Très populaire sur Xbox, la franchise Gears of War nous revient avec un surprenant Gears Tactics qui reprend le concept des X-COM et est temporairement disponible uniquement sur PC. 

Adapter un jeu TPS en jeu de stratégie au tour par tour n’est pas une mince affaire. C’est pourtant ce que Microsoft et The Coalition ont tenté de faire en nous proposant ce Gears Tactics. 6 mois après un Gears 5 qui nous avait moyennement convaincu, le premier vrai épisode dérivé de la saga sort enfin sur PC et il faut admettre que le pari est plutôt bien remporté. En s’inspirant de ce qui a précédemment été fait dans des classiques du genre (XCOM en tête d’affiche), Gears Tactics parvient à apporter son petit plus sur le champ de bataille mais semble délaissé sur d’autres aspects.

“C’est pas ma guerre mon colonel !”

Le nom du protagoniste principal, Gabe Diaz n’est pas inconnu des fans de la saga. En effet, Gears Tactics donne au joueur le contrôle du père de Kait Diaz, l’héroïne de Gears 5, près de 12 ans avant les faits du tout premier épisode. Alors que la Terre est en pleine attaque Locuste, la Coalition des Gouvernements Unis prend la décision de faire un bombardement sur Sera afin d’éradiquer la menace alien, au risque de subir de lourdes pertes civiles. Qu’à cela ne tienne, le résultat est tel que la population terrienne s’en voit fortement meurtrie et les envahisseurs Locustes renforcés, avec à leur tête le scientifique Ukkon. C’est ainsi que le Sergent Gabe Diaz, ex Gear grandement décoré, se voit rappelé dans le but de reformer une escouade capable de se débarrasser du chef ennemi.

Gabe Diaz est le protagoniste de cet épisode.

Si cet objectif sert de trame tout au long de l’aventure, on aurait tout de même pu en attendre un peu plus. En effet, servant de prequel à la franchise, ce Gears Tactics n’en apprend pas assez sur le pourquoi de cette guerre, surtout pour un non-initié à la franchise. Au contraire, le joueur se voit propulsé dans l’aventure, avec pour mission de reformer les Gears et de tuer Ukkon qui rend les Locustes plus puissants. Point.

Cependant, si l’intrigue et l’introduction semblent précipités et peu aboutis, il faut admettre qu’au fil des missions et avec le temps, les twists sont bien présents et parviennent encore à surprendre. Aidé par des personnages aux comportements bien différents, le scénario prends des tournures parfois inattendues et bienvenues.

Du côté des personnages centraux à l’épisode, les caractères et vécus sont très différents les uns des autres. Gabe Diaz est, pour sa part, le personnage principal et se montre pourtant souvent en retrait. Son passé de Gear reconverti en mécano en dit long sur son état d’esprit et sur le mépris qu’il porte envers la CGU et la guerre qu’elle mène. Sid Redburn est, quant à lui, à l’extrême opposé de Diaz. Extrêmement fidèle envers le gouvernement, il est prêt à tout pour réussir la mission qui lui est confiée et représente l’archétype parfait du soldat badass qui n’éprouve aucun sentiment. Enfin, le dernier soldat est Mikayla Dorn, résistante face au pouvoir en place qu’elle accuse d’avoir abandonné le peuple, elle accepte de se mettre au service des Gears, quitte à mettre de côté certaines rancunes.

Du TPS au tour par tour, il n’y a qu’un pas

Afin d’adapter au mieux sa franchise au système du tour par tour stratégique, The Coalition s’inspire fortement de ce qui marche le mieux dans le domaine. Et il faut bien admettre que le résultat est fort convaincant. L’ADN de Gears of War est bien présent et fonctionne très bien avec ce système de jeu. Là où certains jeux conseillent de privilégier la discrétion et l’élimination avant le côté bourrin, Gears Tactics adopte une approche plus agressive, où le joueur devra évoluer dans les environnements en s’aidant, comme dans la série originelle, des couvertures et protections, primordiales dans ce XCOM-like. Rester à couvert est impératif et il est nécessaire de se maintenir en mouvement, au risque de vite se voir contourné et encerclé par les unités ennemies.

