Test – Valheim : quand Minecraft se mêle aux vikings

Sans crier gare, Valheim est arrivé en ce mois de février avec de jolies promesses. On n’en attendait pourtant pas énormément, mais cette petite production indépendante pourrait bien s’imposer comme une référence du jeu de survie…

Si de très nombreux jeux indépendants parviennent à convaincre presse et public, rares sont toutefois ceux qui s’imposent comme le must-have d’une époque. On se souviendra de quelques titres comme Spelunky, Hollow Knight ou encore CupHead, qui sont aujourd’hui considérés comme des incontournables. On pensait cette époque révolue, tant les faveurs de tous semblent aller vers des jeux AAA aux ambitions et moyens hors-normes. Qu’à cela ne tienne, cette affirmation semble démentie depuis la sortie d’un certain Valheim.

Dire que Valheim a rassemblé des millions de joueurs en à peine quelques semaines est un doux euphémisme. Le titre de survie, développé par le petit studio suédois Iron Gate AB, a battu de très nombreux records en très peu de temps. En seulement quinze jours, Valheim comptait déjà plus de 2 millions de joueurs (et le double en un mois) et 500 000 joueurs en simultané sur Steam. Le bouche à oreille aura donc suffi à faire de ce titre un succès incroyable, acclamé par des millions de joueurs adeptes de la chasse au sanglier. Rassembler les foules est une chose, mais convaincre la presse en est une autre.

Disponible en accès anticipé depuis désormais un mois, Valheim plonge le joueur dans un univers pas méconnu des fans : les vikings. Surfant sur le succès récent d’Assassin’s Creed Valhalla, Valheim compte bien proposer au joueur l’immersion la plus complète au sein de l’univers nordique. Pour ce faire, vous serez plongé directement dans la peau d’un viking envoyé à Valheim par les Valkyries pour sauver cette terre. Le problème, c’est que Valheim est infesté de créatures malfaisantes et d’ennemis des dieux. Vous allez alors vous réveiller au beau milieu de nul part, avec comme seule arme votre ingéniosité.

A la manière d’un Minecraft, vous allez pouvoir construire la base de vos rêves et vous y reposer durant la nuit.

En effet, Valheim se présente comme un pur jeu de survie. En partant de rien, vous allez devoir récupérer bois et pierres pour vous façonner votre premier accessoire, une hache, et donc amasser le plus de ressources possibles. Le but ? Vous devez construire un abri, dans lequel vous intégrerez un établi, un lit et du feu pour vous reposer mais également réapparaître si vous veniez à mourir. Les possibilités de construction sont tout simplement énormes compte tenu de l’état d’avancement du titre. Si les matériaux de construction ne sont principalement fait que de bois et de chaume, vous allez très vite vous rendre compte que vous pourrez créer le bâtiment de vos rêves. Ainsi, les options de construction sont nombreuses, et se multiplient à mesure que vous progressez et avancez dans les différents âges. On regrettera toutefois un manque de précision criant dans la pose des pierres et autres objets de construction. Si un certain magnétisme permet d’assembler plusieurs objets à la suite pour y mettre de l’harmonie, il se révèle parfois très difficile de placer correctement les pièces sans devoir casser d’autres à côté.

Comme dans tout jeu de survie, la progression et le quotidien de votre personnage sont des éléments clés de votre aventure. Permettre à votre personnage d’améliorer ses différentes compétences est primordial, et le sentiment d’évolution est bien présent. Ainsi, au fur et à mesure que vous vous entraînerez à nager ou courir, votre personnage gagnera en expérience et ira de plus en plus vite ou se battra plus efficacement. Il en va de même pour la taille du bois ou la pêche. Plus vous taillerez du bois ou pècherez, plus votre personnage sera performant comme bucheron ou pêcheur et plus vite il ira. Certes, ce sera énormément de temps passé à améliorer son personnage, mais vous le verrez, le temps passe très vite lorsque l’on joue à Valheim.

