Huit ans après Torchlight II, le studio américain Echtra Games livre enfin le troisième volet de la saga. 

Le moins que l’on puisse dir, c’est que le développement de Torchlight III n’a pas été de tout repos. Annoncé en août 2018, Torchlight III – anciennement baptisé Frontiers – était initialement attendu pour novembre 2019. Or, ce n’est finalement qu’au mois d’octobre 2020 que le jeu est sorti dans sa version finale, un changement de stratégie des développeurs, un changement de studio – Runic a en effet mis la clé sous la porte – et un early access de plusieurs mois plutôt compliqué. Au cours du développement du jeu, le studio Echtra Games, fondé par des anciens de Runic, avait par ailleurs indiqué avoir abandonné ses ambitions de faire de ce troisième volet un MMORPG au profit d’un titre fidèle aux deux premiers Torchlight.

Ce nouveau hack’n’slash prend donc racines sur les bases solides de Torchlight I et II, sortis en 2009 et 2012. Les deux premiers volets de la saga avaient en effet rencontré un joli succès.

Le scénario n’est clairement pas au centre de l’aventure.

Torchlight III est un hack’n’slash pur et dur qui rappelle énormément des licences telles que Diablo ou Path of Exile – les développeurs ne se sont jamais cachés de s’en être inspirées. Le jeu prend vie dans un univers high-fantasy des plus colorés dans lequel le joueur devra évidemment combattre les forces du mal. Le scénario est loin d’être au centre de l’aventure, il est en effet totalement anecdotique et c’est bien dommage. On aurait tout de même préféré une histoire un peu plus conséquence et originale ou tout du moins plus présente dans le jeu. Ici, on se retrouve simplement à exécuter les missions données par les PNJ sans se poser de questions…

Passons cette déception pour nous concentrer sur les personnages. Les développeurs ont opté pour de nouvelles classes, comme ce fut le cas avec Torchlight III. Les joueurs vont donc pouvoir choisir un nouveau personnage parmi le Tireur, le Mage, le Forgé ou le Ferrailleur. Une sélection éclectique qui a le mérite de sortir de l’ordinaire – en dehors du mage, bien entendu. Le Forgé est certainement celui qui sort le plus de l’ordinaire puisqu’il s’agit d’une sorte de mi-chauffage d’antan mi-robot au style speampunk. Le résultat est vraiment sympa, le personnage fonctionne plutôt bien – comme les autres –, mais celui apporte vraiment une originalité au titre. On a un peu l’impression de jouer avec l’un des personnages de la Belle et la Bête, mais version steampunk et combative.

La jauge de mana a laissé place à un système de pression qui, une fois rempli, empêche le Forgé de faire certaines attaques. Ce dernier peut tout de même relâcher la pression grâce à une attaque puissante.

Mais l’originalité du titre ne s’arrête pas là. Le personnage du Ferrailleur se défend plutôt bien, lui qui peut faire apparaitre un train et des rails pour attaquer ses ennemis. Un concept pour le moins étonnant qui se démarque plus par son originalité qu’autre chose. On notera également que les joueurs pourront de nouveau personnaliser leur héros/héroïne, mais encore une fois, les possibilités sont tellement limitées qu’on se demande si cela sert vraiment à quelque chose. De plus, le fait de ne pas pouvoir faire tourner le personnage sur lui-même est assez ennuyant.

Enfin, de toute manière, sur le terrain, les personnages restent plutôt classiques dans leur manière d’attaquer puisque leurs attaques se font plutôt à distance. On regrette ainsi qu’il n’y ait pas de paladin ou de barbare pour aller plutôt au corps à corps avec les ennemis. D’ailleurs, au final, quatre choix de personnages, ce n’est tout de même pas beaucoup. Runic en proposait plus dans les précédents volets, de même que pour les familiers.

