Test – Wasteland 3 : l’Arizona dévasté

La licence initiée en 1988 revient une nouvelle fois d’entre les morts pour nous replonger dans un monde post-apocalyptique sans fioriture. Près de vingt plus tard, la magie est-elle toujours là ?

Avant d’arpenter les routes dévastées de l’Arizona, revenons quelques pas en arrière, sur Wasteland premier du nom. Ce jeu vidéo de rôle a marqué les esprits à sa sortie en 1988 de par la qualité de son gameplay, mais également pour son cadre post-apocalyptique. Une pépite développée par le studio américain Interplay à qui l’on doit également la série Fallout. Seize ans plus tard, Wasteland a eu droit à une suite initiée par un nouveau studio de développement, inXile Entertainement, créé par le fondateur d’Interplay, Brian Fargo. En 2014, Wasteland 2 a vu le jour grâce à une campagne de financement participatif. Un concept qui a également permis de financer la suite, Wastland 3, 6 ans plus tard. Et après un léger retard lié à la pandémie de coronavirus, le jeu est enfin disponible sur consoles de salon et PC.

Wasteland 3 prend la forme d’un tactical plutôt classique avec des éléments tirés des jeux de rôle.

Wasteland 3 reprend tout ce qui a fait le succès de la série, notamment au niveau du scénario. On se retrouve donc une nouvelle fois du côté des Rangers, un groupe de paramilitaires de l’Arizona qui a survécu à la guerre nucléaire opposant les États-Unis à l’Union soviétique – même si cela, le jeu ne nous le dit pas. Tout ce que l’on sait c’est que nos Rangers sont en expédition pour se rendre dans le Colorado où la situation semble plus calme, malheureusement pour eux, cela ne se passera pas comme prévu. Le groupe de paramilitaire tombe en effet dans un piège et se fait presqu’entièrement massacrer. Cette première péripétie passée, nos Rangers se voient proposer de participer à la reconstruction ou plutôt au maintien d’une sorte de civilisation. Pour cela, ils devront rallier à leur cause toute une série de factions et éliminer celles qui se dresseront sur leur chemin.

Massacres et tensions politiques sont bien évidemment au rendez-vous. Les joueurs des deux premiers volets ne seront donc pas perdus ici, le scénario de Wasteland 3 est du même ordre que celui du premier et second volet et ce n’est pas une mauvaise chose. Sa construction est plutôt complexe et s’adresse plutôt à un public aguerri tant il se veut brutal et satirique. La violence y tient une place de choix.

D’ailleurs, en parlant de choix, le joueur aura l’occasion d’avoir un impact sur l’histoire puisqu’il devra choisir de se rapprocher de tel ou tel clan ou de mettre en rogne tel ou tel chef quitte à en subir les conséquences plus tard dans le jeu. Il faudra donc bien peser le pour et le contre avant de faire un choix, d’autant plus que vos actions auront un impact sur la réputation des Rangers auprès des habitants du Colorado, mais aussi des autres factions.

Wasteland 3 s’éloigne du schéma dichotomique traditionnel puisque les choix qu’il propose ne sont pas ou tout blanc ou tout noir. En fonction du point de vue, on comprend les intentions des uns et des autres et le joueur devra jongler avec pour poursuivre ses propres intérêts, quitte à se mettre à dos certains personnages qui n’oublieront pas de si tôt sa trahison. Les choix du joueur ont un réel impact dans le jeu.

Les choix ont un réel impact sur la suite de l’histoire.

Wasteland 3 est un jeu de stratégie et de tactique, avec des déplacements par case au tour par tour et des points d’action limités. Il reprend également de nombreux éléments RPG, tant au niveau de l’histoire influencée par les choix des joueurs que du gameplay. Au début de son périple, le joueur devra choisir son duo de choc parmi une sélection très variée (amoureux punk, père et fille, mère et fils, technophiles, etc.) ou créer ses propres personnages. Le jeu se montre très généreux en termes de caractéristiques et de personnalisation. De plus, les duos qu’il propose sont plutôt atypiques et disposent de leur propre vécu et personnalité qui leur offriront des bonus.

Une fois le choix de personnages fait, vous pourrez les améliorer au fur et à mesure de votre progression. Vous pourrez ainsi débloquer de nouvelles compétences, mais aussi augmenter leurs statistiques (conscience, force, vitesse, etc.) pour les rendre plus efficaces au combat ou lors de vos explorations. En renforçant telle ou telle compétence, le joueur pourra interagir avec des objets du décor ou des armes sur le champ de bataille. Il pourra en effet crocheter une serrure ou manipuler une tourelle ennemie pour la retourner contre ses propriétaires. En fonction de ses compétences et de leur niveau – ou de la spécialisation du personnage (corps-à-corps, sniper, brute épaisse, hacker) –, la progression ne se fera pas de la même manière, de même que passer certains obstacles. Les possibilités sont riches et variées, de quoi monter ses propres personnages en fonction de sa manière d’appréhender les combats et offre un joli potentiel de rejouabilité. Le joueur pourra également personnaliser son escouade en intégrant de nouveaux personnages à son duo de choc en fonction de leur spécialisation. Ainsi, vous pourrez faire face à n’importe quel imprévu.

