Financé grâce à une campagne sur Kickstater, Hellpoint débarque enfin sur toutes les plateformes gaming. Ce titre de science-fiction reprenant des codes de souls-like arrive-t-il à tirer son épingle du jeu ou s’agit-il d’une énième copie de Dark Souls ?

Le moins que l’on puisse dire est que Hellpoint joue la carte du mystère. Sans trop d’introduction, on y incarne un Spawn, un humanoïde sans nom créé par une machine dans un but précis que le joueur devra découvrir au fur et à mesure de sa progression. Alors qu’une immense bataille a eu lieu dans l’espace, notre héros se matérialise bien après la guerre, dans la station spatiale “abandonnée” Irid Novo. Cette dernière se trouve à proximité d’un immense et terrifiant trou noir dont les « pouvoirs » auront un impact sur l’aventure de notre cher Spawn, mais on y reviendra.

Et si la station spéciale semble abandonnée, ce n’est pas vraiment le cas. Elle est en réalité peuplée de monstres plus agressifs et plus effrayants les uns que les autres. Le joueur devra progresser au sein d’Irid Novo en repoussant les ennemis afin d’accomplir la mission que lui a donnée le Créateur et tenter de découvrir ce qu’il s’est passé sur la station spatiale. Et pour cela, il devra récupérer des messages disséminés un peu partout sur le vaisseau et qui peuvent donc être manqués. Le développement du scénario sera en quelque sorte influencé par la progression du joueur.

L’ambiance sur Irid Novo est particulièrement anxiogène. Les parois de métal, les portes fermées, les couloirs sans issues, les accès cachés et les monstres qui pullulent un peu partout dans la station spatiale créent une atmosphère très particulière, à la croisée de celle de Dead Space et d’un Warhammer 40.000. Et c’est plaisant. Quant au scénario, le mystère est entier et donne envie d’en savoir plus.

Le joueur devra explorer la station spatiale Irid Novod pour comprendre ce qu’il s’y est passé.

Le jeu ne s’en cache pas, il reprend largement le fonctionnement de Dark Souls, mais innove tout de même sur certains points. Ainsi, le joueur devra prendre en compte sa barre d’énergie lors des combats pour éviter de se retrouver sans aucune ressource et donc dans l’incapacité de contrer l’attaque d’un ennemi avec son bouclier. Cette barre détermine la quantité d’actions que pourra effectuer notre héros et exigera quelques secondes d’attente pour se recharger. Cela aura évidemment un impact sur les combats, comme nous l’avons dit, mais aussi sur la manière d’appréhender ces derniers. On évitera ainsi d’affronter les ennemis en groupe et on privilégiera l’esquive voire la fuite à certains moments.

La difficulté tient une place importante dans le jeu puisque les monstres particulièrement laids frapperont fort. Les morts seront nombreuses et vous devrez retourner sur les lieux de votre massacre pour récupérer vos points d’expérience – attention à votre double maléfique qui peut vous y attendre… Et évidemment, à chaque mort, les ennemis réapparaitront et vous devrez retraverser le vaisseau depuis le dernier lieu de sauvegarde, une sorte de faille de la réalité. Une logique plutôt classique, mais le joueur pourra mettre un aspect du scénario à son avantage. La proximité de la station spatiale avec le trou noir aura en effet un impact sur la puissance des ennemis, même si cela pourra également les faire réapparaitre… La tension est palpable durant toute la progression.

L’idée est vraiment intéressante et forcera les joueurs à prendre en compte la position à laquelle se trouve la station par rapport au trou noir pour progresser. Cela est indiqué à tout moment par une sorte de carte, en haut à gauche de l’écran.

Les ennemis frappent fort, mais ne sont pas insurmontables.

Plus vous utiliserez une arme pour massacrer vos ennemis, plus vous la maîtriserez et vous pourrez ainsi débloquer des compétences. C’est un choix intéressant qu’a fait le studio et cela offre une sphère supplémentaire à la personnalisation de son personnage. Le côté RPG du jeu reste tout de même très classique, bien que complet. Il sera ainsi possible d’augmenter les statistiques de notre héros anonyme, de lui faire enfiler des pièces d’équipement et des armes, mais aussi de débloquer des compétences.

