Quelque part à mi-chemin entre “Snake” et “Crazy Taxi”, Snakeybus tente de créer un style de jeu à part entière, sans jamais vraiment y parvenir… 

Le dernier jeu édité Digerati nage à contre-courant de productions actuelles, osant se distinguer des autres jeux de conduite par son concept volontairement chill qui consiste à conduire un bus dans les rues de grandes métropoles et à multiplier les allers-retours aux quatre coins de la ville pour déposer les voyageurs à leurs destinations. Toutefois ici, pas de timer ni de passagers trouble-fête. Snakeybus est un jeu qui se joue de façon très relax, confortablement installé dans son canapé.

Pour progresser, il faudra apprendre par cœur le level-design des niveaux.

La particularité du titre vient de la longueur du bus, qui ne cesse de s’allonger jusqu’à devenir un gigantesque convoi sillonnant en permanence la ville. Progressivement, le jeu se transforme alors en une véritable partie de Snake en 3D. Il faudra tout faire pour éviter de se faire piéger à son propre jeu par la longueur de son convoi, que ce soit en empruntant des raccourcis, des tracés plus longs on en longeant la suite de son convoi, le tout en continuant à récupérer des passagers.

Rigolo au premier abord, le concept montre toutefois vite ses limites. D’autant plus que le jeu reste relativement facile et que la plupart des éléments – bus & niveaux – se débloquent très vite. En à peine une petite heure de jeu, on a la sensation d’avoir déjà fait le tour de tout ce que Snakeybus a à proposer.

Paradoxalement, le contenu reste massif pour un jeu vendu à peine 10€. On retrouve plusieurs villes – modélisées de façon très libre bien sûr -, avec notamment Paris et Miami au programme, mais également des créations plus originales. Il faudra toutefois vraiment accrocher au concept très particulier du jeu pour y trouver son compte. Car même à 10€, Snakeybus est un jeu qui s’expédie très vite, pas franchement palpitant ni totalement réussi au niveau de sa réalisation. Les graphismes sont plutôt jolis, les décors stylés, mais le jeu manque cruellement de vie.

Artistiquement, c’est plutôt sympa.

Même constat pour la bande son, encore une fois correcte, mais qui ne donne pas vraiment une identité particulière au jeu. Très souvent, on a l’impression de jouer à un jeu mobile. On ne s’étonnera d’ailleurs pas de très vite éprouver une forme de lassitude en y jouant. Snakeybus est typiquement le genre de jeu qu’on parcourt au cours de petites sessions de jeu.

Côté gameplay aussi, le constat est en demi-teinte. Le jeu est plutôt rapide et propose des contrôles simples, mais ceux-ci restent parfois très approximatifs et la construction des niveaux n’est pas franchement inspirée. On sent dans Snakeybus un réel potentiel de fun, qui reste en permanence totalement sous-exploité. Et c’est finalement là tout le problème car même à 10€, difficile de prendre son pied sur ce petit jeu sans grande ambition, qui vous divertira correctement pendant 1 ou 2h mais ne parviendra jamais à susciter chez vous un sentiment d’attachement…

Conclusion

Malgré un concept totalement délirant qui était très séduisant sur le papier, Snakeybus ne parvient pas totalement à convaincre, la faute à un gameplay très approximatif et un level-design moyennement inspiré. Quelque part à mi-chemin entre un Crazy Taxi et un Snake, le jeu édité par Digerati a le mérite d’oser quelque chose de nouveau, sans vraiment parvenir à convertir cet essai en une franche réussite. Pour un jeu à seulement 10€, c’est plutôt joli, le contenu est très correct et on pourra même se surprendre à se divertir un à deux heures. Snakeybus ne parvient toutefois jamais vraiment à briller et manque d’un élément crucial à sa réussite : le fun. 

Snakeybus

5.2

Gameplay

4.0/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

4.5/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Une direction artistique sympathique
  • Seulement 10€
  • Un concept séduisant
  • Une belle diversité dans les niveaux

Les - :

  • Ca manque cruellement de fun
  • Un level-design peu inspiré
  • On fait très vite le tour du jeu
  • Le concept est sous-exploité