Test – Microsoft Flight Simulator : l’envolée vers le septième ciel

Après une attente longue de 14 ans, la plus célèbre franchise de simulation de vol s’apprête à reprendre du service. Longtemps adulée, parfois décriée avec Microsoft Flight en 2012, la licence continue toutefois de faire rêver les pilotes en herbe. Accrochez votre ceinture et allumez les moteurs, le vol Microsoft Flight Simulator s’apprête à décoller.

Qui n’a jamais rêvé de piloter un avion au-dessus des cumulonimbus ? Depuis 38 ans, ce rêve est réalité. Sans bouger de son salon, les joueurs ont la possibilité de prendre les rennes des plus grands appareils volants grâce à la franchise de Microsoft, Flight Simulator. Un pilotage exigeant, des conditions de vol impitoyables mais aussi des cockpits parfaitement modélisés, la licence a toujours su s’imposer comme la référence en la matière.

Evidemment, le nouvel épisode qui arrive en ce mois d’août 2020 était attendu au tournant. La météo volumétrique, les données satellites, les villes photogrammétriques, autant de technologies qui n’étaient pas accessibles il y 14 ans et qui sont introduites dans cet opus. Autant le dire directement, l’intégration de ces fonctionnalités est plus que réussie. Elle est même impressionnante.

Les améliorations visuelles sont d’ailleurs parmi les plus grosses nouveautés de cet opus. Microsoft Flight Simulator est beau, superbe, impressionnant. Les adjectifs ne manquent pas pour le qualifier, tellement nous avons été subjugués par ses détails. Vous allez survoler la planète toute entière, avec un réalisme bluffant. Grâce aux puissants outils que sont les serveurs Azure de Microsoft et une intelligence artificielle de pointe, le titre profite d’une reproduction sur terre tout simplement incroyable. C’est d’un réalisme à toute épreuve et le résultat est à couper le souffle.

Il y a quelques années, pareille tâche aurait nécessité des milliers d’heures de travail. Avec ce nouveau procédé, le jeu récupère en temps réel les données satellites fournies par Bing Map et streamées directement depuis les serveurs de Microsoft. La totalité du globe profite d’un photo-réalisme impressionnant, et survoler les plus beaux endroits de la Terre ou son propre quartier est assez jouissif. De plus, près de 400 villes au lancement du jeu ont reçu un soin tout particulier, grâce à la photogrammétrie. Celles-ci sont modélisées en utilisant des scanners 3D afin de retranscrire les moindres détails. Survoler New York City ou Toronto est vraiment impressionnant, avec le moindre croisement de route respecté.

Grâce aux données satellites, la reproduction topographique est impressionnante. Jugez-en par vous-même avec Toronto.

Si les données récupérées par le jeu sont tout simplement gigantesques, elles ne demandent aussi qu’à se mettre à jour. Les développeurs ont en effet annoncé que les textures et données topographiques se mettraient chaque mois à jour. Des mises à jour gratuites, qui devraient ainsi permettre de peaufiner certains lieux et textures. Le résultat global est impressionnant, mais certains lieux plus reculés mériteraient de plus amples détails. En effet, nos vols nous ont fait survoler les plus belles villes du monde, mais également des villages moins connus, notamment en Belgique. Par exemple, nous sommes passés au dessus de la centrale nucléaire de Tihange et les tours de refroidissement étaient représentées par de simples tuyaux. Ce n’est qu’un exemple parmi quelques autres, qui devraient néanmoins être corrigés et qui n’impactent en rien l’expérience de jeu originale.

Pour bénéficier des données satellitaires en temps réel, votre connexion internet sera mise à rude épreuve, et c’est le moins que l’on puisse dire. L’ensemble reste évidemment hébergé directement depuis les serveurs de Microsoft, mais le débit internet et les limites de téléchargement qu’offre votre fournisseur seront déterminants dans votre expérience de jeu. Heureusement, il est possible d’alléger le flux de données qui transitera vers votre ordinateur. Dès le premier lancement du jeu, un choix déterminant s’offre à vous. Vous pourrez ainsi choisir de profiter des données satellites en temps réel ou alors de privilégier des données approximatives, moins précises et moins énergivores. L’expérience visuelle sera amoindrie, mais les sensations de jeu resteront excellentes.

En ce qui concerne le visuel, le travail effectué par les développeurs est titanesque. La météo est criante de réalisme et tout simplement époustouflante. On se surprendra d’ailleurs à pénétrer volontairement dans les nuages, malgré les risques qu’encoure l’appareil. Le résultat est magnifique avec une technologie encore considérée comme avant-gardiste il y a quelques années : le volumétrique. Au lieu d’être de simples images 2D donnant l’impression d’être en 3D, les nuages prennent une réelle place dans l’atmosphère sur plusieurs couches. Ils sont des éléments à part entière du jeu, avec une vraie animation : ils naissent, se déplacent et disparaissent avec le temps. Ces nuages s’affichent d’ailleurs sur une distance de 600km et peuvent être répartis sur 32 couches.

