Lancée en 2018, la plateforme CookWork propose aux propriétaires de cuisine de louer leurs espaces, lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

Elodie Bouscarat avait déjà fondé Co-oking, qu’elle qualifie de “première cuisine partagée de Belgique“. C’est-à-dire un atelier de cuisine qui accueille des projets dans l’alimentation avec des indépendants dans le domaine. Comme “une sorte d’incubateur de projet, sans avoir de charge fixe“, explique-t-elle. En 2018, elle a lancé avec Karl Magnus la startup CookWork.

Une plateforme comme un “Airbnb”

D’un côté la plateforme offre la possibilité aux restaurateurs d’optimiser leurs espaces en gagnant un peu plus d’argent, et de mieux gérer leurs charges. De l’autre, l’offre permet aux entrepreneurs d’avoir des espaces de production “à moindre coût, et à moindre prix“, précise Elodie Bouscarat.
Un calendrier en ligne est proposé, comme sur Airbnb. Les restaurateurs peuvent indiquer les créneaux de leurs choix. “Cela peut-être des créneaux réguliers, comme ça peut-être certains jours de la semaine, ou seulement le soir ou le matin, tout est en modulable en ligne sur la plateforme“, souligne l’entrepreneuse.

L’inscription est gratuite pour qui veut proposer son espace. Les prix sont fixés par les loueurs. Quant à CookWork, la startup prend une commission sur la location.

Lorsqu’on questionne Elodie Bouscarat sur la confiance que le restaurateur doit donner à la fois à CookWork et à l’indépendant qui loue l’espace, elle nous parle de clauses et de contexte. Il y a effectivement une caution de garantie en cas de dégâts sur le matériel ou d’un éventuel problème de nettoyage. L’entrepreneuse a conscience que tout le monde n’est pas prêt à laisser sa cuisine en “libre-service”. “Mais je pense qu’avec le Covid, ça engage pas mal de monde à réfléchir à des modèles alternatifs“, précise-t-elle.

Une situation gagnant-gagnant

C’est suite au projet Co-oking, qu’Elodie Bouscarat constate une forte demande de “cuisine partagée” en Belgique. “Nous avons senti un peu le problème d’investir dans une cuisine“, explique la cofondatrice de CookWork. Pour donner un ordre d’idée, un four de bonne qualité peut monter jusqu’à 10 000 euros. Pour elle, “les petits entrepreneurs ne peuvent certainement pas se payer un atelier au démarrage“.

En faisant des recherches, l’entrepreneuse food constate que certaines cuisines ne sont pas utilisées à 100%. Le lien entre le manque d’espace des petits entrepreneurs et l’utilisation partielle d’autres cuisines est fait par les deux cofondateurs. Ils pitchent leur projet à l’incubateur wallon Digital Attraxion.

Un réseau belge culinaire

Il y a quand même une demande ailleurs qu’à Bruxelles, nous devions y répondre“, explique la cofondatrice. “La plupart sont déjà bien réservées à Bruxelles, ça répond notamment à la cuisine de livraison“, avoue-t-elle. Mais le modèle répond à des demandes très différentes. Comme à Gand, où un espace “de recherche et développement alimentaire” est disponible. “Il a du matériel hyper spécifique, pour faire des vapeurs spéciales, des fermentations des choses comme ça“.

En période de crise sanitaire, la startup propose des ateliers en ligne. “Nous utilisons nos chefs, notre réseau de chefs, et nous proposons des teams building en ligne de cuisine“. Ils réalisent des ramens, des mocktails, des cocktails ou même des chocolats. Au moment où la plupart des cuisines ont dû fermer leurs portes, l’entrepreneuse l’admet : “Il faut bien que nous nous réinventions“.