C’est dans un contexte propice aux jeux multijoueurs que Riot Games nous propose un nouveau soft en cet été 2020. Célébrant dans quelques mois les 11 ans du célèbre League of Legends, le studio californien revient avec Valorant, FPS tactique qui s’inspire de ce qui ce qui se fait de mieux dans le genre. L’influence de Counter Strike se fait fortement ressentir, mais est-ce que Valorant parvient à se démarquer, voire à surpasser son principal concurrent ?

On ne présente plus le studio Riot Games, à l’origine du célèbre et désormais culte League of Legends. Fort d’une communauté de près de 65 millions de joueurs mensuels et des pics de connexion à 3 millions joueurs en simultanés, le titre est aujourd’hui un incontournable et est un des jeux les plus suivis lors des compétitions e-sports. Profitant de ce succès, Riot dévoile le Project A en octobre 2019 lors du Legend10, premier jeu à ne pas bénéficier de l’univers de Runeterra. Présenté comme FPS tactique proposant un gameplay varié en fonction du personnage et un système anti-triche à la pointe de la technologie. 8 mois plus tard, Valorant est disponible, après de nombreux mois passés en bêta fermée.

Des règles de bonne conduite

Au premier lancement du jeu, on ressent immédiatement le point sur lequel les équipes de Riot insistent le plus : le fair-play et l’entraide. C’est d’ailleurs à une charte aux 4 commandements que le joueur doit adhérer, et ce afin de maintenir le mieux possible une ambiance bon enfant et respectueuse au sein de la communauté. S’il y a peu de doutes que la communauté respecte ce code de bonne conduite, l’intention est louable de la part des développeurs.

Une charte de bonne conduite est à accepter au premier lancement du jeu.

Toujours dans l’optique de préserver l’intégrité du jeu, Riot a développé un logiciel de sécurité anti-triche, nommé Riot Vanguard. Installé automatiquement lors de l’installation de Valorant, ce système repérera les tricheurs et aura tôt fait de les bannir. N’empêche que le programme reste obligatoire pour jouer au FPS, qu’il reste actif même lorsque Valorant est coupé et qu’il se lance automatiquement au démarrage du PC. Niveau vie privée et intrusion, on aura vu mieux, même si Riot assure que son logiciel ne représente aucun risque pour la vie privée de l’utilisateur et qu’il ne récupère aucune donnée le concernant. On a franchement du mal à les croire, même si on leur laisse le bénéfice du doute.

La bataille pour le Spike

Une fois ces 4 commandements acceptés, le monde de Valorant s’ouvre enfin à vous, après être évidemment passé par un entraînement bienvenu, notamment pour les non-initiés aux FPS tactiques. Le soft se prend ainsi vite et facilement en main, avec des mécaniques vues et revues mais plutôt efficaces. Après quelques minutes de didacticiels, vous pouvez vous lancer, avec des amis ou dans une équipe attribuée aléatoirement à l’un des deux modes de jeu de Valorant.

Certes, le jeu n’en n’est qu’à ses balbutiements, mais ce sont bien deux uniques modes de jeu qui sont disponibles pour l’instant. Le premier, la partie non-classée, est une simple succession de manches, dans lesquelles on prend à tour de rôle les rôles d’attaquants puis de défenseurs. L’objectif est ainsi de poser ou de désamorcer le Spike, une espèce de bombe dans une des zones définies sur la carte. La première équipe à arriver à 13 manches gagnantes remporte la partie. Le second mode de jeu est Spike Rush. Un condensé des parties non classées, où le tout se joue en 4 manches gagnantes, avec des armes aléatoires identiques pour tous les joueurs et des orbes de bonus à récupérer sur le champ de bataille. Ces courtes parties permettent une action plus dense et nerveuse, où chaque élimination et mort à bien plus son importance.

Chaque début de manche permet à l’utilisateur d’acheter points de sorts, armes et boucliers.

Quant aux mécaniques de jeu, elles rappellent évidemment un certain Counter Strike. Les déplacements, l’utilisation des armes mais également les modes de jeu rappellent fortement le soft de Valve, au point où on se demande parfois si on ne joue pas à une mise à jour de CSGO. Valorant n’en reste pas moins appréciable et plaisant à jouer, avec des environnements et des personnages hauts en couleur. Ceux-ci possèdent d’ailleurs une classe et plusieurs compétences, qu’on comparerait vite fait à des grenades explosives ou fumigènes ou encore d’un lancer de Molotov. Ces compétences ou sorts s’achètent avant chaque manche avec des crédits amassés grâce aux éliminations, au même titre que les armes. Plutôt nombreuses et variées, elles permettent quant à elle de varier les approches et stratégies.