La météo volumétrique est juste époustouflante. Il faudra néanmoins une très bonne machine pour pleinement en profiter.

La météo est changeante et se paie même le luxe d’être en temps réel en fonction du lieu survolé. Si vous désirez néanmoins profiter d’une expérience de jeu personnalisée, il est possible de paramétrer les données météo de manière très approfondie. Vous pouvez ainsi régler la pression atmosphérique, la température au niveau de la mer, les couches de vent,… Les possibilités sont nombreuses et devraient satisfaire tout un chacun.

Les orages bénéficient quant à eux d’un soin tout particulier, avec une jolie mise en scène de la foudre. La visibilité est dès lors fortement réduite, au point d’être nulle, et sortir des cumulonimbus pour apercevoir la lumière du soleil se refléter sur les ondées est fantastique. Si vous venez même à monter trop haut en altitude, une couche de givre frappera votre avion. On ne cessera de le répéter, mais il nous semble important de le préciser une fois de plus : Microsoft Flight Simulator est tout simplement magnifique à tout point de vue.

Côté gameplay, MFS est une fois de plus irréprochable. Asobo Studios a repris ce qui avait été fait jusqu’ici par Microsoft Games et l’a encore amélioré. Les sensations de vol étaient déjà excellentes dans Flight Simulator X, elles sont encore meilleures ici. A la fois exigeant et plaisant, le pilotage des avions est incroyablement immersif. Plusieurs aides à la navigation sont proposées, avec une liberté totale laissée au pilote en herbe. Ainsi, vous aurez la possibilité de contrôler à votre guise votre appareil, mais aussi de laisser les commandes au copilote, ce qui vous laissera le temps d’admirer les somptueux paysages vous entourant.

Comme toujours, les sensations de pilotage sont excellentes.

Mais après tout, pourquoi déranger son copilote quand on peut piloter nous-même d’aussi beaux appareils ? Un pilotage qui requiert d’ailleurs une attention de tous les instants. Relâchez la gâchette et vous risquez de vite dévier de votre assiette de croisière. Chacun des paramètres de l’avion devra être pris en compte : puissance des moteurs, altitude, …

Une des critiques régulièrement émise par la presse quant à l’épisode précédent était sur son modèle de vol. Pour rappel, il s’agit “des différentes formules et équations qui à partir d’un état donné permettent de décrire l’évolution des caractéristiques du vol”. Autrement dit, c’est la manière dont votre avion réagit à l’environnement qui l’entoure et ce à plusieurs endroits de l’avion. Auparavant, on reprochait à la simulation de Microsoft un manque d’inertie et l’impression que l’avion reposait sur des rails. Désormais, les avions se veulent plus réalistes et réagissent mieux aux changements météorologiques. Pour vérifier ce changement drastique mais ô combien important, les développeurs se sont reposés sur les recommandations de pilotes professionnels. De plus, 1000 points de contrôle, placés à divers endroits de l’avion, calculent en temps réel les paramètres de vol.

Si l’on devait émettre un reproche au jeu, mais qui concerne également la franchise toute entière, c’est qu’il se manipule difficilement à la manette. Pour pleinement profiter du titre et de ses sensations de conduite, il est vivement recommandé d’investir dans un yoke. Il s’agit de volant et manches, reproduisant les commandes de direction et de gaz d’un vrai appareil. Il s’agit néanmoins d’un réel investissement qui se rentabilise sur le long-terme et destiné aux puristes. Pour le joueur occasionnel qui ne souhaite pas dépenser des sommes exorbitantes dans un jeu qui est, de base, plutôt cher, les commandes à la manette traditionnelle devraient suffire. Les touches servent aux principales fonctions de l’avion, et combiner son clavier à sa manette permet un plus grand éventail de commandes.

En ce qui concerne le contenu, il est ici aussi difficile de reprocher quoi que ce soit aux développeurs. L’aire de jeu est gigantesque et les aéroports où atterrir plutôt nombreux. En tout, comptez 37.000 aérodromes, dont 40 qui ont été dessinés à la main. Ceux-ci ont été créés à partir d’un logiciel basé sur les images satellites, tandis que les autres furent réalisés par une intelligence artificielle, et donc moins approfondis. Sur les plus grands aéroports du jeu, vous remarquerez une réelle fourmilière. Asobo a tenu a reproduire le personnel de l’aéroport prenant en charge l’avion. Que ce soit les bagagistes, le service de fuel ou de nettoyage, un vrai soin a été apporté sur cet aspect.

Dans sa version Premium, MFS 2020 propose 40 avions et aéroports fidèlement reproduits.

Microsoft propose trois versions de son jeu. La version standard propose 30 aéroports faits-mains en plus des 37000 ainsi que 20 avions. Pour 20€ de plus, la version Deluxe rajoute 5 avions et 5 aéroports. Enfin, si vous optez pour le jeu en Premium, vous bénéficiez de 30 avions et des 40 aéroports soigneusement modélisés. Néanmoins, on regrettera l’absence de quelques appareils pour diversifier la gamme. Ainsi, contrairement à l’épisode précédent, les hélicoptères ne sont plus disponibles, tout comme des avions plus historiques. Pas de Warbird de la Seconde Guerre Mondiale ni de Douglas DC-3. Ils pourraient arriver en DLC, mais là encore, l’addition risque de vite devenir salée. D’autant que pour la version la plus élevée, le joueur devra dépenser la modique somme de 119,99€.