On reste malgré tout devant quelque chose de vu et revu. Les combats s’enchaînent sans grande surprise et, une fois qu’on a compris les mécaniques, on se débarrasse assez facilement des ennemis qui se dressent sur notre chemin, la faute à une IA très limitée tout de même… La plupart des ennemis ne remarqueront votre présence qu’au dernier moment. Et si les mini-boss et boss sont plus résistants et plus puissants, un savant jeu d’esquive, d’attaque et de patience permet de s’en sortir. Il est finalement relativement facile de contourner la difficulté du jeu… De par sa nature, Hellpoint s’adresse aux amateurs purs et durs des souls-like qui ne rechignent pas à jouer à une énième copie de Dark Souls. Le jeu offre tout de même une jolie durée de vie (+/- 25 heures) pour un prix tout à fait correct d’une trentaine d’euros. Il ne faut toutefois pas s’attendre à quelque chose de très original ni de grandiose.

De plus, Hellpoint propose un mode multijoueur en ligne ou en local qui permet d’appréhender l’expérience différemment. Ce mode offre une autre expérience et c’est véritablement plaisant, même si le fait que la mort du joueur hôte sera synonyme de game over pour les deux.

La direction artistique du jeu est top, même si elle souffre de lacunes au niveau des graphismes.

La direction artistique est particulièrement jolie et devrait séduire les amateurs de science-fiction dark. Les décors se renouvellent assez bien à mesure que l’on progresse sur Irid Novod, même si l’on reste tout de même dans un endroit clos. Le jeu regorge de salles, de raccourcis, de passages secrets en tout genre qui donnent envie d’explorer le vaisseau. La construction de la station est d’ailleurs étonnante et la fonction saut permet d’en explorer les moindres recoins. Hellpoint offre en effet certains aspects de jeu de plateforme avec une dose de sadisme puisque certains coins sont en réalité des trous mortels.

Quant aux quelques aperçus de l’espace, ils sont magnifiques et impressionnants. On a envie d’en voir plus.

Côté graphismes, Cradle Games nous livre un jeu moyennement convaincant. Si les effets visuels sont soignés et l’univers a du charme, les textures et modélisations manquent de détails, l’animation a 10 bonnes années de retard et le pathfinding des ennemis prête à quelques franches rigolades. On peut également critiquer la gestion de la lumière ou de la luminosité, car à certains moments, on ne voit vraiment rien à l’écran et on peut se retrouver à sauter littéralement dans le vide.

Les développeurs ont tout de même soigné l’ambiance musicale qui colle parfaitement au cadre et qui souligne l’atmosphère anxiogène qui règne au sein de la station spatiale, même si les musiques se font un peu discrètes par moment.

Conclusion

Reprenant largement les bases de Dark Souls, Hellpoint propose un cadre atypique pour le genre, en nous amenant à la découverte d’un vaisseau spatial peuplé de monstres assoiffés de sang. Le titre pousse le joueur à explorer le vaisseau en vue de comprendre ce qu’il s’y est passé. Si son univers très dark a du charme, le jeu manque cruellement d’identité. Côté gameplay, il s’agit d’une pâle copie de Dark Souls. Le jeu n’apporte vraiment rien de neuf sur la table. On retrouve un système d’expérience, d’esquives, une difficulté relevée, des boss et tous les ingrédients d’un souls-like classique. La difficulté est toutefois loin d’être insurmontable puisqu’il est finalement facile de la contourner en tirant parti de la médiocrité de l’intelligence artificielle. S’il n’est pas déplaisant à parcourir, difficile d’y prendre son pied. La réalisation graphique n’est également pas vraiment à la hauteur, même pour un jeu à petit budget. Au vu de ses défauts, le jeu est à conseiller aux fans purs et durs du genre. 

Hellpoint

5.5

Gameplay

5.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

5.5/10

Bande son

6.0/10

Finition

4.5/10

Les + :

  • L'atmosphère très dark
  • Un prix correct (une trentaine d'euros)
  • Un level design intéressant
  • Un mode multijoueur en local on ligne

Les - :

  • Une copie de Dark Souls sans personnalité
  • Une technique qui laisse à désirer
  • L'IA des ennemis