Disponible en accès anticipé, Necronator Dead Wrong mêle les genres et propose une aventure à la croisée du jeu de cartes et de stratégie en temps réel. Un mélange atypique qui mérite le détour ?

Des morts mignons

Le joueur incarne un chevalier mort-vivant fraîchement diplômé de l’Académie des Morts-Vivants.

Sous ses airs de jeu mignon, le dernier titre du studio indonésien Toge Productions nous fait incarner un chevalier mort-vivant. Fraîchement diplômé de l’Académie des morts-vivants, notre chevalier se voit attribuer une quête, celle de devenir le fléau de l’humanité. Son rôle est de lever une armée de morts en vue de réduire en cendres les hommes de l’Alliance Livmor qui se présenteront sur son chemin.

Un scénario de base assez original, même s’il manque de profondeur, mais qui a le mérite de surprendre. Ici, toute action traditionnellement jugée comme néfaste est valorisée.

Du tower-defense à base de cartes

Les troupes se déplacent sur des chemins pré-établis.

Pour mener à bien sa quête, le joueur sera amené à se rendre dans divers endroits (villages, châteaux, etc.), afin d’y semer la mort. En dehors des quelques tableaux de dialogues, la mise à sac des villages se fera sans introduction.

On atterrit ainsi sur un plateau aux décors modestes. D’un côté, nous avons notre sanctuaire, de l’autre le château ennemi à abattre et sur le chemin, quelques petites maisonnées à réduire également en cendre.

Le gameplay du jeu est assez rudimentaire à première vue puisqu’il s’agit avant tout d’un jeu de cartes. Le titre mélange tout de même des aspects de jeu de stratégie en temps réel, ainsi que certaines caractéristiques du tower-defense. Pour mener à bien sa mission et détruire les humains et leur château, le joueur doit sélectionner parmi son deck de cartes des unités de soldats (guerriers, archers, démons) à faire apparaître sur la carte. Il pourra ensuite invoquer des sorts d’attaques ou de soin pour soutenir ses armées. Un fonctionnement qui rappelle forcément Clash Royale sur smartphone.

Le choix des cartes à abattre devra se faire de manière réfléchie puisque le joueur devra prendre en compte la mana que chaque invocation consomme, au risque de ne plus en avoir assez. Il faudra patienter qu’elle se régénère pour pouvoir recommencer les invocations. Une utilisation parcimonieuse est donc préconisée sinon les membres de l’Alliance Livmor pourront débarquer pour attaquer la base d’invocation. Un principe qui rappelle forcément le fonctionnement de League of Legends.

Le joueur pourra contrôler ses unités invoquées ou les laisser attaquer les humains et bâtiments ennemis automatiquement. Bien qu’il se veuille stratégique, le jeu en l’état manque tout de même de challenge. La technique de bazarder toutes ses troupes le plus rapidement possible a fonctionné la plupart du temps.

Des nouveaux soldats et sorts 

Le joueur peut personnaliser son deck de cartes.

Au fur et mesure des batailles remportées, le joueur pourra débloquer de nouvelles cartes d’unités ou de sorts et gérer son deck comme il le souhaite. À l’heure actuelle, le nombre de cartes disponibles est assez limité. Un seul commandant est disponible, mais cela devrait changer dans la version finale du jeu.

La progression sera parfois agrémentée de petits événements aléatoires entre deux massacres de village. Des personnages vont proposeront ainsi des marchés ou des échanges qui permettront d’obtenir des nouvelles cartes, des améliorations ou des reliques. Cela a l’avantage d’apporter un peu de dynamisme au jeu et surtout de casser la succession des niveaux.

Cartoon et pixels

La modélisation du plateau de combat fait beaucoup trop old school.

À l’image du reste, Necronator Dead Wrong mélange les esthétiques. Lors des dialogues, la direction artistique est très jolie et mignonne, avec beaucoup de couleurs. On est face à quelque chose de cartoonesque et jovial, alors que lors des combats, c’est beaucoup moins le cas. Le titre dévoile une esthétique pixelisée, avec des couleurs criardes. Le rendu est loin d’être joli et la modélisation du plateau de combat donne un côté old school qui n’est pas des plus flatteurs. Les décors sont basiques et manquent réellement de détails. Quant aux personnages pixelisés, le rendu est correct.

Bonne nouvelle pour les anglophobes, le jeu est entièrement disponible en français, si ce n’est quelques sous-menus. Un point qui devrait très certainement être corrigé dans la version finale du jeu. Côté bande-son, le studio offre une musique d’ambiance médiévale des plus sympathiques qui cadre parfaitement avec l’univers du jeu.

À terme, le studio prévoit d’intégrer de nouvelles commandes, améliorations et de nouveaux soldats, ainsi que des événements. Il est également question de minimum deux nouvelles campagnes. Des nouveautés qui devraient débarquer au cours des 6 prochains mois, selon Toge Productions.

Conclusion

Le studio indonésien Toge Productions nous livre une aventure atypique, à la croisée des genres. Bien qu’il manque de profondeur, Necronator Dead Wrong séduit avec son univers coloré et ses hordes de morts-vivants. Le mélange de genres est plutôt efficace. Car si de prime abord le jeu se présente comme un simple tower-defense, il parvient à tirer son épingle du jeu avec sa prise en main unique, basée sur l’utilisation de cartes. La recette fonctionne assez bien, même si elle montre relativement vite ses limites. Disponible en accès anticipé à un prix relativement élevé pour un petit jeu indé (+/- 17 €), Necronator Dead Wrong déçoit par sa réalisation technique datée et son contenu relativement léger. Pas sûr que les gamers lui prêteront un œil attentif…

Necronator Dead Wrong

5.9

Gameplay

6.0/10

Contenu

5.0/10

Graphismes

5.5/10

Bande son

6.5/10

Finition

6.5/10

Les + :

  • L'univers est sympathique
  • Les personnages sont attachants
  • Le mélange de genres

Les - :

  • Peu de contenu
  • Les décors de combats peu détaillés
  • Peu de challenge
  • Visuellement, c'est beaucoup trop simple
  • Un tarif trop élevé