Le premier Tennis World Tour avait reçu un accueil glacial de la part de la presse spécialisée. Deux ans plus tard, la série revient avec un nouveau volet enrichi en contenus et au gameplay totalement remanié.

Présenté comme le successeur de Top Spin, Tennis World Tour aura fait un joli tollé à sa sortie. Visiblement, ses créateurs n’avaient pas eu le temps de boucler le travail. Rempli de bugs, le jeu était loin d’être à la hauteur. Malgré l’absence de concurrents sur ce marché, il n’avait pas non plus rencontré un énorme succès. Pour cette suite, Breakpoint cède sa place à Big Ant, le studio qui se cachait derrière le sympathique AO Tennis, une autre simu de tennis qui s’était révélée un peu plus prometteuse.

Le studio Big Ant a entièrement revu la prise en main du jeu.

Les développeurs de Tennis World Tour 2 sont repartis d’une feuille blanche et ont choisi de concentrer leurs efforts sur deux aspects du jeu : la finition et le gameplay. Précisément, les deux bêtes noires du premier volet. Un choix intelligent. Côté finition, si le résultat n’est pas parfait, Tennis World Tour 2 a l’apparence d’un jeu bien fignolé. Les bugs sont peu nombreux et le jeu tourne sans latence. Côté gameplay, World Tour 2 s’inspire de son modèle Top Spin 4, avec un système de frappe qui est basé sur un appui long du bouton de tir. Comprenez par là qu’en maintenant appuyé le bouton de tir, le joueur peut “charger” sa frappe. Plus il laisse appuyer le bouton, plus le tir sera puissant, mais plus il y a de risques aussi qu’il le rate. Mine de rien, cela change complètement la donne car ce système a tendance à rendre les matchs beaucoup plus intenses et stressants. Les fautes sont plus nombreuses que dans la plupart des jeux de tennis et les matchs en multijoueur gagnent en intensité. Le gameplay est vraiment bien huilé et se rapproche de celui d’un Top Spin, même s’il n’est pas encore tout à fait au même niveau. On regrettera quelques animations douteuses et quelques petits ratés encore.

Le casting est assez léger.

Côté contenu, pas de gros changements en revanche. Tennis World Tour 2 se repose sur les acquis du premier épisode, avec un mode carrière efficace mais pas fou-fou non plus. La faute, en grande partie, à sa trop grande sobriété. On incarne ici un joueur débutant qui devra grimper les échelons du top 500 des meilleurs joueurs. Le joueur peut choisir à quels matchs et tournois assister, doit gérer son emploi du temps, et si vous avez récemment joué à une autre production sportive de Nacon, vous ne serez très clairement pas perdu. Ca fonctionne plutôt bien mais côté immersion, ce n’est pas génial. Le facteur narratif passe complètement au second plan.

Côté casting, on retrouve une trentaine de stars de la discipline, de Nadal à Federer. 25 hommes contre seulement 11 femmes. Cela reste un peu léger, d’autant plus que quelques grands noms sont toujours absents.

Avant d’aller plus loin, il convient également d’alerter les acheteurs potentiels sur un aspect très particulier du jeu : l’édition standard ne donne accès à aucun tournoi officiel. Il faudra pour ce faire repasser à la caisse pour acheter plusieurs DLC ou acheter l’édition Ace du jeu. Auquel cas vous pourrez accéder aux tournois légendaires de Roland Garros, Madrid et Halle. Ladite édition est tout de même vendue 20€ de plus, au prix plein donc… On s’en doute, les amoureux de la discipline investiront directement dans cette formule, celle à 39,99€ n’ayant finalement que peu d’intérêt sans ces jolies licences…

Esthétiquement, il y a encore du chemin à parcourir…

Du côté des nouveautés, on soulignera la présence des doubles qui ajoutent un réel plus. Tennis World Tour 2 montre toutefois sont vrai potentiel en ligne, contre des joueurs humains. Si son contenu reste très classique, on apprécie en revanche l’une de ses particularités : la présence de cartes qui permettent d’activer des compétences du joueur en plein match. Chaque joueur peut en équiper 5, l’une est passive, les autres ne sont utilisables qu’une seule fois. Les cartes en question donneront des bonus de précision, de puissance ou d’endurance au joueur. On perd en réalisme face à une simu pure, mais la formule fonctionne assez bien et permet d’ajouter une dimension stratégique aux duels. Malheureusement, qui dit cartes dit forcément achats in-app, même si ceux-ci ne sont pas indispensables.

Côté réalisation, cela reste léger. Les graphismes sont corrects, sans plus. On est très loin d’explorer le plein potentiel des machines pourtant en fin de vie. La bande son reste comme pour AO Tennis très sobre, avec des bruitages minimalistes et une ambiance pas fofolle dans le stade. Il y a très clairement encore beaucoup de chemin à parcourir avant que la série atteigne le niveau d’un Top Spin.

Conclusion

En l’espace de deux ans, les développeurs de Tennis World Tour 2 sont parvenus à corriger les deux principaux défauts du premier volet. Avec un gameplay affiné, désormais calqué sur celui de Top Spin et une finition presque irréprochable, Tennis World Tour 2 se positionne enfin comme un vrai prétendant au titre du meilleur jeu de tennis du moment. Certes, il n’y a pas beaucoup de concurrence, mais l’évolution est notable. Techniquement, World Tour 2 est loin de tirer parti des capacités des consoles actuelles, pourtant en fin de vie. Son contenu reste encore léger, d’autant plus qu’il faudra obligatoirement craquer pour l’édition Ace du jeu pour avoir accès aux trois tournois sous licence. La formule fonctionne toutefois enfin. Le studio Big Ant est reparti d’une feuille blanche pour ce second volet, en choisissant de se concentrer sur les deux plus gros défauts de son ancêtre. C’est encore loin d’être parfait, mais une grosse partie du chemin vient d’être parcourue. 

Tennis World Tour 2

6.6

Gameplay

8.0/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

5.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Un gameplay qui s'affine
  • A la fois fun et technique
  • Le système de cartes, qui ajoute une dimension stratégique
  • L'ajout des doubles
  • Plus de bugs!

Les - :

  • Une présentation très sobre
  • Un casting encore très léger
  • Un contenu léger sans le Season Pass
  • Techniquement, ça a 4 ans de retard
  • Des animations qui manquent encore de fluidité