Nouveau jeu du petit studio indépendant Finish Line Games, auteur du sympathique Maize, Skully était l’une des sorties-surprises de ce mois d’août. A défaut d’être une totale réussite, le titre a le mérite de nous présenter un univers plein de charme…

Présenté dans le cadre du Summer of Gaming, Skully n’avait pas vraiment fait sensation lors de sa présentation. Et pour cause puisque le nouveau jeu de Finish Line Games repose sur un concept atypique et pas forcément très excitant. S’il appartient à la catégorie des platformers, Skully se présente comme un titre à la prise en main très simple puisque le joueur ne contrôle pas ici un personnage mais un crâne qui devra se déplacer à travers des niveaux très linéaires en roulant sur différents types de surfaces.

Des points de sauvegarde sont disséminés à travers les niveaux.

Le gameplay du jeu reste très simple : il suffit de déplacer le crâne en manipulant le stick gauche, de sauter de temps à autre au-dessus d’un obstacle et d’occasionnellement se transformer en monstre pour détruire une porte qui vous bloque ou éliminer un ennemi. Le joueur n’est toutefois pas libre de changer de forme quand bon lui semble puisqu’il ne pourra se transformer qu’en passant dans une marre de boue (faisant également office de point de sauvegarde).

S’il parvient à séduire avec son univers coloré et son scénario, Skully peine à convaincre au niveau de ses mécanismes de jeu, qui n’évoluent que très peu à travers les 18 niveaux de l’aventure. Les niveaux se jouent pratiquement en ligne droite, les quelques petites énigmes restent globalement très simples et les mécanismes de combat / plates-formes sont clairement sous-exploités. Le seul à-côté réside dans la collecte de fleurs, qui permettent de débloquer différents artworks… On a vu plus excitant. Et surtout, côté rejouabilité, on se rapproche du zéro pointé. Ce d’autant plus que le level-design des niveaux reste très amateur et le jeu est truffé de bugs avec ses murs invisibles, ses options qui ne s’affichent pas quand elles le devraient et ses contrôles hasardeux.

Skully est capable de prendre différentes formes.

S’il n’est pas forcément déplaisant à jouer à la première partie, Skully manque cruellement d’ambition et est sorti vendu à un tarif beaucoup trop élevé (29,99€). Dans le fond, il s’agit ni plus ni moins que d’un Marble Blast saupoudré de quelques séquences de plates-formes moyennement convaincantes. On est donc très loin d’un Mario ou d’un Sonic. La durée de vie du titre n’est d’ailleurs pas bien longue puisque vous pourrez finir les 18 niveaux du jeu en moins de six petites heures si vous choisissez de le finir en ligne droite.

C’est d’autant plus dommage que visuellement, le jeu est plutôt réussi et même assez joli avec ses décors colorés, le très beau rendu de l’eau – votre principal ennemi dans cette aventure puisque le moindre contact conduira à un respawn au point de sauvegarde -, ses quelques jolis effets visuels et ses superbes panoramas. La bande son n’est pas en reste avec quelques très jolies musiques et la voix du narrateur, qui nous narre progressivement l’histoire – étonnamment riche – du jeu.

Les tares sont toutefois nombreuses. Outre son prix de vente et son manque de profondeur dans le gameplay, Skully souffre également d’un manque flagrant de finition et d’une progression qui peut s’avérer très frustrante. Car finalement, on meurt très souvent dans le jeu, non pas par manque de skill, mais parce qu’on finit bloqué entre deux rochers, sans avoir la possibilité de s’en dégager, ou parce qu’on glisse dans l’eau après avoir pourtant correctement atterri sur une plate-forme. La physique du jeu est très aléatoire. Et quand ce ne sont pas les aléas de la prise en main qui jouent en notre défaveur, ce sont les bugs qui viennent nous frustrer. A plusieurs reprises, il nous aura fallu recharger plusieurs niveaux parce qu’il nous était impossible de changer de forme – le bouton n’apparaissant tout simplement pas. La répétitivité du gameplay couplée à ces nombreux petits problèmes techniques devraient amener de nombreux joueurs à stopper l’aventure en cours de route. A 10€, nous aurions peut-être fermé les yeux sur certains de ses défauts. A 29,99€, c’est une autre histoire…

Conclusion

Malgré un univers séduisant et une réalisation soignée, Skully peine à convaincre. Le jeu de plates-formes de Finish Line Games manque de profondeur. Et pour cause puisqu’ici on ne contrôle pas un personnage mais un crâne, qui devra rouler à travers des niveaux très linéaires et relativement courts en évitant les nombreux pièges qui se dresseront sur son chemin. Très répétitif par nature, Skully manque cruellement de substance dans sa structure. Les quelques transformations du personnage n’apportent pas non plus énormément de richesse au jeu. Pire, les nombreux bugs et la physique douteuse forceront le joueur à recommencer plusieurs fois certaines séquences de jeu. Frustrant, Skully n’est également pas bien long puisqu’il ne faudra pas plus de 6 à 8h pour le finir en ligne droite. A 29,99€, la pilule est difficile à avaler. Dommage, car l’univers du jeu était pourtant plein de charme. 

Skully

5.6

Gameplay

5.0/10

Contenu

4.0/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Une réalisation plutôt soignée
  • Une bande son efficace
  • L'univers de Skully a du charme
  • L'histoire plus riche qu'il n'y paraît

Les - :

  • Assez court si on ne joue pas le 100%
  • Un gameplay sans profondeur
  • Des passages à la difficulté rebutante
  • Quelques gros bugs
  • Beaucoup trop cher (29,99€)