Quelques mois après sa sortie sur Switch, le jeu d’action aéronautique du studio All in! Games arrive sur consoles de salon et PC. Malgré son statut de petit jeu indépendant, Red Wings : Aces of the Sky parvient à apporter un peu de fraicheur avec sa direction cartoonesque et son univers inspiré de celui de la Première Guerre mondiale. 

Red Wings : Aces of The Sky nous plonge au cœur de la Première Guerre mondiale, alors que la Triple Entente et la Triplice s’affrontent tant sur le sol que dans les airs. Le joueur aura le choix de rejoindre l’un des deux camp et d’incarner le personnage historique de Baron Rouge du côté de la Triplice ou une nouvelle recrue du côté de la Triple Entende. Un choix qui aura évidemment un impact sur l’histoire. Le scénario de Red Wings : Aces of The Sky est étonnement intéressant mais très maladroitement mis en avant à travers des planches de BD peut intéressantes. Très clairement, ce projet a souffert d’un gros manque de budget.

Ingame, le scénario est mi de côté aux profits de l’action. Là-haut, on oublie qui est qui et qui fait quoi et on se préoccupe simplement d’abattre les ennemis. Alors certes, c’est la construction du jeu qui veut ça, mais c’est un peu dommage d’autant plus que les phases dans les airs sont plutôt longues. On n’a pas vraiment le temps de s’attacher aux personnages ni de creuser l’intrigue. Les missions sont d’ailleurs introduites sans réel lien avec ce qui était raconté précédemment, par quelques phrases durant la fenêtre de chargement. Plus triste, la répétitivité est de mise dans chacune d’elle : il faudra, à chaque fois, se contenter d’éliminer les vagues d’ennemis ou de détruire certains dirigeables. Ne cherchez pas de diversité, il n’y en a pas ou que très peu.

Le scénario du jeu a du potentiel, mais il est largement sous-exploité.

Dans les airs, il faudra évidemment repousser les ennemis en canardant leurs appareils, ainsi que défendre certains points stratégiques tout en faisant attention à son propre engin. Outre les balles et les obstacles, il faudra également prendre en compte sa réserve de carburant. Cela ajoute une difficulté en plus, même si dans les faits, on s’en sort plutôt bien avec le plein de base, mais au cas où, passer à travers un cerceau « essence » règlera le problème.

La prise en main de notre avion est plutôt simple, même s’il faudra un petit temps d’adaptation pour intégrer que le joystick droit ne permette pas de gérer la caméra, mais d’accélérer ou de décélérer, alors que le joystick gauche permet de diriger notre avion. Le jeu est accessible et les débutants n’auront aucun mal à s’y plonger. C’est d’ailleurs sans doute sa plus grande force. Il adopte toutefois une direction très arcade, avec des boutons de raccourcis attribués aux touches de la manette, qui permettent d’effectuer un virage de dégagement par exemple ou d’éliminer un ennemi en utilisant une compétence spéciale, qui nécessitera un petit temps de rechargement avant d’être à nouveau utilisée. Ces compétences seront bien utiles pour éviter les balles ennemies, demander de l’aide ou éliminer plusieurs cibles en groupe. Au fur et à mesure, le joueur pourra débloquer de nouvelles compétences grâce aux scores qu’il a faits sur le terrain. Un score qui repose en grande partie sur le temps mis pour accomplir une mission. Pour progresser, il faudra faire des temps records pour dérocher suffisamment d’étoiles et pouvoir débloquer de nouvelles compétences. Cela aura pour effet de pousser le joueur à refaire plusieurs fois les mêmes parcours sans saveur. Un concept qui ne joue évidemment pas en la faveur du jeu qui pousse à rejouer inlassablement des niveaux qui se ressemblent déjà beaucoup.

Le titre est très accessible dans son gameplay.

