La France force Amazon à cesser le commerce “non-essentiel”

Une décision de justice qui impose à Amazon de limiter la vente d’objets non essentiels durant un mois.

Si les magasins français ont dû fermer leurs portes pour tenter de limiter la propagation du coronavirus en France, ce n’est pas le cas d’Amazon qui continue d’expédier des colis tous les jours aux quatre coins du pays. Une situation qui est qualifiée de « mise en danger de la vie d’autrui » par l’Union syndicale Solidaires et l’association Les Amis de la Terre qui ont porté plainte contre le géant des sites de vente en ligne.

Une plainte qui a été jugée recevable par le tribunal judiciaire de Nanterre et qui a statué en faveur du syndicat et de l’association. Le tribunal impose à Amazon de restreindre l’activité de ses entrepôts aux produits dits essentiels. « Amazon France Logistique a de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés, ce qui constitue un trouble manifestement illicite », a indiqué le tribunal de Nanterre.

La décision de justice entrera en vigueur pour une durée d’un mois. Durant cette période, les employés d’Amazon devront limiter leur activité à réceptionner, préparer et expédier des produits alimentaires, d’hygiène et médicaux. Il ne sera donc plus possible de se faire livrer des livres, consoles de jeux, kit de jardinage, etc. Une décision qui devrait forcément limiter les livraisons – selon l’Union Syndicale Solidaires, les produits essentiels ne représenteraient que 10% des livraisons Amazon – et donc les risques de contaminations des employés et des clients d’Amazon.

S’il ne respecte pas la décision de justice, Amazon s’expose à un million d’euros d’amende par jour de retard et par infraction constatée. Le géant de l’e-commerce a également été condamné à verser 4.800 € de dommages à l’Union syndicale Solidaires.

Évidemment, le groupe Amazon conteste la décision de justice, indiquant que des dispositions sanitaires ont été mises en place pour assurer la sécurité de ses employés. Au début du mois d’avril, Amazon avait indiqué qu’il ne se chargerait plus de la vente de jeux vidéo, produits non-essentiels pour l’entreprise.