Oui, les joueurs pourront une nouvelle fois compter sur un familier pour les aider dans leur mission. Là encore, le choix de base est plutôt limité par rapport à Torchlight I et II, mais les propositions sont tout de même originales. On pourra ainsi se balader avec un Alpaga à ses côtés, plutôt classe. Le joueur pourra également choisir entre un hibou ou un chien. Il pourra également en débloquer par la suite.

Bien qu’assez classique, le jeu propose tout de même quelques idées originales, notamment avec les personnages du Forgé et du Ferrailleur.

Pour ce qui est du gameplay en tant que tel, Torchlight III reprend des éléments de nombreux genres. On se retrouve ainsi face à un hack’n’slash, un dungeon crawler – dans la plus pure tradition de Diablo -, de l’action-aventure et du RPG. Le tout fonctionne parfaitement bien et le jeu propose quelques bonnes idées.

Tout d’abord, la prise en mains est très facile. On comprend rapidement comment le tout fonctionne, d’ailleurs on pourrait se dire que c’est un peu trop simple – nous n’avons testé que le mode normal, mais tout de même. De manière générale, l’expérience de jeu est fort classique, voire beaucoup trop.

On se laisse porter par les différentes missions plutôt courtes qui prennent souvent la forme de quêtes Fedex. On va à un point A tuer tous les monstres ou récupérer tel ou tel objet et on revient à la base livrer notre paquet. C’est aussi simple que ça. Chaque mission manque de substance – comme le scénario – et ne sert que de prétexte à l’exploration de la carte et aux massacres des ennemis.

Or, l’exploration des différentes zones et autres donjons ne sera pas particulièrement réjouissante. Le level-design est en effet ce qui fait défaut au jeu puisqu’il n’est qu’une succession de zones de taille moyenne et labyrinthiques. Ajoutez à cela des couloirs peu visibles et une carte peu lisible et vous vous retrouvez assez souvent à tourner en rond et à vous demander comment atteindre votre objectif. C’est particulièrement dommage que les développeurs se soient plantés à ce niveau, surtout en comparaison des deux premiers volets.

Les boss ne sont pas particulièrement brillants ni mémorables.

Pour ce qui est des combats, comme nous l’avons déjà dit, le jeu ne propose pas grand-chose d’excitant. Outre le fait que ça soit un hack’n’slash, on s’ennuie quelque peu. L’absence de personnage pensé pour le corps à corps est vraiment dommage. Le bestiaire ne viendra pas relever le niveau puisque cela sera plutôt limité. Quant aux boss, on dirait des punching-ball animés… Si les jeux vidéo n’ont plus aucun secret pour vous, passer directement au mode difficile – au minimum -, histoire d’avoir un peu de challenge.

Au fur et à mesure de son évolution, le joueur pourra débloquer de nouvelles attaques et compétences, comme dans tout bon RPG. Rien de neuf sous le soleil, mais comme nous l’avons déjà dit, le jeu se démarque tout de même grâce à des attaques qui sortes de l’ordinaire (le train). Cependant, en comparaison à ce qu’offraient Torchlight I et II, les compétences des personnages semblent avoir été revues à la baisse, de même que les statistiques… Le tout semble avoir été simplifiée et c’est vraiment dommage.

Torchlight III propose tout de même une nouveauté, le Fort. Le joueur pourra en effet aménager son propre espace en allant farmer des ressources (casser des rochers, couper du bois, extraire de l’or) pour construire tel ou tel objet de décoration. Cet aspect du jeu manque malheureusement d’intérêt, on ne comprend pas trop ce que cela fait dans un hack’n’slash, d’ailleurs.

Contrairement à ce qui avait été annoncé initialement et à ce qui était proposé durant l’early acces, le joueur pourra profiter de son aventure en solo (hors-ligne) ou à plusieurs, en ligne. Malheureusement, nous n’avons pas eu la chance de profiter de ce second mode puisqu’aucun joueur ne semblait disponible pour nous aider dans notre tâche, mais sachez qu’il est possible d’évoluer jusqu’à 4 joueurs en ligne.

