Née en 1987, la série n’avait plus connu de nouvel épisode depuis la sortie de Box Office Bust, en 2009. 

Série légendaire d’Al Lowe, Leisure Suit Larry n’avait plus connu de nouvelle entrée depuis 2009, avec la sortie de l’abominable Box Office Bust, un opus en 3D qui faisait office de reboot de la franchise et avait reçu un accueil critique abominable. Près de 10 ans plus tard, le studio allemand CrazyBunch s’était donné le pari un peu fou de relancer la série avec une suite directe à Drague en Haute Mer. Sorti en 2018 sur PC, le jeu a aujourd’hui droit à son portage sur consoles. Une belle occasion de prendre le pouls, avant la sortie de sa suite, déjà annoncée!

Les dialogues sont très savoureux.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le studio allemand est parvenu à parfaitement s’emparer de la série, bien que son créateur, Al Lowe, ne soit pas impliqué dans ce projet. On retrouve tout ce qui a fait le succès des premiers épisodes de la série : des dialogues savoureux, beaucoup d’auto-dérision, un personnage attachant, des mécanismes de point & click et des décors en 2D dans l’ensemble très stylés.

Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à l’exacte réplique de Drague en Haute Mer. En près de 20 ans, les choses ont changé. Les développeurs ont d’ailleurs tenu à marquer le coup en faisant voyager Larry dans le futur. Dans cet épisode, Larry Laffer, un dragueur pathétique qui enchaine les rencards, se réveille avec une gueule de bois dans un environnement qu’il ne connait pas. Après être parvenu à s’extirper de ce curieux souterrain, il se rend compte qu’il a voyagé dans le temps – et qu’il a potentiellement été kidnappé par des aliens. Il retrouve le bon vieux bar qu’il a toujours côtoyé et malgré la situation alarmante, Larry n’a déjà plus qu’une idée en tête : draguer la seule cliente dudit bar, une “influenceuse” qui passe tout son temps sur les réseaux sociaux. Le cadre est planté : cette nouvelle aventure se déroule dans une époque contemporaine. Un pan tout entier du jeu repose sur l’usage des réseaux sociaux et des nouvelles technologies.

La patte graphique est plutôt réussie, mais la direction artistique manque de personnalité.

On retrouve avec plaisir l’humour caractéristique de la série, avec des dialogues souvent très savoureux, une bonne dose d’humour en-dessous de la ceinture et surtout, les bons vieux mécanismes de point & click, qui fonctionnent toujours aussi bien à la souris et sur un écran tactile (Switch), mais un peu moins bien au pad. Le joueur dirige Larry d’un stick, le curseur de l’autre. Celui-ci sert à interagir avec les objets et les personnages croisés. De façon générale, Leisure Suit Larry reste un point & click très accessible : il ne faut pas s’attendre ici à des énigmes trop compliquées ni à un véritable défi. Le jeu est une promenade de santé. Mais on s’y amuse et c’est quelque part l’essentiel.

Avec ses personnages colorés, son humour crado, les mimiques délirantes de Larry et sa personnalité de vieux dragueur invétéré, les joueurs passeront assurément un très bon moment. La formule a un peu vieilli et on regrette d’ailleurs le manque relatif de moyens de ce reboot, tant au niveau de la mise en scène ultra-minimaliste que de la direction globale du projet, qui reste fidèle à l’œuvre originale mais ne parvient pas vraiment à développer une véritable personnalité. C’est une suite de Drague en Haute Mer mais sans aucune réelle surprise. On aurait également aimé un peu plus de diversité au niveau du gameplay, qui se réduit ici à un point & click simplifié. Pas de mini-jeux à l’horizon ou de séquences plus délirantes, comme dans un “Magna Cum Laude”.

Le gameplay reste fidèle à la série, c’est un pur point & click.

Si la recette prend et l’humour fait mouche, on regrette que les développeurs n’aient pas été un peu plus ambitieux au niveau de la présentation. Des séquences d’animation auraient pu ajouter un très gros plus au niveau de la mise en scène. Dans le même esprit, le tarif de 39,99€ est difficile à justifier pour un jeu “efficace”, mais qui est loin d’être un triple-A.

Côté réalisation, Wet Dreams Don’t Dry s’en sort également plutôt bien avec de jolis environnements peints à la main, qui regorgent de détails mais manquent un peu de vie. La direction artistique est un poil moins inspirée avec des modèles en 2D peut-être un peu trop lisses pour la série… Sur ce point, Leisure Suit Larry semble avoir subi les ravages du temps. La censure est beaucoup plus présente de nos jours qu’il y a 20 ans. Que les fans se rassurent toutefois : l’humour est le même et il y a ce niveau pas à s’inquiéter sur le contenu du jeu.

Conclusion

Plus de 10 ans après sa dernière apparition, Larry Laffer revient dans un nouveau jeu, fidèle à l’ADN de la franchise puisqu’il s’inscrit dans la lignée des premiers volets de la franchise. On retrouve tout ce qui a fait le succès de la série : un humour décalé très en-dessous de la ceinture, un gameplay de point & click délicieusement old-school et des dialogues savoureux. Les fans seront aux anges. Si son humour fait mouche, Wet Dreams Don’t Dry déçoit toutefois au niveau de son contenu. La mise en scène du jeu reste minimaliste, les séquences de jeu manquent de variété et on ressent un manque global d’ambition. Côté réalisation, le titre est dans l’ensemble plutôt joli mais manque d’un peu de personnalité et se révèle un peu plus lisse que ses ancêtres. Ne boudons toutefois pas notre plaisir : cette nouvelle aventure de Larry Laffer est dans l’ensemble une belle réussite et une belle promesse pour une potentielle suite… 

Leisure Suit Larry : Wet Dreams Don't Dry

7

Gameplay

6.5/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Un humour qui fait mouche
  • C'est plutôt joli
  • Une prise en main plus efficace sur PC et sur Switch
  • Fidèle à l'esprit de Leisure Suit Larry

Les - :

  • Une mise en scène minimaliste
  • 39,99€, c'est un peu cher quand même
  • Un gameplay pas très adapté au pad
  • Une suite sans aucune surprise
  • La direction artistique manque de personnalité