Lancé en accès anticipé il y a bientôt deux ans sur l’Epic Store, Hades débarque enfin en version définitive sur PC et Nintendo Switch. Le titre annonçait déjà de très bonnes choses, mais qu’en est-il à sa sortie? 

Les jeux qui ont fait de la mythologie leur trame principale ont le vent en poupe depuis quelques années. Après Assassin’s Creed Odyssey et God of War qui faisaient respectivement la part belle aux mythologies grecques et nordiques, c’est au tour d’Hades de revisiter les mythes olympiens. Un jeu aux accents très japonisants, développés par des Américains et contant des récits grecs : un mélange qui pourrait surprendre et qui pourtant fait mouche.

Evoquons tout d’abord le scénario qu’est celui d’Hades. Zagreus, fils du maître des Enfers, tente d’échapper au joug de son père afin de rejoindre le reste de sa famille qui réside sur le Mont Olympe. Malheureusement, le prince devra parcourir de très nombreuses chambres dans le Tartare et affronter les âmes déchues mises en travers de son chemin par son père.  Seul problème : le niveau de ses ennemis se retrouve très vite plus élevé que prévu, et Zagreus se retrouvera vite mis à mal. Il devra alors repasser par l’entrée des Enfers où l’attendra son père.

Dans son périple, Zagreus rencontrera de nombreuses divinités grecques, à l’image de Zeus, Artémis ou Aphrodite, mais également certains des plus mythiques héros hellènes. Achille restera d’ailleurs dans le hall d’entrée des Enfers et vous soutiendra psychologiquement dans votre périple, tandis que vous croiserez Sisyphe, au détour d’une chambre, qui s’octroie une pause dans sa dure labeur. Le lore de la mythologie est parfaitement respecté, avec une jolie réinterprétation visuelle des différents dieux et héros.

Enfers oblige, il est presque impossible d’en échapper. Afin d’empêcher les âmes tourmentées de remonter à la surface, Hades a mis en place un gigantesque labyrinthe au sein de son royaume. Divisé en paliers, ce labyrinthe est formé de chambres en perpétuel mouvement et changement, et ce afin d’empêcher tout individu de cartographier les lieux et de facilement en sortir. Un scénario idéal pour le style roguelike, où la mort fait partie intégrante du jeu. Zagreus étant par ailleurs un dieu, il ne mourra vraiment jamais et reviendra de manière perpétuelle à l’entrée des Enfers. Une construction qui peut par ailleurs paraître répétitive, tant le joueur verra régulièrement les mêmes lieux et personnages. Néanmoins, on sait ce que les mécaniques du roguelike incombent. Les niveaux sont renouvelés constamment, au même titre que les ennemis. La répétitivité passe ici au second plan, tant le joueur ne s’ennuiera pas un instant.

Le jeu propose une très jolie révision de la mythologie greco-romaine.

Précisons d’ailleurs qu’Hades n’est pas réellement un roguelike. En effet, on évoquera plutôt ici un roguelite, où la progression n’est pas totalement perdue après la mort. Là où un roguelike ramènera le joueur à son point départ en ayant perdu définitivement ses améliorations, un roguelite n’abandonne pas totalement le joueur. Ainsi, les différents bonus et armes acquis durant votre progression restent vôtres, afin de faciliter la progression dans les différents niveaux.

Outre des personnages fort charismatiques et très réussis, Hades offre de sublimes environnements. Parcourir les différentes chambres du Tartare s’avère étonnamment agréable, tant les couleurs sont vives et claires et qu’elles tranchent avec l’ambiance telle qu’on la connaît aux Enfers. Les environnements parviennent sans mal à se réinventer, sans jamais lasser le joueur, même après de nombreuses morts, notamment grâce à un bestiaire très conséquent.

Zagreus croisera sur son chemin de très nombreux ennemis. Inspirés des mythes grecs, ces ennemis, à la puissance et aux pouvoirs variés, apporteront un réel défi. Les Mufles, par exemple, sont de “grosses dames” qui fonceront vers vous et vous infligeront de lourds dégâts. Les Skullomats envoient pour leur part quantité de crânes qui vous pourchasseront inlassablement. De plus, changer de palier viendra à renouveler intégralement le bestiaire, ce qui offre une très belle rejouabilité.

