Si la hype nous pousse à précommander une console pour son lancement, les consommateurs ont pourtant tout intérêt à attendre quelques mois avant de craquer… Explications. 

Les premières éditions ont souvent des défauts de fabrication

Le “red ring of death” aurait coûté plus d’un milliard de dollars à Microsoft.

Au cours de sa vie, une console de jeu a droit à plusieurs refontes. Des refontes qui sont parfois apparentes avec par exemple les modèles Slim chez Sony, ou les modèles “S” chez Microsoft, mais qui ne le sont parfois pas du tout visibles. Dans ce cas de figure, on parle de “séries”. Les premières consoles commercialisées ont souvent fait l’objet de défauts de fabrication qui sont corrigés ensuite, sur base principalement des retours des consommateurs. On pense ainsi à la Xbox 360, qui avait beaucoup souffert du RROD – le fameux “red ring of death”, une erreur fatale qui forçait un renvoi au SAV. Le RROD était causé par une surchauffe de la machine. Débordé par les renvois au service après vente, Microsoft avait rapidement mis sur pied une task force pour revoir la conception de sa machine, avec un effet positif sur les statistiques de son service après vente quelques mois plus tard. Et la Xbox 360 était loin d’être un cas à part. Il suffit de jeter un coup d’œil du côté de la Switch et de ses manettes défectueuses pour s’en convaincre. La majorité du temps, ces petits défauts de jeunesse sont corrigés avec le temps. Acheter sa console au prix fort au lancement, c’est prendre part à un bêta-test géant. Et ça, beaucoup l’oublient.

La plupart des jeux n’exploitent pas le potentiel des machines

Cyberpunk sur PS5 ressemblera certainement au Cyberpunk sur PS4.

Autre point important à prendre en compte : l’absence presque complète d’exclusivités au lancement. A chaque génération, c’est la même rengaine. Le line-up de jeux qui accompagne le lancement d’une machine est essentiellement composé de portages paresseux de titres déjà sortis sur l’ancienne génération de consoles.

Acheter la console en day-1, c’est donc payer très cher pour jouer à des jeux d’ancienne gen, avec quelques légers upgrades graphiques. Ne vous attendez pas à en avoir plein les yeux avec les versions next-gen de Cyberpunk ou Assassin’s Creed, si les versions next-gen ajoutent un peu de ray-tracing, ce sera déjà très bien. Le parc de consoles réduit pousse les éditeurs à rester très laxistes avec leur travail sur next-gen. On évite également pas les “bottlenecks” de début de génération. Comprenez par là que les jeux sont développés pour tourner sur l’ancienne génération avant tout, et que de légers upgrades sont appliqués sur next-gen. Pour avoir des titres qui exploitent réellement le potentiel des next-gen, il faut que la base de consoles installée soit suffisamment grande. Chose qui ne se produira pas avant 1 à 2 années. Les acheteurs sont donc condamnés à un nivellement par le bas jusqu’à ce que la masse critique permette à l’éditeur de s’abstenir de sortir le jeu sur l’ancienne génération de consoles.

Des exclusivités au compte-goutte

N’attendez pas le prochain God of War avant fin 2021, au plus tôt.

A l’exception de la toute première Xbox, qui disposait d’un line-up de folie, la plupart des consoles n’ont pas eu droit à de grosses exclusivités au lancement. Les titres développés pour le lancement d’une console sont souvent développés sur PC ou old-gen, avant d’être portés, tout simplement parce que les développeurs n’ont pas encore les kits de développement. Les premiers jeux next-gen ont donc l’allure de jeux old-gen. Et le plus souvent, les fabricants de consoles n’engagent pas des moyens colossaux dans ces développements. Il suffit de jeter un coup d’oeil aux line-up respectifs de la Xbox et de la PlayStation pour s’en convaincre. La suite de Spiderman sort un peu du lot, mais le titre aurait très clairement pu tourner sur une PS4 si on lui retirait son ray-tracing. La réalité, c’est qu’il faudra attendre une bonne année avant de voir enfin débarquer des jeux qui méritent le détour : God of War, Horizon sur PS5, Fable, Halo ou Forza sur Xbox Series. Inutile de rusher donc si c’est pour jouer à des titres auxquels vous pourriez de toute façon jouer sur votre console actuelle!

Le prix va baisser

Les prix des consoles baissent généralement dans les deux premières années suivant leur sortie.

A l’exception de la Switch qui a connu un succès retentissant dès sa sortie, et pour laquelle la demande n’a jamais baissé, toutes les consoles pratiquement sans exception ont vu leur prix baisser de façon significative au cours des deux premières années de leur exploitation. Moins elles se vendent au lancement, plus les prix sont susceptibles de baisser, c’est d’une logique implacable. Microsoft avait ainsi baissé le prix de sa première Xbox de plus de 100€ la première année de sa sortie. La plupart du temps, une baisse de prix intervient au cours des deux premières années. Le consommateur a donc tout intérêt à attendre.

Les offres les plus intéressantes surviennent après un an

S’il n’y a pas de baisse de prix la première année, les fabricants finiront au moins par proposer des bundles. La console est alors livrée avec un ou plusieurs jeux en bonus. L’objectif est clair : séduire un plus grand nombre de consommateurs pour écouler les stocks plus élevés de consoles. Après un an de commercialisation, les constructeurs ont atteint un rythme de production plus élevé, les stocks sont remplis et ils sont prêts à lancer de jolies promotions pour augmenter leurs ventes. Vous payez le même prix, mais vous avez droit à 1 ou 2 jeux en complément. Le plus souvent, des best-sellers.