Avec ces nouvelles conditions d’utilisation, Google hausse le ton et s’attire les foudres d’association de protection de la vie privée des internautes.

Depuis quelques jours, on peut constater un bandeau d’information sur la page d’accueil de Google ou recevoir un mail informatif sur notre boite de messagerie Gmail concernant de nouvelles conditions d’utilisation. Ces dernières entreront en vigueur le 31 mars prochain et concerneront aussi bien le moteur de recherche que Gmail, Maps que le Play Store, la boutique d’application d’Android. Des nouvelles conditions d’utilisation qui se veulent plus claires, mais qui ont tout de même du mal à passer.

Par le passé, Google avait été épinglé pour son manque de clarté et de spécificité dans ses conditions d’utilisation qui ne permettait pas de savoir exactement comment étaient traitées les données personnelles des utilisateurs. Le fait que l’utilisateur ne puisse accepter ou refuser les CGU séparément pour chaque service de Google avait poussé la CNIL (Commission nationale français de l’informatique et des libertés) à imposer une amende au géant américain. Une sanction de 50 millions d’euros à laquelle Google a fait appel.

Cette fois-ci, le géant du web ne veut plus faire d’erreur et hausse le ton dans ses conditions d’utilisation. Ainsi, en janvier 2019, on pouvait encore lire ceci : « si vous n’acceptez pas les modifications apportées aux Conditions d’Utilisation d’un Service donné, vous devez cesser toute utilisation de ce Service. Vous pouvez cesser d’utiliser nos Services à tout moment. Nous espérons cependant que vous continuerez de les utiliser ». Dans la version qui rentrera en vigueur le 31 mars prochain, le ton est plus brut ; « si vous n’acceptez pas ces nouvelles conditions, supprimez vos contenus et cessez toute utilisation de nos services ».

Un changement qui n’a pas manqué de faire réagit plusieurs associations de défense de la vie privée. Ces dernières estiment qu’il s’agit d’un consentement forcé de la part du géant américain.

« Nous sommes choqués de cette modification qui pour une fois montre la philosophie de Google qui est de forcer le consentement et la cession de nos données personnelles », a commenté Arthur Messaud, juriste auprès de Quadrature du Net, une association qui milite pour la défense de la vie privée sur la toile, au Parisien.

« C’est une claire violation des mesures du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) qui demande un accord beaucoup plus explicite d’un utilisateur plus informé comme l’a rappelé la décision de la Cnil », ajoute-t-il.

La technique de l’autruche

De son côté, Google nie tout changement majeur de sa politique de recueil de consentement. « Nous avons mis à jour nos conditions d’utilisation pour les rendre plus claires et compréhensibles pour les utilisateurs du monde entier – avec une organisation et mise en page améliorées, des termes plus clairs et une plus grande transparence sur les modifications que nous apportons à nos services et produits », a indiqué une porte-parole de Google. « Nous ne modifions pas la manière dont nos produits fonctionnent, ni la façon dont nous collectons ou traitons les données, et nous n’élargissons pas non plus le périmètre des autorisations », insiste la firme.

Évidemment, avec sa position dominante sur de nombreux secteurs (moteur de recherche, application GPS, etc.), Google se permet des choses qui ne passeront pas forcément auprès des associations de défense des internautes. Cela pourrait d’ailleurs même déboucher sur de nouvelles procédures du CNIL. Affaire à suivre, donc.