Un level-design très inspiré

Les niveaux dans lesquels évoluent les personnages sont quant à eux très recherchés. S’il n’y en a pour l’instant que 4 et que nul doute que Riot en proposera plus à l’avenir, chacune propose une approche et une manière de combattre différente. On notera par exemple Bind, qui introduit des portails afin de se retrouver très facilement de l’autre côté de la map et rapidement prendre l’adversaire à revers. Split est plus verticale, avec des niveaux inférieurs et supérieurs, laissant la part belle aux fusils de précision.

L’univers très coloré de Valorant fait pour sa part beaucoup penser à Overwatch de Blizzard. Les personnages sont charismatiques et devraient vite arriver à rentrer dans le cœur des joueurs. Seules leurs voix françaises sont à déplorer, au point d’être parfois agaçante et à vouloir les passer en version originale. Les niveaux étant eux aussi très colorés, on peut vite redouter une certaine illisibilité dans les affrontements. Rassurons-nous, il n’en est rien, loin de là. Le soft est irréprochable à ce niveau, chaque phase de jeu étant parfaitement claire.

Les affrontements ne seront en aucun cas illisibles.

Il y en revanche un point sur lequel Valorant déçoit, c’est sur sa qualité graphique. Il apparaît surprenant qu’en 2020, avec la puissance de traitement des ordinateurs actuels et les capacités techniques des moteurs de jeu, un jeu aussi peu avancé graphiquement sorte encore. Les décors sont très peu détaillés, remplis d’aliasing et la modélisation des personnages n’est pas aboutie. C’est d’autant plus étonnant que le jeu est plutôt gourmand en ressources et n’hésitera pas à pousser l’ordinateur dans ses retranchements.

Enfin, là où Valorant arrive sans mal à se démarquer, c’est au niveau de sa bande sonore. Certes, la VF est très décevante, ce qui n’est en revanche pas le cas des différentes mélodies et musiques. Les musiques de fin de match prolongent bien les ambiances des parties, qu’elles soient perdues ou gagnées. Lors d’une élimination, une petite mélodie cartoon est jouée afin d’accentuer cette mort et d’amplifier le style cartoon du jeu. Toutes ces compositions viennent s’ajouter à des parties déjà très intenses et jouissives. Il va être assez difficile de s’ennuyer sur ce Valorant.

Conclusion

Sans révolutionner le genre, Valorant fait le boulot et plutôt bien. Les mécaniques de jeu sont bonnes, les armes sont variées et plaisantes à manier et les environnements franchement très réussis. On regrettera pourtant que le jeu se soit beaucoup trop inspiré de Counter Strike, au point où la ressemblance saute clairement aux yeux à certains endroits. Les menus et le gameplay sont calqués sur le jeu de Valve. Néanmoins, rendons à Riot ce qui appartient à Riot, les pouvoirs sont les bienvenus et se marient bien au style de jeu tout comme l’esthétique des niveaux et personnages. Le jeu n’est pas beau, loin de là, et est pourtant très gourmand en terme de ressources. Si les graphismes ne sont pas à la hauteur, le level design est excellent et les sensations sont là. Le manque de contenu fait en revanche très mal. Avec seulement 4 cartes pour 11 personnages et seulement 2 modes de jeux, Valorant ressemble pour l’instant davantage à une grosse démo qu’un jeu complet. Pour un free-to-play, Valorant n’est absolument pas un pay-to-win. Les seuls éléments à acheter contre argent comptant ne sont que des skins, ce qui est plutôt honorable. Nul doute que l’expérience des employés de Riot les poussera à peaufiner le projet, qui ne peut que s’améliorer avec le temps. Les bases d’un solide FPS multi sont là, mais il faudra sans doute du temps pour transformer cet essai en totale réussite… 

Valorant

6.6

Gameplay

7.5/10

Contenu

5.0/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Des parties nerveuses et intenses
  • Lisibilité parfaite en toute circonstance
  • Un level design qui laisse place aux stratégies
  • Le mode Spike Rush
  • Une bande son efficace

Les - :

  • Des graphismes datés
  • Des sorts pas assez variés
  • Inspiration CS omniprésente
  • Contenu au lancement un peu faiblard
  • Un logiciel anti-triche obligatoire qui paraît intrusif