre le GTA-like et le beat them all, Yakuza 6 est un mélange de genres nerveux qui se démarque surtout au niveau de son système de combat racoleur et ses nombreuses activités secondaires. Le concept n’a dans le fond pas beaucoup évolué depuis quelques épisodes déjà, puisqu’il s’agira toujours d’accumuler de l’expérience pour améliorer les compétences de son personnage et maîtriser ainsi de nouveaux mouvements.

Visuellement, le jeu a un peu vieilli, mais il reste très agréable à la vue.

Comme dans le précédent volet, on retrouve le principe de la transe, le Heat Action, qui aura le don de décupler les compétences de Kiryu. La possibilité de pouvoir interagir avec les objets qui se trouvent à proximité reste une option qui ajoute de la profondeur aux combats. Notre personnage pourra ainsi récupérer différents objets dans la rue pour les projeter à la figure de ses ennemis.

Autre gros point fort de la franchise : l’abondance de quêtes secondaires. Celles-ci ont d’ailleurs le mérite d’être très diversifiées. Entre deux missions principales, le joueur pourra passer le temps en jouant aux fléchettes, à flirter en ligne, regarder et participer à des combats de catch, se détendre dans un bar à hôtesses, et tant d’autres. On notera également la présence d’un smartphone qui servira tantôt de menu, tantôt d’appareil photo, histoire d’immortaliser son faciès dans diverses situations et prendre quelques selfies. Des objectifs annexes qui permettent de faire durer le plaisir; on passe d’une vingtaine d’heure pour une progression basique en ligne droite à une durée de vie de près de 45 heures pour tout boucler.

Les développeurs en ont également profité pour ajouter quelques petites nouveautés intéressantes, à commencer par la possibilité de créer son propre gang avec le Clan Creator (une fonction malheureusement payante, présentée sous la forme de DLC). Durant l’aventure, on pourra recruter des voyous dans la rue pour affronter la pègre. Un mode qui a des airs de jeu de stratégie pour gérer sa bande et monter leurs capacités. Un ajout qui a le mérite de diversifier les plaisirs. Là aussi, monter le niveau et les compétences de ses lascars sera tout aussi important que pour notre héros.

Les mini-jeux et activités secondaires sont nombreux et variés.

Le jeu a beau dater de 2016, on aura du mal à lui faire des reproches en termes d’images et de qualité visuelle. Depuis ses débuts, la saga flirte avec le 7ème art, s’inspirant des plus grandes oeuvres cinématographiques pour ses chorégraphies et sa mise en scène. Dans cette quête funambule entre la réalité et la fiction, les personnages du jeu sont encore une fois la copie de véritables acteurs; Takeshi «Beat» Kitano et de Tatsuya Fujiwara, connu notamment pour son rôle dans Battle Royale.

Visuellement, le résultat reste impressionnant, malgré le poids des années. Tant au niveau des détails des expressions faciales que des décors – superbes – ou de l’animation. L’un des plus gros atouts de Yakuza reste sa faculté à plonger le joueur dans un Japon plus vrai que nature. Chacune des villes que l’on traverse a sa propre identité et les rues abondantes de publicités et éclairages correspondent parfaitement à l’idée que l’on se fait du Japon. On notera également le travail sur la profondeur de champs. Avec la possibilité de rentrer dans de nombreux échoppes et magasins, les décors et détails nous apparaissent réalistes, voire réels. Dommage en revanche que le titre n’ait bénéficié d’aucune optimisation apparente pour les supports qui l’accueillent…

Conclusion

Brillante conclusion pour la série, Yakuza 6 est un épisode absolument incontournable pour tous les fans de la franchise de Sega. Si l’on regrettera de ne pouvoir en profiter qu’aujourd’hui sur Xbox et PC, trois ans après sa sortie initiale sur PS4, ce sixième épisode de la série n’en reste pas moins une totale réussite. Plus immersif que ses ainés, mais aussi plus joli et plus grandiose encore, Yakuza 6 plonge le joueur dans un scénario plus intimiste, qui flirte gentiment avec les codes du septième art. Difficile de rester insensible aux charmes de The Song of Life – qui demeure l’un des meilleurs épisodes de la série et propose en outre une expérience de jeu très riche, avec de nombreuses missions annexes et une solide durée de vie. Sa sortie tardive sur ces deux supports a toutefois deux atouts inattendus : le jeu est proposé à un tarif extrêmement bas dès sa sortie (19,99€), et il est intégré Day-1 dans le GamePass! Aucune raison donc de s’en priver. 

Yakuza 6 : The Song of Life

Gameplay 8.5/10
Contenu 9.5/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 7.5/10
Finition 8.0/10
8.3

On aime :

Le prix très doux (19,99€)

Des combats toujours aussi épiques et jouissifs

L'excellente durée de vie du jeu

Les nombreuses activités secondaires

Un scénario intimiste

On aime moins :

Peu d'originalité dans les décors

Pas d'optimisation pour Xbox Series / PC plus récents

Une sortie très tardive sur ces supports