La faible disponibilité de travaux pertinents concernant les effets de la 5G sur la santé humaine ne permettrait pas de tirer des conclusions. 

Si beaucoup de personnes s’impatientent de pouvoir profiter de la vitesse de surf de la 5G, d’autres s’inquiètent des effets que les ondes électromagnétiques du réseau puissent avoir sur notre santé. Une préoccupation à laquelle s’intéressent les autorités, notamment l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), missionnée établir si et dans quelles mesures cette nouvelle norme représente un risque sanitaire. Malheureusement à l’heure actuelle, il n’y a pas assez d’études disponibles pour trancher sur la question.

L’Anses estime pouvoir donner son avis sur le sujet dans le courant du premier trimestre 2021. Mais pour pouvoir réaliser son expertise, l’agence souligne « la nécessité de disposer des données décrivant les technologies développées et leurs installations afin de caractériser les niveaux d’exposition associés et d’évaluer les éventuels effets sanitaires ».

Sur son site, l’agence précise tout de même faire face à un défaut « de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés à l’exposition aux fréquences autour de 3,5 GHz ». Or, c’est justement cette bande passante-là qui sera utilisée en premier dans le cadre du déploiement commercial de la 5G en France, soulignent nos collègues de Numerama. Le fait est que peu d’études s’intéressent à la bande de 3,5 GHz (4 études), la plupart se concentrent sur les fréquences situées entre 20 et 60 GHz (174 études).

Le manque d’intérêt pour cette bande passante de 3,5 GHz s’explique en deux points, selon l’Anses. Le premier point est que les deux segments sont très différents, l’un porte sur une tranche de 40 GHz (20 – 60 GHz), alors que l’autre s’étend sur 400 MHz (3,4 – 3,8 GHz). L’autre point est que la bande 3,5 GHz n’a jusqu’ici pas été énormément exploitée ce qui a joué sur le nombre d’études à son sujet et concernant ses potentiels effets sur la santé.

Malgré la faible disponibilité d’études valables, l’Anses estime pouvoir extrapoler des conclusions à partir des résultats concernant d’autres bandes de fréquences (celles des micro-ondes, Bluetooth et Wifi). L’Agence indique « qu’il est possible de considérer dans un premier temps que, dans le domaine des interactions biophysiques entre les champs électromagnétiques et le corps humain, l’exposition à des fréquences de l’ordre de 3,5 GHz est proche de l’exposition à des fréquences légèrement plus basses, par exemple 2,45 GHz, telles que celles utilisées pour les communications Wi-Fi. Toutefois, la spécificité des signaux 5G (modulation, puissance) pourrait influencer les niveaux d’exposition ».

L’Anses souhaiterait que la communauté scientifique s’intéresse davantage à la question alors que le déploiement mondial des infrastructures 5G se met en place. En France, le déploiement commercial de la 5G est attendu pour fin 2020.