Mais ne dit-on pas que la qualité a un prix ? Et la qualité est bien présente, rassurez-vous. La modélisation des avions a été réalisée avec le plus grand soin, et ce au même titre que les aéroports. Que ce soit l’extérieur ou dans le cockpit, les détails sont impressionnants. Si les Cessna sont plutôt sobres dans leur conception intérieure, la donne est toute autre en ce qui concerne les Boeing et Airbus.

La modélisation des cockpits est très réussie. Le tutoriel permet d’ailleurs de bien s’y adapter.

Au dessus de votre tête, devant vous, entre votre copilote et vous, les boutons se comptent par dizaines. On regrettera d’ailleurs que certains soient plus anecdotiques qu’autre chose. Leur fonctionnalité est indiquée, mais elle est désactivée. Si cela ne vaut que pour une poignée des commandes, les puristes regretteront probablement ce choix.

Les modes de jeu qu’offre le titre ne sont quant à eux pas nombreux, mais on imagine difficilement ce que les développeurs auraient pu apporter de plus. Un tutoriel complet et approfondi vous habituera aux commandes de l’appareil, tandis qu’un mode plus bac à sable fera travailler votre imagination avec sa flopée de paramètres. Libre à vous de sélectionner les aéroports de départ et d’arrivée, l’heure de décollage, les paramètres de la météo, votre appareil, … Les possibilités sont presque infinies et permettent une rejouabilité qui l’est tout autant.

Des missions challenges sont également disponibles, à bord d’appareils plus traditionnels comme les 747 ou des avions de brousse. Ils mettront vos talents de pilote à rude épreuve, que ce soit en atterrissant sur des pistes en mauvais état ou en approchant d’une mégalopole avec un orage au dessus de vous. Un mode multijoueur est lui aussi présent, avec la possibilité de croiser d’autres pilotes dans les airs. Enfin, le jeu devrait assurer une compatibilité avec la réalité virtuelle. A l’heure d’écrire ces lignes, la fonctionnalité n’est pas encore disponible et les développeurs ont annoncé travailler activement sur ce mode de jeu. On évoque un lancement à l’automne 2020 et une compatibilité avec le HP Reverb G2 et les Windows Mixed Reality. Le rendu photoréaliste et les nombreuses commandes de l’avion se prêtent extrêmement bien à la VR, et il ne serait pas surprenant d’avoir des nouvelles peu après la sortie du jeu.

Conclusion

Avec cette cuvée 2020 de son intemporel Flight Simulator, confié au studio français Asobo, Microsoft nous livre la simulation ultime de vol. Il n’y a quasiment rien à redire sur ce cru 2020. La flotte d’appareils est suffisamment variée pour offrir de nombreuses heures de jeu, le pilotage impose une rigueur à tout instant et l’espace de jeu est tout simplement immense. Avec la possibilité de survoler en temps réel la totalité de la surface du globe, le titre s’offre là une fonctionnalité exceptionnelle. Si elle mettra à rude épreuve votre bande passante, la carte en temps réel permet de survoler les plus beaux endroits de la Planète bleue. Des célèbres rues de New York aux localités belges les plus reculées, tout est reproduit avec une impressionnante fidélité. Les sensations de vol sont pour leur part excellentes. Si on regrette que le pilotage au manche à volant soit presque indispensable, on notera une belle adaptation des contrôles à la manette. Le pilotage des avions se fait de manière plutôt intuitive, notamment grâce à un tutoriel en huit étapes bien ficelé. Du côté de la flotte, le joueur en aura également pour son argent. Vingt appareils, aux cockpits parfaitement modélisés, sont au programme. Piloter un Boeing ou un avion de brousse n’est pas la même affaire, et s’adapter demandera de nombreuses heures d’essai. Vous l’aurez compris, MFS 2020 est le meilleur épisode de la franchise. Les défauts qui sont les siens se comptent sur les doigts d’une main, et les nouveautés introduites par ce volet apportent toutes un vrai plus. Cerise sur le gâteau, le jeu est intégré à l’offre GamePass!

Microsoft Flight Simulator

Gameplay 9.5/10
Contenu 9.5/10
Graphismes 9.5/10
Bande son 9.0/10
Finition 8.5/10
9.2

On aime :

Le plaisir de survoler son quartier grâce aux données satellites

Les effets météo volumétriques sont incroyables

Des contrôles complexes, pour le plus grand plaisir des puristes

La sensation d'être un vrai commandant de bord

Visuellement époustouflant

On aime moins :

Quelques chutes de framerate lors des longs courriers en Boeing

Des temps de chargement très (trop ?) longs, mais nécessaires

Ne se joue bien qu'avec un manche à volant (yoke)