L’IA des ennemis est d’ailleurs un point primordial dans ce style de jeu. Affronter des hordes d’ennemis qui ne réagissent pas suffisamment bien aux actions du joueur serait fort préjudiciable. Les développeurs ont d’ailleurs fait un travail remarquable sur ce point. Les Locustes se battent intelligemment et font tout pour compliquer la tâche du joueur. Possédant 3 PA (points d’action) au même titre que le joueur, ils les mettent très bien à profit en contournant la position défensive d’un Gear pour ensuite se mettre en vigilance, empêchant toute action à venir dudit soldat.

Ces 3 PA sont importants dans le soft. En effet, là où la plupart des titres du genre ne permettent que deux actions consécutives, Gears Tactics permet beaucoup plus de profondeur et d’action dans la bataille. Il est par ailleurs possible d’enchaîner trois tirs d’affilée, ou de les combiner avec un lancer de grenade. Face aux nombreuses hordes présentes lors de certaines batailles, on en tire assez vite profit.

Les puits d’émergence rythment plutôt bien les parties.

Plusieurs types de missions sont prévues pour diversifier le plus possible les parties. Si certaines sont plus bateaux comme le sauvetage de soldats ou encore du sabotage, d’autres sont assez originales et ressortent du lot. On retiendra notamment les “Raids de ressources” ou encore les missions de “Contrôle”. Les premières se basent sur un maintien constant du déplacement afin d’éviter le bombardement des Nemacysts tout en récupérant de nombreuses caisses de ressources, composées d’armures ou d’améliorations d’armes. En plus de permettre d’améliorer ses soldats, les caisses sont éparpillées sur l’ensemble des cartes, ce qui pousse à explorer les environnements dans le but de les trouver. Il est d’ailleurs à noter que ces caisses sont présentes lors de tout type de mission.

Les missions de “Contrôle” s’apparentent plus à ce qu’on a l’habitude de retrouver dans de nombreuses parties en multijoueur de FPS. Il faut se rendre à un point avant l’ennemi, en l’occurrence des points de ravitaillements, et y rester un certain nombre de tours. Cela peut paraître aisé, mais avec les puits d’émergence, la tâche est bien plus ardue qu’elle n’y paraît. Présent dans également d’autres types de mission, ces “réservoirs à ennemis” fourniront le champ de bataille en Locustes à zigouiller jusqu’à ce qu’un des soldats n’y balance une grenade afin de le refermer. Autant dire qu’il est impératif de le détruire le plus vite possible, au risque de se retrouver très vite dans une position des plus délicates.

Mettre au point l’escouade parfaite

Les escouades ne peuvent pas dépasser 4 soldats.

Pour être prêt à partir au combat, la composition de l’escouade est ô combien importante. Composée de 4 soldats, il faut réfléchir auxquels embarquer dans la mission, en prenant compte de leur classe : Sniper, Eclaireur, Soutien, Avant-garde et Unité lourde. Chacune possédant ces propres armes et compétences, les combinaisons sont multiples pour partir à l’assaut des ennemis Locustes. Les soldats sont d’ailleurs entièrement personnalisables, jusqu’à l’aspect physique pour les personnages secondaires. Les armures se remplacent par de plus puissantes, et les armes sont modifiables avec de nouvelles composantes pour améliorer leurs stats.

Les soldats sont presque entièrement personnalisables.

Si les armes sont modifiables au bon vouloir du joueur en fonction des mods dont il dispose, il faut bien avouer que changer d’arme n’aurait pas été de trop. Chaque soldat possède ainsi une arme principale, propre à sa classe, accompagnée d’une arme secondaire, semblable à tous et s’apparentant à un pistolet peu efficace mais précis. Donner la possibilité à un sniper de se retrouver avec plusieurs types de fusil de précision ou encore permettre à une unité lourde de dégainer un lance-grenade manque cruellement dans un jeu où la personnalisation des unités est importante.

Des graphismes à la hauteur

Les environnements sont particulièrement réussis.

