Déjà disponible sur PC depuis plus d’un an, Assetto Corsa Competizione débarque enfin sur consoles de salon. Le titre développé par Kunos Simulazioni revient avec une belle promesse : offrir une sensation de conduite réaliste et nerveuse. Manette – ou plutôt volant – en main, le pari est-il tenu ?

Dans la catégorie des jeux de course GT, une licence est incontestablement la plus populaire : Gran Turismo chez Playstation. Le jeu a fait les heures de gloire de Sony et de sa PS1, jusqu’à petit à petit s’essouffler au fil des années. Profitant de ce manque que cherchaient à combler les joueurs, le studio italien Kunos Simulazioni nous propose la simulation Assetto Corsa Competizione. D’abord sorti en 2019 sur PC, le soft revient en cet été 2020 sur Playstation 4 et Xbox One dans une édition quasi similaire. Le mot “quasi” est important, car oui, le jeu reste légèrement en deçà de sa version Windows.

Pour les amateurs qui auront eu l’occasion de s’essayer à la mouture PC d’ACC, la différence se veut principalement visuelle. Les sensations de course sont sensiblement les mêmes, le contenu est identique, mais la qualité des environnements est ici un cran en-deçà. Notre test ayant eu lieu sur PS4 Pro, on pouvait d’ailleurs s’attendre à une qualité impressionnante. Il n’en est rien, bien loin de là. Le jeu ne paraît pas tourner en 4K et encore moins en 60FPS. Les chutes de framerate impactent à certains moments la progression du jeu, tandis que de l’aliasing apparaît sur la cime des arbres. Si vous avez la possibilité, jouez-y donc de préférence sur PC.

Si le jeu n’est franchement pas joli, il se révèle très beau de nuit et lors d’averses.

Néanmoins, rendons à Kunos Simulazioni ce qui leur appartient, le jeu se révèle magnifique lors des courses de nuit, et la splendeur monte d’un cran lors des averses. Les effets de lumière des phares arrières se reflètent magnifiquement bien dans les flaques et même sur les gouttes qui tombent. L’aileron arrière laisse même transparaître un léger voile en course avec les gouttes qui passent dessus, comme visible sur le visuel ci-dessus.

Si les développeurs paraissent avoir délaissé le visuel, c’est pour en contrepartie offrir une immersion de conduite totale. Et force est de constater que le joueur a réellement l’impression de piloter sur les plus beaux circuits du championnat. Silverstone, Monza, Paul Ricard, la totalité des circuits du championnat 2018 est présente, auxquels on ajoutera Zandvoort, aux Pays-Bas, du championnat 2019. D’autres circuits, tels Suzuka ou Mount Panorama en Australie, seront disponibles ultérieurement dans un DLC.

La modélisation des circuits est impressionnante, comme ici avec le Raidillon de Spa-Francorchamps.

Il faut d’ailleurs avouer que Assetto n’est pas avare en contenu. La licence complète du championnat GT est présente, que ce soit les circuits, les écuries et leurs pilotes mais aussi les voitures. Plus de 200 configurations de véhicules sont ainsi disponibles, ce qui devrait promettre de nombreuses heures de jeu aux pilotes en herbe. Chacune des 24 voitures nécessite par ailleurs sa propre stratégie de conduite ainsi que la configuration requise en fonction du circuit ou de la météo. Et c’est sur ce point bien précis qu’ACC se démarque de la concurrence, il s’en distingue même.

Le côté gestion et stratégie du jeu est clairement son point fort. Le moindre aspect technique de la voiture peut être modifié, que ce soit la pression des pneus, la hauteur de caisse ou encore l’aérodynamisme. Si cet aspect est à double tranchant, au risque de laisser les néophytes sur le carreau, les connaisseurs y trouveront plus que certainement leur bonheur. Le temps passé dans les réglages de la voiture pouvant être long, parfois bien plus que sur la piste. D’ailleurs, chaque circuit nécessitera une configuration différente, en fonction de ses virages, son adhérence, ou ses lignes droites.