Donnée clé durant votre aventure, le temps sera constamment à prendre en compte. En effet, votre personnage va devoir se substanter au risque de voir son endurance baisser et donc ses attaques affaiblies. Ainsi, il vous sera recommandé de régulièrement cuire des aliments afin de les manger, mais vous ne pourrez ingurgiter plusieurs fois le même aliment. Ainsi, au lieu de cuire trois morceaux de sanglier, vous allez devoir allier trois aliments différents pour améliorer votre endurance et récupérer plus vite en santé. Le concept est assez étrange sur le papier, mais se justifie plutôt bien car il oblige le joueur à chasser et trouver les richesses dont regorge Valheim. L’eau est omniprésente dans votre monde, mais vous ne pourrez la boire. Les développeurs ayant étrangement décidé de faire l’impasse sur les besoins en hydratation de notre personnage. La température sera également à prendre en compte, puisque si votre personnage a trop froid, son endurance s’en verra drastiquement réduite. Libre à vous alors de vous réchauffer dans votre foyer ou de vous créer une tunique digne de ce nom.

Les combats de boss et et les combats en général sont plutôt réussis et requièrent d’améliorer ses compétences au préalable.

Qui dit jeu de survie, dit obligatoirement affronter les dangers de la nature. Et des dangers, Valheim en regorge. Que ce soit des petits sangliers qui vous attaqueront dès que vous vous approcherez trop, ou les gobelins très offensifs, toutes les autres créatures semblent se liguer contre vous. Les différentes armes et armures que vous façonnerez vous permettront de vous défaire de ces viles créatures, mais également de vous préparer au gros point de Valheim : ses boss. Issus de la mythologie nordique, ces énormes monstres disposent de pattern terriblement bien imaginés et dévastateurs. Il faudra alors faire preuve d’ingéniosité pour arriver à bout de ces ennemis, dans des affrontements lors desquels on ne s’ennuie pas un seul instant. Le seul reproche que l’on pourrait faire au titre est que sa caméra est trop mal calibrée. Que ce soit lors desdits affrontements ou même lorsque l’on se balade au sein de notre construction, la caméra semble vite partir dans les choux et ne plus être capable de suivre correctement le joueur et de regarder devant soi.

Si vous pouvez évidemment profiter de cette immense planète pour vous tout seul, l’intérêt de Valheim réside grandement dans la possibilité d’explorer cette terre à plusieurs. Aussi plaisant en solo qu’en multi, le titre propose une aventure dont on ne se lasse à aucun moment et que l’on prend plaisir à explorer avec un ou des amis. Il est même vivement conseillé de se retrouver à plusieurs, car la solitude peut parfois être pesante si on ne passe son temps qu’à chasser et pécher. Dans leur feuille de route, les développeurs ont promis de plus amples interactions multijoueur pour les mois à venir. On ne demande qu’à voir.

Si vous pouvez évidemment jouer seul et affronter les dangers de Valheim en solitaire, l’expérience multijoueur apporte un vrai plus et une dimension différente au titre.

S’il y a un gros reproche que l’on pourrait faire à Valheim, c’est son manque criant d’explications. Vous êtes immédiatement plongé dans le grand bain, et sans n’avoir jamais joué à un jeu de survie, vous risquez de vous retrouver perdu au début de votre aventure. Seul un corbeau vous donnera quelques explications, mais sans toutefois vous guidez lorsque vous serez perdus. Les joueurs ayant déjà bien avancé dans leur aventure ne sont évidemment plus impactés par ce soucis, mais les potentiels futurs vikings qui débarqueront dans Valheim risquent bien eux aussi de se sentir perdus.