Dans la plupart des jeux de stratégie, la qualité graphique est souvent délaissée au profit du gameplay. Gears Tactics est l’exception qui confirme la règle. Chaque environnement est magnifié par des effets de lumière franchement très réussis et semblent très vivants malgré la dévastation qu’ils laissent transparaître.

S’il est très beau ingame, il est plus inconstant durant les cinématiques. Certaines séquences sont franchement impressionnantes, tandis qu’on est parfois surpris par des problèmes de textures ou d’aliasing qui arrivent à certains moment. Cependant, ces quelques petits bémols n’ont en rien impacté l’expérience de jeu et ne se sont produits que rarement et fort brièvement.

C’est d’ailleurs durant ces cinématiques que l’on reconnait la patte graphique de la série. Là où Gears 5 était très beau, Gears Tactics garde la même ligne de conduite en proposant des séquences qui ne manqueront pas de ravir le joueur, notamment sur les ordinateurs les mieux équipés.

Manque de contenus

Là où le jeu manque de finition, c’est clairement au niveau du contenu. Les développeurs avaient bien précisé sur Twitter qu’il n’y aurait pas de micro-transactions, ce qui n’a pas manqué de ravir les fans. En revanche, ils ont également annoncé que le jeu ne serait pas fourni avec un mode multijoueur. Et c’est là que le bas blesse, le jeu paraît terriblement répétitif en solo.

Du côté des parties solos, les missions s’enchaînent longuement, jusqu’à devenir lassant au bout d’un moment. Outre la gestion et la personnalisation des soldats recrutés, le titre ne propose aucune gestion sur le côté. Proposer au joueur de gérer un campement à améliorer ou à construire aurait pu permettre au jeu d’encore plus se démarquer par rapport à son principal concurrent.

Si la campagne est solide, et devrait vous tenir scotché près de 40h, encore faut-il en venir à bout donc. Au prix plein, difficile de justifier l’absence d’un mode multi qui aurait pourtant donné beaucoup plus de substance à ce spin-off… Si attendre une baisse de prix serait judicieux pour le joueur, il est important de noter que le jeu est intégré à l’offre XBOX Game Pass de Microsoft, à 10€/mois.

Conclusion

S’inspirant très ouvertement des X-COM, Gears Tactics est indéniablement un bon jeu, qui souffre toutefois d’un certain manque de substance. Si sa campagne, longue de près de 40h, tiendra les fans scotchés à leur PC, l’aventure n’en reste pas moins répétitive et l’absence d’à-côtés se fait ressentir. Un système de gestion de Q.G. et un mode multijoueur n’auraient clairement pas été de trop. Le jeu de stratégie de The Coalition a du mal à justifier son lourd tarif de 69,99€. Le titre n’en reste pas moins réussi, surtout dans son gameplay très nerveux pour le genre, qui force le joueur à user et abuser des déplacements. Malgré des objectifs peu ambitieux, les missions restent jouissives dans l’ensemble et plusieurs mécanismes de jeu apportent un réel plus, à l’image des 3 points d’action par soldat qui ajoutent une nouvelle dimension au jeu par rapport aux autres références du genre. Visuellement, Gears Tactics est également très beau. Les effets de lumière mettent bien en valeur les environnements dans lesquels évoluent Gears et Locustes. Si vous êtes un fan de ce genre de jeu, nul doute que vous trouverez votre bonheur dans le titre qui, rappelons-le, fait également partie de l’abonnement GamePass. 

Gears Tactics

8

Gameplay

9.0/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

8.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

8.5/10

Les + :

  • La beauté de l'environnement et des effets de lumière
  • Les tirs en rafales toujours aussi fous
  • Des types de mission variés
  • Les 3 points d'action apportent un plus dans le gameplay
  • Le scénario est comme un diesel, il monte en puissance au fil de l'aventure

Les - :

  • Peut s'avérer répétitif à la longue
  • Un mode multi aurait été le bienvenu
  • La VF n'est pas vraiment marquante
  • Un prix excessif (69,99€)