Le joueur pourra se déplacer grâce à des points d’action.

Le joueur devra faire preuve de stratégie pour venir à bout de ses nombreux ennemis. Il devra utiliser ses points d’action avec sagesse pour attaquer, se défendre ou se cacher lors de son tour de jeu. D’ailleurs, pour éviter de ramasser des balles de partout, il faudra bien sélectionner l’action s’accroupir ou défense puisque se mettre derrière un obstacle ne sera pas suffisant. Les ennemis parviendront à vous toucher, même s’ils ne sont pas vraiment en mesure de le faire. À l’inverse, s’agenouiller sera particulièrement salvateur, un peu trop même. Le jeu a de bonnes idées, mais le niveau de difficulté est parfois un peu bancal. Fort heureusement, pour les spécialistes, Wasteland 3 propose 4 modes de difficulté.

Le joueur aura de quoi s’amuser niveau armes à feu, au corps-à-corps ou à distance. Le jeu propose en effet tout un arsenal d’armes – sniper, grenade, lance-roquette -, mais aussi d’équipements. Des accessoires qui s’accordent parfaitement au cadre violent du jeu, quitte à avoir des personnages qui ressemblent à des montagnes surarmées.

Pour conclure vis-à-vis du gameplay, si les possibilités sont riches et que le jeu propose d’interagir avec certains objets du décor, les mécanismes de jeu lors des combats restent assez classiques tout en étant efficaces. Nul doute que les amateurs de jeu de stratégie et de tactique y trouveront leur compte. D’autant plus que le ton de Wasteland 3 a de quoi amuser. Le jeu parvient également à varier les plaisirs en proposant des missions d’exploration, des combats et des quêtes ce qui donne une certaine dynamique de jeu appréciable.

La modélisation des personnages est horrible.

Le titre développe en effet un petit côté ironique, voire satirique envers les États-Unis d’Amérique tout au long de son histoire qui demande +/- 25 heures pour être conclue. Certaines situations sont tendues, d’autres sont totalement absurdes avec un niveau de violence très poussé. À d’autres moments ce sont les dialogues ou les personnages qui sont décalés. Un savant mélange qui s’adresse plutôt à un public mature. On regrette toutefois dans l’ensemble que ce troisième volet ne prenne pas beaucoup de risque, se reposant sur les bases du second… C’est efficace, mais la formule n’apporte pas grand chose de neuf.

On est tout de même décontenancé pour ce qui est des décors et des graphismes. À certains moments, c’est très joli, varié et plutôt bien réussi et à autres, n’ayons pas peu de le dire, c’est carrément laid. Globalement, la direction artistique est très inspirée avec des zones vraiment belles, mais parfois, ça coince. Ça manque de textures, de détails et de finition. L’aperçu des personnages fait peur à voir. Le titre semble en effet daté d’une autre décennie, mais en comparaison à Wasteland 2, on peut tout de même souligner le progrès. Les animations restent bien faites et pour un tactical, on s’en contentera, mais le déséquilibre est étonnant. On regrette également le manque d’optimisation du jeu : les ralentissements ne sont pas rares, les temps de chargement sont nombreux et quelques petits bugs sont encore présents.

Enfin, pas grand-chose à dire pour ce qui est de l’ambiance sonore. Le jeu propose quelques morceaux musicaux ici et là parfaitement choisis pour coller à l’action. On notera que les personnages sont entièrement doublés en anglais, une amélioration par rapport au précédent volet. Les dialogues semblent également mieux écrits, ils tirent moins en longueur.

On notera également qu’un mode coop en ligne est prévu et devrait débarquer très prochainement dans le jeu. Celui-ci devrait enrichir l’expérience du jeu.

Conclusion

Six ans après Wasteland 2, le studio américain inXile Entertainment revient avec la suite de sa série de jeux de guerre tactique au tour par tour sur fond post-apocalyptique. Les Rangers sont de nouveau de la partie et devront faire face à de nombreuses menaces. Stratégie, mais aussi manigances politiques sont au programme de Wasteland 3. Le titre nous propose de nombreux éléments RPG très poussés avec des mécanismes classiques, mais qui restent efficaces. D’autant plus qu’ils sont parfaitement intégrés au scénario. Une histoire qui se veut mature et qui évoluera en fonction des choix du joueur. Ce dernier devra véritablement s’impliquer – durant +/- 25 heures – pour mener à bien la survie des Rangers quitte à se mettre à dos quelques factions pour le salut de ses hommes. Le ton y est parfois brutal, mais aussi ironique, voire satirique. Les fans de tactical devraient y trouver leur compte, malgré le manque de réelles nouveautés et la réalisation, un cran en-deçà de ce qu’on attendait… 

Wasteland 3

Gameplay 8.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.5/10
Finition 6.0/10
7.2

On aime :

De nombreux éléments RPG

Un ton mature et satirique

Les choix ont un réel impact sur le déroulement de l'histoire

Un savant mélange d'exploration, combats et missions

La dimension très stratégique des combats

On aime moins :

Des graphismes inégaux et datés

Quelques bugs ici et là

Des temps de chargement longuets

Un gameplay qui n'évolue plus...