Huawei préférerait miser sur ses propres applications, les Huawei Mobile Services. 

Cela avait fait l’effet d’une bombe lorsque Google, suite aux recommandations du gouvernement américain, a annoncé qu’il ne collaborerait plus avec Huawei. Qu’allait-il advenir de l’entreprise chinoise ? Allait-elle survivre à l’absence des Google services sur ses smartphones ? Près d’un an après, l’entreprise semble plutôt bien se porter. Et la situation pourrait évoluer en faveur de Huawei.

Le manager de Huawei Autriche Fred Wangfei a indiqué au journal autrichien Der Standard que l’entreprise pourrait faire définitivement une croix sur les services de Google. Si les soupçons à son encontre venaient à se dissiper, Huawei préférerait continuer à développer son propre écosystème plutôt que de redevenir dépendante de Google. Ainsi, l’entreprise ne courrait plus le risque de nouvelles restrictions à son égard.

Un système d’exploitation et un écosystème propre

Suite à la décision de Google en mai dernier de retirer les licences de ses services à Huawei, l’entreprise chinoise s’était attelée à développer son propre système d’exploitation pour smartphone, basé sur la version open source d’Android. Celui-ci comprendrait une boutique d’applications, ainsi que ses propres services de localisation, de recherches et de vidéos, les Huawei Mobile Services, pour remplacer Maps, Chrome et YouTube. L’entreprise chinoise a débloqué un budget de 3 milliards de dollars pour faire face aux restrictions de Google.

Si Huawei se dit prêt à ne plus surfer sur les services de Google à l’avenir, cela ne veut pas dire que toutes relations seraient coupées. En effet, pour l’instant, une majorité des smartphones et tablettes Huawei tournent toujours sur Android et possèdent encore les services Google. Ce qui oblige d’une certaine manière les deux entreprises à rester en contact.

Une communication en deux teintes

Suite à la publication de l’article du journal autrichien Der Standard, Huawei a déclaré à The Verge que la situation vis-à-vis de Google n’avait pas changé. « Notre premier choix est l’écosystème Android ouvert, y compris GMS (Google Mobile Services) – c’est ce qui nous a permis de devenir le numéro deux mondial », indique le communiqué de l’entreprise chinoise envoyé à The Verge.

« Je crois que Google et Huawei espèrent qu’une licence sera accordée. Suite aux sanctions, nous développons actuellement HMS (Huawei Mobile Services) – invitant les développeurs d’applications à se joindre à nous. Cette offre a suscité beaucoup d’intérêt positif en Europe. Il convient de rappeler que nous avons été l’un des principaux contributeurs au système d’exploitation open source Android au cours des cinq dernières années », précise Huawei.

Une déclaration qui vise sans nul doute à apaiser les éventuelles tensions avec Google, ainsi qu’à rassurer ses clients qui espèrent encore pouvoir profiter des services de la firme américaine. Cependant, le communiqué ne contredit pas vraiment les propos de Fred Wangfei ce qui laisse penser que Huawei s’apprêterait réellement à prendre son indépendance. L’entreprise travaille depuis plusieurs mois dans ce sens, mais de là à faire une croix sur les services de Google… seul l’avenir nous le dira.