Côté gunfights, le jeu est plutôt nerveux avec une mitrailleuse qui se dirige assez facilement mais doit se recharger entre chaque salve. Il est possible de réaliser des combos en alignant plusieurs ennemis d’affilée. L’ennui, c’est que si les affrontements sont plutôt funs, les ennemis ne représentent pas de vrais dangers et arrivent toujours par vagues depuis des endroits éloignés. Inutile de le préciser : on finit vite par se lasser des gunfights. Au fil de la cinquantaine de missions, le jeu ne se renouvelle pas vraiment. Le plus souvent, il faut simplement abattre les ennemis qui arrivent par vague ou protéger des ballons d’observation en … abattant les ennemis qui arrivent par vague. À côté de cela, on trouve également des missions « challenges » qui consistent à passer à travers plusieurs cerceaux-essence pour réussir à finir le niveau et des missions de bombardement. Ca a le mérite de varier les plaisirs, mais lesdites missions se révèlent dans l’ensemble peu intéressantes.

Quant aux différents soutiens, ces derniers n’en sont pas réellement. En dehors des phases d’élimination actionnées par le joueur, les autres pilotes contrôlés par l’IA sont plutôt inutiles et ont surtout tendance à éparpiller les ennemis plutôt qu’à les abattre.

Ceci étant dit, les passionnés de la Première Guerre mondiale seront très certainement ravis de pouvoir débloquer de nouveaux avions historiques. Pour les autres, cela ne change pas beaucoup. On ne ressent pas une réelle différence en pilotant tel ou tel engin et tous sont loin d’être des plus agiles. Une réalité historique peut-être, mais fort peu agréable.

On appréciera aussi la possibilité de pouvoir jouer à deux, même si au demeurant, cela ne changera pas grand chose à notre verdict sur le jeu. Très clairement, on aura toujours cette sensation de jouer à petit jeu sans grande prétention. Il ne fallait en soi probablement pas en attendre plus de ce titre sympathique mais qui manque cruellement de profondeur et qui est vendu à un tarif relativement bas (19,99€).

Dans l’ensemble, le jeu est joli, bien qu’assez pauvre en décors.

Côté réalisation, le jeu arbore une esthétique cartoonesque plutôt réussie. On peut d’ailleurs profiter de quelques plans très réussis avec le coucher du soleil ou des monts enneigés, mais on n’a évidemment pas vraiment le temps d’en profiter. Les décors sont tout de même assez pauvres, et ce, même si les développeurs ont tenté de faire apparaitre des traces de la guerre dans les décors, avec des bateaux de guerre ici et là et des tranchées, mais c’est tout de même fort léger. Le rendu des nuages n’est également pas très glorieux, avec zéro effet de particule. Une fois que l’on passe dedans, impossible de savoir où l’on se trouve ni ce qui nous attend de l’autre côté, c’est la surprise assurée. S’il n’est donc pas vilain esthétiquement, Red Wings est loin d’être une réussite.

Conclusion

Red Wings : Aces of The Sky est un jeu de combats aériens qui a le mérite de nous proposer un contexte unique : celui de la Première Guerre mondiale. S’il séduit avec son ambiance rétro et son esthétique cartoonesque, le jeu peine à convaincre au niveau de sa réalisation. Le scénario est très maladroitement mis en scène à travers des bulles de bande dessinée, les décors sont pauvres en détails et la structure des missions est toujours la même. La cinquantaine de missions que vous parcourrez dans l’aventure solo se ressemblent toutes. Il sera principalement question de protéger des ballons d’observation et de venir à bout des vagues d’ennemis. S’il est accessible et plutôt fun à prendre en main, le titre montre vite ses limites, la faute à une structure qui n’évolue que très peu. Si les amateurs de dogfights lui donneront peut-être sa chance, au vu de son prix (19,99€), Red Wings ne devrait malheureusement pas marquer beaucoup d’esprits. 

Red Wings : Aces of The Sky

5.9

Gameplay

6.5/10

Contenu

5.5/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

5.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Un scénario inspiré de la Première Guerre mondiale
  • Une solide durée de vie
  • La direction artistique cartoonesque
  • Accessible et plutôt plaisant à jouer

Les - :

  • Un mode solo pauvre
  • Un scénario guère passionnant
  • La répétitivité des missions
  • Une bande son sans personnalité