Sorti en 2005 sur PC et consoles, Destroy All Humans était parvenu à séduire de nombreux joueurs avec son humour décalé et son concept atypique. Le jeu proposait ni plus ni moins que d’incarner un alien bien décidé à exterminer toute forme de vie sur la planète Terre… 

15 ans plus tard, Black Forest Games nous livre un remake du jeu du studio Pandemic (Mercenaries, Saboteur), qui débarque aujourd’hui sur consoles et PC. Le petit studio allemand ne s’est pas contenté d’un simple remaster comme c’est souvent le cas puisqu’il nous livre un remake complet du jeu. Outre un nouveau moteur graphique, on a donc droit ici à plusieurs nouveaux éléments de gameplay et un contenu partiellement repensé.

Notre Furon est capable de voler quelques secondes grâce à son jet-pack.

S’inspirant assez ouvertement de Mars Attacks!, Destroy All Humans! nous propose d’incarner un extra-terrestre envoyé sur Terre pour supprimer les traces du crash d’un vaisseau Furon et démarrer une guerre contre l’espèce humaine. Dans la peau de Crypto, l’un des plus valeureux guerriers de l’espèce, le joueur devra donc étudier les humains pour les annihiler ensuite.

Ce qui frappe d’entrée de jeu avec Destroy All Humans!, c’est le ton du jeu, volontairement parodique. L’action prend place dans l’Amérique de l’après-guerre et les clichés y sont nombreux. Destroy All Humans se moque assez ouvertement de la société américaine, sa structure, du rêve américain et de la politique externe du pays qui a tendance à couvrir le moindre accident par “une attaque des Soviets”. A travers ses cinématiques, le jeu nous vend des barres de rire. Et c’est sans aucun doute sa légèreté qui attire le capital sympathie. Il ne faudra toutefois pas en attendre de trop du scénario, qui reste très léger. Ni des personnages d’ailleurs, trop stéréotypés et qui ont – pour ce qui est des humains – très mal vieilli côté character design.

Crypto peut prendre la forme d’un être humain.

Les mécanismes du gameplay ont à l’inverse été brillamment modernisés par le studio allemand, qui a par exemple ajouter un dash, qui permet à Crypto d’éviter une explosion au dernier moment. Cet ajout devient si indispensable qu’on en vient à se demander comment les joueurs ont bien pu faire à l’époque. De façon générale, le gameplay du jeu est plutôt intelligent puisqu’on ne se contente pas ici de massacrer des humains. Destroy All Humans lorgne également du côté des jeux d’infiltration puisqu’il est possible de prendre l’apparence d’un être humain, de scanner l’esprit des personnes qui nous entourent voir de prendre leur contrôle à distance. Il faudra toutefois éviter certains agents, capables de vous identifier du premier coup d’oeil…

Destroy All Humans propose en soi une belle diversité de séquences de jeu qui vont du massacre de GI’s à l’escorte d’un convoi, l’infiltration d’un centre, la filature ou la récupération d’objets divers sur la carte. La partie gunfight est bien sûr au centre du gameplay, mais les diverses autres phases de jeu apportent une diversité appréciable. Côté gunfights, Destroy All Humans sait se montrer nerveux, en particulier une fois tous les pouvoirs de Crypto débloqués (le jet-pack, le dash ou encore la télékynésie). L’arsenal du joueur évolue également à travers les missions, au même titre que l’expérience de jeu.

Si les phases au sol fonctionnent plutôt bien on ne peut malheureusement pas en dire autant des phases en soucoupe volante, trop simplistes dans l’ensemble, avec une vue qui n’offre qu’une maigre lisibilité de l’action.

Les phases en soucoupe sont clairement les moins réussies du jeu.

Si le jeu n’est pas bien long (comptez environ 10h pour boucler le scénario), et surprend par sa structure (des mini mondes-ouverts de taille très modeste aujourd’hui), les à-côtés sont nombreux, des nombreux défis proposés au déblocage de capacités en passant par les trophées intelligemment pensés. Il y a de quoi se tenir occupé une petite vingtaine d’heures.

S’il n’atteint jamais des sommets, le jeu n’en reste pas moins fendard du début à la fin avec son humour caractéristique, son ton parodique, ses séquences d’action musclées et sa jolie diversité tant de décors que de situations. On retrouve même quelques jolis combats de boss!

Les développeurs de ce remake n’ont pas fait les choses à moitié. Non seulement le jeu est fidèle à l’original, mais en plus les niveaux du jeu ont été entièrement repensés. Pas tous bien sûr, mais certains, qui fonctionnaient moins bien à l’époque, notamment ceux se déroulant en environnements urbains. N’ayons pas peur de le dire, ce remake du jeu parvient à faire mieux que son ancêtre – qui était considéré par beaucoup comme le mal-aimé du portfolio du studio Pandemic.

Destroy All Humans offre une belle diversité d’environnements.

Destroy All Humans! remet au goût du jour une licence qu’on pensait définitivement enterrée, de la plus belle des manières qui soit puisque ce remake est loin de se cantonner à un simple rafraîchissement du jeu. Délicieusement old-school, le jeu édité par THQ Nordic est une véritable bouffée d’air frais en cette période estivale. Visuellement, s’il n’exploite pas tout le potentiel des consoles actuelles, il n’en reste pas moins joli. Certes, le character design des humains est en deçà du reste, mais les environnements sont assez détaillés, les modélisations convaincantes et les effets visuels réussis pour qu’on ne s’attarde finalement pas trop sur la technique. La bande son reste dans l’esprit de l’original avec des doublages de qualité et des musiques rétro.

Au prix auquel il est proposé (39,99€), Destroy All Humans est donc plutôt une bonne surprise, qui ne brille à aucun moment mais parvient à nous faire passer un très bon moment. On attend désormais plus qu’une chose : un remake du second volet, tout aussi divertissant que le premier en son temps.

Conclusion

Loin d’être un simple remaster, ce remake du sympathique Destroy All Humans! – l’un des jeux les plus méconnus du studio Pandemic (Mercenaries, Saboteur), est une jolie réussite. Le studio allemand Black Forest Games est parvenu à brillamment moderniser le gameplay du jeu, n’hésitant pas à revoir le level-design de certains niveaux et à ajouter des mouvements à la palette d’actions de Crypto. S’il est toujours aussi court (comptez une dizaine d’heures tout au plus pour en voir le bout), Destroy All Humans! reste un jeu très fun qui parvient à séduire à la fois avec son univers décalé, son style cartoonesque et son gameplay très nerveux. Mélange brillant d’action, d’infiltration et de mini open-world, le jeu est une véritable bouffée d’air frais en cette période estivale. Destroy All Humans parvient d’ailleurs à se distinguer de tous les autres TPS de par son approche du genre puisque l’on incarne ici un extraterrestre bien décidé à en finir avec l’espèce humaine. Télékinésie, sondes anales, scan cérébral et passages en soucoupe volante sont au programme de ce divertissement très décalé, en compagnie duquel vous passerez un excellent moment. Il ne faudra pas s’attendre à un très grand jeu car s’il est réussi, ce remake de Destroy All Humans! manque encore un peu d’ambition. 

Destroy All Humans

7.3

Gameplay

8.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

7.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Un concept décalé, pour un jeu toujours aussi fun
  • Un gameplay qui s'est perfectionné
  • Les niveaux de l'original ont été entièrement repensés
  • Un prix tout doux (39,99€)
  • L'ambiance rétro

Les - :

  • Techniquement assez décevant
  • Pas bien long (une dizaine d'heures)
  • Certains niveaux très fades ou trop courts
  • Le character design des humains a très mal vieilli