Chaque dieu olympien vous confèrera bonus et bienfaits durant votre périple.

Pour vous accompagner dans votre quête, les dieux vous accosteront afin de vous conférer bonus et autres bienfaits. Il faudra évidemment choisir judicieusement les bienfaits que les divinités vous octroieront, car cela a une très forte incidence sur la suite de votre parcours. A certains moments, deux dieux vous proposeront des bonus, avec le risque de subir le courroux du dieu dont vous avez refusé les bienfaits.

Ces bienfaits seront d’une importance capitale lors de votre progression, au même titre que les différentes armes. Si celles-ci sont peu nombreuses, elles parviennent très bien à elles-seules à renouveler le gameplay. L’épée est évidemment plus rapide à manier que la lance ou le bouclier, mais est également moins impactante dans ses coups.

Malgré une mise en scène très soignée des affrontements, on regrettera un certain manque de visibilité par moments.

Un gameplay nerveux, précis, addictif et qui varie en fonction de l’arme équipée et des bienfaits obtenus. Une recette qui marche et qui a fait ses lettres de noblesse sur un certain Diablo. Les combats s’enchaînent à un rythme effréné sans jamais lasser le joueur. Sur le champ de bataille, l’affrontement avec les ennemis est véritablement jouissif. Néanmoins, on regrettera une perte de visibilité une fois que le champ de bataille est surpeuplé et que les sorts et coups s’enchaînent. Si ça n’impacte en rien le plaisir du joueur, ça ne peut qu’être dérangeant, notamment lorsque les heures de jeu s’enchaînent.

Enfin, difficile de parler d’Hades et de ses donjons sans évoquer sa magnifique direction musicale. Les mélodies sont tout simplement sublimes et retranscrivent parfaitement l’ambiance des enfers ainsi que les différentes phases d’action. Chaque musique est pensé intelligemment afin de traduire ce qui se passe sur le champ de bataille. Les voix originales sont quant à elles excellentes. Chaque personnage voit son caractère parfaitement retranscrit dans sa voix. Zagreus possède par exemple une certaine nonchalance, et n’hésite pas à ironiser sur sa situation et le bazar qu’il engendre au sein du royaume de son père.

Conclusion

Avec son gameplay jouissif et nerveux, son scénario original et sa réalisation soignée, Hades est un des meilleurs roguelite de ces dernières années. Supergiant Games parvient ici à accrocher le joueur du début à la fin, sans jamais le lasser, en réinventant à chaque donjon le gameplay. Mentionnons également un level-design impeccable. Côté gameplay, les combats sont irréprochables, avec des commandes simples mais intuitives. Les enchaînements se font sans accro et combattre les ennemis est un véritable plaisir. On reprochera en revanche une certaine répétitivité au titre, rendue inévitable par le style roguelike. Rien de bien catastrophique en soi, tant Hades parvient à réinventer chaque visite des donjons. Les combats s’enchaînent sous une bande-son impeccable. Chaque mélodie est parfaitement adaptée à la situation. Enfin, difficile d’évoquer Hades sans parler de son scénario maîtrisé. Le point de vue du fils d’Hades, encore jamais adopté dans un jeu vidéo, permet de découvrir un pan, certes fictif, mais inconnu de la mythologie grecque. Hades est très clairement l’un des meilleurs jeux indépendants de ces dernières années et un très sérieux prétendant au titre tant convoité du GOTY. Cerise sur le gâteau, il ne faudra pas débourser plus d’une vingtaine d’euros pour mettre la main dessus!

Hades

9.1

Gameplay

9.5/10

Contenu

9.0/10

Graphismes

8.5/10

Bande son

9.0/10

Finition

9.5/10

Les + :

  • Une superbe direction artistique
  • Belle réinterprétation de la mythologie grecque
  • Un gameplay nerveux à souhait hérité d'un certain Diablo
  • Une excellente bande-son
  • Un prix doux (20,99€)

Les - :

  • Perd légèrement en visibilité lors des affrontements avec de nombreux ennemis
  • Une construction répétitive