Le jeu requiert une réelle gestion en course, notamment au niveau des pneus et des composantes du véhicule.

Par ailleurs, ces configurations influencent clairement la façon dont le joueur vivra la course. Et cette sensation de conduite est franchement impressionnante. Tout est fait pour immerger le joueur au plus proche de l’asphalte. Le rendu sonore est par ailleurs impeccable, notamment lors du passage de la voiture sur les bouts de gomme disséminés ou sur les vibreurs lignés.

Outre les stratégies de course, le gameplay du jeu fait partie des meilleurs dans les jeux de course automobile. Il est d’ailleurs important de préciser qu’il se révèle presque injouable à la manette, tant la précision est primordiale dans ACC. C’est pourquoi tout a été fait pour que la conduite au volant se révèle irréprochable. Le retour de force est parfaitement géré et calibré et l’influence de la météo se fait vite ressentir en course. La physique des véhicules est impeccable, tout comme leur comportement dans les virages. Autant le dire sans mâcher ses mots : Assetto Corsa Competizione est un des jeux de course qui offre les meilleures sensations de conduite.

Ce gameplay combiné au contenu font que les joueurs vont avoir besoin de nombreuses heures avant de boucler à 100% ACC, comme ce fut le cas déjà sur PC. Si l’offre de contenu n’est certes pas pléthorique, elle a le mérite d’être bien suffisante. On retrouve ainsi le strict nécessaire, à savoir le mode championnat, le mode un joueur (une seule course, avec plusieurs paramètres à régler), le mode carrière et le mode multijoueur.

Difficile de trouver un autre mode qui aurait été bienvenu, même si ceux présents restent perfectibles, et notamment le mode carrière. Celui-ci se contente du service minimum au détriment d’un réel mode carrière. Le joueur se contente ici de faire des courses d’initiation, de créer son écurie avec voiture au choix, pour enfin enchaîner les grands prix. Il aurait été préférable de pousser légèrement l’immersion, avec par exemple la création de son propre pilote, ainsi que des cutscenes le mettant en scène. Un côté gestion aurait pu également être apporté, comme le choix des sponsors, et pourquoi pas même la création de son propre quartier général.

Conclusion

Destiné aux passionnés de sport automobile, Assetto Corsa Competizione est un jeu de course très réaliste qui vient se positionner comme le principal rival de Project Cars dans le segment des simulations. Les courses demandent une réelle stratégie, autant dans la conduite que dans la gestion des pneus et des arrêts au stand. Competizione est d’ailleurs très exigeant et s’adresse avant tout à un public connaisseur, au risque de laisser sur le carreau les débutants. Néanmoins, volant en main – la manette est à éviter coûte que coûte -, les sensations de conduite atteignent une intensité rare. Côté contenu,  on retrouve la licence du championnat GT, des tas de circuits officiels, et plusieurs modes de jeu assez classiques. On regrette toutefois que le mode Carrière ne prenne finalement aucun risque et reste très classique. Sur consoles, le jeu perd également un peu en beauté. Il est très clairement un cran en-deçà de la version PC. Cela reste globalement joli, surtout sous la pluie et de nuit, mais on est très loin de la claque graphique. Sans révolutionner le genre, Assetto Corsa Competizione s’impose comme un très bon jeu de course pour les amateurs de simulation automobile, et assurément l’un des incontournables de cet été. 

Assetto Corsa Competizione

7.5

Gameplay

9.0/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Le plaisir de se retrouver sur des circuits plus vrais que nature
  • Une gestion complète en course
  • Très exigeant en conduite
  • 24 voitures parfaitement modélisées
  • Les effets de pluie et de lumières de nuit impressionnants

Les - :

  • Graphiquement un cran en-dessous de la version PC
  • Injouable à la manette
  • Un mode carrière qui manque de profondeur
  • Les néophytes vite mis sur le carreau