Sorti en toute fin d’année 2020 sur PC, Pacer a eu droit à une sortie tardive sur consoles. L’occasion de revenir sur cet excellent jeu de course futuriste, à côté duquel nous avions failli passer!

Depuis quelques temps, les studios indépendants sont de plus en plus nombreux à nous livrer des jeux de course futuristes. Et pour cause puisque les gros éditeurs semblent avoir totalement déserté ce segment. Wipeout, F-Zero, Extreme G ou encore Quantum Redshift semblent avoir définitivement rangé leur tablier. Pour les plus petits studios, il existe aujourd’hui une formidable opportunité de faire parler de soi. Le studio R8 Games l’a bien compris et livre avec Pacer l’un des meilleurs prétendants au trône.

Certains circuits sont très impressionnants.

Ne vous attendez toutefois pas à être surpris par ce jeu. Car s’il fait presqu’un sans faute, le studio britannique s’est contenté de suivre un cahier des charges très classique. C’est bien simple, on a très souvent l’étrange sensation de jouer à un nouvel épisode de la série des Wipeout, ni plus ni moins. Aucune particularité ne permet au jeu de se démarquer de ses concurrents. Pacer est un jeu de course futuriste très classique, qui ne brille ni par son originalité ni par la diversité de ses courses mais maîtrise parfaitement les codes du genre. Rien de très surprenant en soi puisque le jeu est développé par des anciens de Psygnosis, le studio qui se cachait derrière la série des Wipeout.

Un peu plus accessible que son modèle, Pacer reste toutefois un jeu de course exigeant dans laquelle l’erreur est rarement tolérée. Il faudra en permanence éviter les tirs de ses opposants, faire le plein de son bouclier, et viser juste pour passer entre plusieurs vaisseaux. Les tracés sont sinués et remplis de tremplins et pièges en tous genres. Tout le gameplay du titre repose sur un élément hérité de la série de Psygnosis, à savoir l’aérofrein. Concrètement, les deux gâchettes permettent d’activer des freins qui sont indépendants l’un de l’autre. Il faudra sans cesse jouer avec les aérofreins pour maîtriser la trajectoire de son bolide, qui se déplace à toute vitesse sur les tracés du jeu.

Sensations fortes garanties!

Bien entendu, on ne se limite pas ici à conduire bêtement son circuit sur le tracé. Il faudra également régulièrement passer sur des plates-formes pour activer un boost, récupérer des armes pour tirer sur ses adversaires et renforcer régulièrement son bouclier, sans lequel vous ferez une cible facile… En cas de crash, vous perdrez quelques précieuses secondes et verrez votre place dégringoler dans le classement. Car dans Pacer, cela va vite, très vite même. Au début de l’aventure, vous roulerez à un vitesse de 500 à 600km/h. En grimpant dans les compétitions, vous prendrez le contrôle de bolides encore plus puissants.

Dans Pacer, il faudra également se montrer stratégique et adapter son équipement selon son style de jeu. En début de partie, le joueur pourra choisir son arme mais également la particularité de son vaisseau. Il pourra ainsi prioritiser la vitesse, la défense ou l’attaque. On notera qu’il est d’ailleurs possible de customiser intégralement son véhicule, esthétiquement également, avec les nombreux éléments déverrouillés. Amusant, à défaut d’être très poussé.

Pour remporter les parties, il faudra maîtriser ses aérofreins.

Côté gameplay, l’offre est donc solide, même si encore une fois, Pacer a du mal à se démarquer des autres jeux du genre. Le cahier des charges est bien rempli et de surcroit, les sensations de vitesse sont bel et bien là. Le contenu du jeu est également plutôt généreux au vu du prix auquel il est vendu (un peu moins de 40€). On retrouve du multijoueur en ligne, mais pas de local malheureusement. Le mode carrière offre lui son lot de défis et grand prix. La durée de vie du jeu est très solide, mais le mode solo n’est pas forcément des plus excitants non plus… On tourne vite en rond sur la quinzaine de (très chouettes) circuits du jeu, les défis sont variés mais tous ne se valent pas forcément et surtout, le jeu manque cruellement de mise en scène. Il faudra passer ici par des menus très peu ergonomiques pour passer d’un défi à l’autre, sans aucune introduction au préalable. Malgré ces petits désagréments, on a toutefois bien la sensation d’en avoir pour son argent.

Les décors sont soignés et dans l’ensemble très variés.

Esthétiquement, le jeu fait également mouche. Avec ses graphismes très soignés, il passerait presque pour un titre next-gen, et ce même si certains éléments des décors ne sont pas toujours au même niveau que le reste. L’optimisation est parfaite : pas un ralentissement à l’horizon, pas un seul bug non plus. C’est toutefois surtout grâce à sa direction artistique très inspirée que le jeu tire son épingle du jeu, avec des décors parfois époustouflants, de superbes effets visuels et une DA à tomber. Les développeurs s’y connaissent d’ailleurs en terme de level-design. Chaque niveau semble avoir eu droit à une attention toute particulière. Les décors sont vivants, dégagent tous une atmosphère très particulière et partent parfois dans des délires complets. La bande son du jeu à l’inverse, manque cruellement de personnalité. La BO du jeu est énorme avec ses 80 morceaux. Mais elle manque cruellement de charme, le mixage est décevant et surtout ça manque vraiment d’entrain.

Conclusion

Avec Pacer, le studio britannique R8 Games livre un clone presque complet de Wipeout. Rien de surprenant puisque le titre a été développé par des anciens de Psygnosis… On reprochera clairement à ce Pacer un certain manque de personnalité. Le titre de R8 Games remplit toutefois parfaitement son cahier des charges avec son gameplay nerveux et technique, sa réalisation soignée et son contenu très généreux. On tient là le digne successeur de Wipeout! Et, bonne surprise pour les amateurs de jeux de courses futuristes, le jeu n’est vendu que 40€. Un prix très respectable pour un titre étonnamment ambitieux. Tout n’est pas parfait, certes. On lui reprochera ses menus peu ergonomiques, le manque d’entrain de son mode solo et sa bande son qui manque de personnalité. Mais pour un premier essai, le résultat n’en reste pas moins très impressionnant. 

Pacer

8

Gameplay

8.5/10

Contenu

8.0/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

6.5/10

Finition

9.0/10

Les + :

  • C'est fun, nerveux, technique : le gameplay est au poil
  • Une réalisation de haute volée
  • Une finition irréprochable
  • D'excellentes sensations de vitesse
  • Un prix doux (- de 40€)

Les - :

  • Une bande son qui manque d'ambition
  • Un mode solo pas très excitant
  • Les menus, très mal pensés
  • Pas de multi en local