On retrouve la même direction artistique cartoonesque des deux premiers volets.

On retrouve évidemment la direction artistique cartoonesque propre à la franchise. Une bonne nouvelle pour les fans. Le charme et le côté décalé de cet univers sont donc toujours de la partie. On est loin d’être devant un chef d’œuvre, mais ce n’est pas si grave. On se laisse en effet embarquer dans cet univers coloré et enfantin propre à Torchlight. Alors évidemment, quand on y regarde de plus près, ce n’est pas toujours très joli, ça manque de textures ici et là, mais dans l’ensemble, c’est tout à fait correct et c’est beaucoup plus joli que Torchlight II.

Les décors sont plutôt diversifiés, surtout au niveau des actes. En revanche, le bestiaire manque cruellement de diversité. On se retrouve souvent face aux mêmes ennemis (gobelins et rats) et ça ne se renouvelle qu’un tout petit peu dans la suite de l’aventure.

On pourrait tout de même reprocher un manque de visibilité pendant certains combats, ainsi que l’apparition de décors qui nous cachent la vue, et ce, même s’ils s’effacent de temps à autre. Ce manque de visibilité se retrouve également dans les interfaces. Les descriptifs des objets s’affichent sur les objets que l’on est en train de regarder, de sorte qu’on ne sait plus très bien lequel on a sélectionné et cela peut mener à détruire des objets pas si mauvais que cela.

À côté de cela, les quelques petites cinématiques qui servent surtout à introduire les nouveaux monstres et boss sont plutôt sympas, même si elles cassent quelque peu la dynamique du jeu.

Enfin, côté ambiance sonore, le jeu livre quelque chose de tout à fait correct, avec bruitages cohérents, mais surtout des musiques épiques signées Matt Uelmen, le compositeur des musiques sur Diablo. L’ambiance musicale est en vrai plus. On a en revanche était particulièrement étonné de voir que les voix off n’étaient pas toujours sous-titrées ni en anglais ni en français. Cela pourrait évidemment poser problème pour certains.

Dernier point et non des moindres, là où les deux premiers volets étaient proposés à des tarifs compétitifs, Torchlight III est facturé plein pot à 39,99€. Rappelons-le, à l’origine, il était censé être un free-to-play. Le titre a subi les ravages de plusieurs refontes et n’est aujourd’hui pas du tout au niveau qu’on attendait de lui. Inutile de le préciser : l’addition est plutôt salée!

Conclusion

Après un développement difficile et un changement de système économique, Torchlight III est enfin là. S’il aura pris tout son temps pour sortir, Torchlight III n’est pas forcément une bionne pioche. Pensé initialement comme un free-to-play, voire un spin-off, le titre a été reconditionné en urgence en une suite. Dans la plus pure des dungeon crawkers, Torchlight III est un hack and slash old school qui se joue de préférence à quatre en ligne. L’ennui, c’est que le titre souffre d’un level-design très pauvre, d’un système de combat basique et d’un gameplay un peu mollasson. Comme s’il n’avait pas pu évoluer avec son temps… A travers ses épreuves, Torchlight III semble avoir perdu son âme. Les fans pourront tout de même se consoler en se disant que l’essence du jeu a été conservée. On retrouve la direction artistique cartoonesque du jeu, son humour décalé et quelques idées originales, mais l’expérience générale reste malgré tout très classique. A 39,99€, la pilule risque d’être difficile à avaler. 

Torchlight III

6.1

Gameplay

5.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

6.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Une direction artistique colorée et cartoonesque
  • Amusant à quatre
  • La présence de familiers
  • L'humour Torchlight toujours présent

Les - :

  • Un gameplay trop basique
  • Une lisibilité parfois limitée
  • Le manque de sous-titre et de traductions
  • Un level-design très pauvre
  • Un prix fort (40€) injustifié