Si les superhéros de DC n’ont pas franchement impressionné sur grand écran, Warner Bros est parvenu à créer un formidable univers cinématographique pour ses fans à travers une quinzaine de films… 

Le fiasco de la Justice League au box-office a conduit les fans des superhéros de l’écurie DC à se raccrocher à une autre saga, animée cette fois. Depuis 2013, Warner Bros a produit une quinzaine de longs-métrages basés sur la continuité “The New 52”. En avril 2020, la saga a enfin pris fin avec un final en apothéose, “Apokolips War”.

“The Flashpoint Paradox” est la très brillante entrée dans l’univers DC Animated.

L’aventure a débuté en 2013 avec Justice League: The Flashpoint Paradox, un long-métrage sanglant dans lequel Barry Allen, alias The Flash, tente de rétablir l’ordre après l’avoir bouleversé lors de l’un de ses voyages dans le temps. Comme les films sortis au box-office, les films DC Animated suivent une trame principale et sont pratiquement tous interconnectés. Bien sûr, tous ne se valent pas. Il y a des hauts et des bas. Mais le final en apothéose mérite que l’on y consacre quelques heures de sa vie… Car oui, DC a enfin eu droit à son Avengers Endgame avec “Apokolips War”, tout fraichement sorti, dans lequel la ligue des justiciers affronte la plus dangereuse menace : Darkseid, le Thanos du DCU.

Un final brutal

Si de prime abord, le DC Animated Movie Universe s’écarte du DCU, plusieurs films établissent un parallèle, à l’image de “La mort de Superman”, qui rappelle “Batman vs Superman” dans son approche et mènera au final apocalyptique teasé dans le film de la Justice League de Zack Snyder. Apokolips War ressemble étonnamment au final que Zack Snyder avait imaginé pour le DCU. Barry Allen, qui n’est jamais beaucoup apparu à l’écran au cinéma, occupe ici une place centrale – qu’il aurait d’ailleurs dû revendiquer dans le DCU dans le film qui était présumé lui être consacré.

Constantine occupe l’un des rôles centraux dans le DC Animated.

La montée en puissance est progressive. A travers ses 15 films, Warner Bros est parvenu à explorer la personnalité de chacun des superhéros. Difficile de ne pas s’attacher à Flash, Superman et Damien, le fils de Bruce Wayne, probablement 3 des personnages parmi les plus touchants de cette saga. DC a également donné de la place à des personnages qu’on n’a pas l’habitude de croiser dans des films, même d’animation. Les Teen Titans sont de la partie, au même titre que Swamp Thing, Zatanna, Constantine, Etrigan, Blue Beetle, Hawkman, Mera ou Cheetah. Certains personnages ont tendance à être un peu trop relégués au second plan, à l’image d’Aquaman, de Bane ou du Joker. Mais il faut bien admettre qu’il aurait été difficile de caser tout le monde. Et oui, l’un ou l’autre films étaient franchement dispensables – Batman Bad Blood, qui ne sert qu’à introduire une Batwoman sans envergure, Wonder Woman : Bloodlines, qui n’avait pas vraiment de raison d’être, et le Justice League vs Teen Titans, qui ressemble davantage à un spin-off qu’à une véritable entrée -, mais dans l’ensemble, le tout se révèle plutôt cohérent. Les scénaristes ont brillamment adapté certains des scénarios les plus captivants des comics, de la Court des Hiboux à Suicide Squad, beaucoup plus fidèle à l’oeuvre originelle que le film sorti dans les salles…

Le final en apothéose est au niveau d’un Avengers Endgame.

Un casting très riche

Le squelette du DC Animated Universe reste toutefois bien l’éternel combat de la Justice League contre Darkseid, introduit dès le second film. Les choses s’accélèrent dès l’arrivée de Doomsday dans La Mort de Superman. Là où l’univers de DC parvient à nous surprendre, c’est justement dans sa façon de mettre en avant des personnages qu’on imaginait difficilement prendre un rôle crucial. Constantine fait partie d’eux. Et son introduction dans l’excellent Justice League Dark fait partie des moments forts de la saga.

Notons toutefois qu’il vaudra mieux être averti avant de se lancer dans la saga : les films animés ont tendance à être parfois très violents. Le final est sanglant est atrocement frustrant pour les spectateurs. Plusieurs héros tirent leur révérence dans les larmes. Plusieurs passages sont touchants. Plus encore que celui de la mort d’Iron Man dans Avengers.

Certains passages sont d’une rare brutalité.

L’autre grande réussite de la saga de DC, c’est d’être parvenu à assurer une continuité dans les personnages. Damien Wayne grandit, sa voix change d’épisode en épisode. Il gagne en maturité. Des relations amoureuses se tissent, d’autres disparaissent. On a l’impression d’avoir une série durant plusieurs saisons à l’issue des 15 films qui composent la timeline principale. Et malgré la thématique, DC est parvenu à se montrer sensible et humain.

Si elle reste relativement méconnue en Europe, la saga animée de DC a en revanche connu un joli succès aux Etats-Unis, avec des revenus qui auraient dépassé les 55 millions de dollars pour le total des 15 films. Plutôt pas mal pour du “direct-to-video”.