Valheim a beau donner l’impression d’avoir 20 ans de par ses graphismes très basiques et peu élaborés, il n’en reste pas moins très beau. Le côté pixel des végétations s’accorde magnifiquement bien à l’ambiance générale que propose le titre. Les effets de lumière proposés tantôt par le soleil, tantôt par la lune sont sublimes, et viennent magnifier des paysages tous plus surprenants les uns que les autres. Ainsi, le titre n’a pas à rougir face à certaines superproductions aux moyens bien supérieurs.

Sa direction artistique joue clairement en sa faveur. Les mondes, tous créés procéduralement, regorgent de surprises et de beautés au travers de leurs nombreux biomes. Chaque biome possède sa propre atmosphère et le passage d’un environnement à un autre est extrêmement réussi et plaisant. De plus, les nombreux effets météorologiques, tous plus réussis les uns que les autres, viennent sublimer ces paysages verdoyants ou sombres.

Malgré des graphismes très sommaires, Valheim propose une esthétique très réussie et des effets de lumière splendides.

Plutôt discrète, la bande originale de Valheim est paradoxalement une franche réussite. Les petits bruitages sont très réussis et viennent ajouter du contenu aux différentes actions ou combats, tandis que les mélodies ne sont jamais de trop et s’accordent idéalement au gameplay. Lorsque vous taillerez du bois ou pècherez, vous aurez droit à une petite musique douce qui retranscrit parfaitement le calme qui règne autour de vous. En revanche, dès lors que vous faites face à un ennemi, qu’un danger approche ou que les éléments se déchaînent, la BO s’emballent et apportent des mélodies tantôt rock, tantôt électro, tout en restant en parfait accord avec le gameplay.

Enfin, Valheim est en early access, et cela se ressent fortement lorsque l’on joue. Clairement pas destiné aux machines les moins performantes, le titre demandera pas mal de ressources à votre machine. Ainsi, les chutes de framerate peuvent se faire nombreuses, voire dérangeantes, tandis que le clipping est presque omniprésent. On ne reprochera toutefois pas aux développeurs de s’intéresser au problème, puisqu’un mode Vulkan est proposé pour diminuer les chutes de framerate et proposer une meilleure expérience. De plus, le titre n’est sorti que depuis un mois, on peut donc faire preuve de tolérance envers lui.

Conclusion

Très agréable surprise à sa sortie, Valheim a toutes les cartes en main pour devenir une des références du jeu de survie. Marchant sur les traces d’une Minecraft, Valheim nous emmène à la découverte de la culture viking et se distingue des autres jeux de survie par son réalisme poussé. Son univers enchanteur paraît doux et paisible, mais les mécaniques sont étonnamment solides et plaisantes. De la construction de votre abri aux effets parfois imprévisibles et inévitables de la nature, tout est fait pour proposer au joueur un défi réel, mais loin d’être insurmontable ni trop exigeant. Les univers, tous créés de manière procédurale, regorgent de recoins plus surprenants les uns que les autres et terriblement réussis visuellement, tantôt sublimés par des effets de lumière, tantôt ravagés par une météo capricieuse. Néanmoins, Valheim ne devra pas se reposer sur ses acquis et aura fort à faire pour espérer garder ses joueurs dans la durée. Quelques patchs devront résoudre les problèmes de finition comme le clipping, les chutes de framerate et les crashs, tandis que certains pans du gameplay mériteraient d’être approfondis et ajustés, à l’instar d’un manque criant d’explications ou d’une caméra trop capricieuse. Il faudra donc surveiller ce Valheim dans les mois et années à venir car le potentiel d’un très bon jeu est là…

Valheim

Gameplay 7.5/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.5/10
Finition 6.5/10
7.2

On aime :

Le côté survie bien présent malgré les apparences

Des mondes réussis visuellement malgré leur simplicité

Les possibilités de craft et de constructions

Un multi très plaisant, autant que le solo

Les combats de boss, une énorme réussite

On aime moins :

Une caméra capricieuse, surtout dans les bâtiments et en combat

Un manque criant d'explications

Quelques chutes de framerate et problèmes de stabilité

Un système de construction hasardeux