Après avoir remis la franchise sur les rails avec un troisième épisode, THQ Nordic nous livre un premier spin-off pour sa franchise, faisant cette fois office de préquelle. Un spin-off qui est également synonyme d’un changement radical de direction…

Comme son nom l’indique, Darksiders Genesis prend place bien avant les événements du premier épisode de Darksiders premier du nom. On retrouve malgré tout le matériau de base, notamment les 4 Cavaliers de l’Apocalypse et plus particulièrement Guerre et Discorde.

Après avoir suivi les ordres du Tout-Puissant Conseil et décimé les siens en vue de maintenir l’équilibre de la réalité, les frères Guerre et Discorde sont envoyés en mission pour éliminer Lucifer qui conspire en secret. Une quête qui va les mener à arpenter des terres esseulées où pullulent monstres et démons. Voilà le cadre dans lequel le joueur va devoir progresser, mais pour atteindre l’objectif final – anéantir Lucifer -, nos deux protagonistes seront amenés à remplir plusieurs missions, tels des coursiers. Entre deux expéditions, le joueur pourra revenir de temps à autre à l’abri, dans un hub central, afin d’acquérir des marchandises auprès des commerçants du coin, obtenir de nouvelles missions et améliorer ses deux acolytes.

Bien que les différentes quêtes attribuées à Guerre et Discorde soient liées à l’objectif principal, une certaine lassitude peut se faire ressentir au fil des missions Fedex. Certains personnages arriveront tout de même à se démarquer et à apporter un peu de dynamisme au récit relativement banal. Pour les fans de la série, l’histoire de Darksiders Genesis sera surtout l’occasion d’en découvrir plus sur Discorde puisque pour la première fois, les joueurs pourront l’incarner.

Un duo efficace

Pour ce spin off, le studio américain Airship Syndicate a opté pour un gameplay en coopération, en solo ou en local à écran splitté. Un concept qui fonctionne parfaitement dans l’un ou l’autre mode. En solo, le jeu permet de switcher rapidement entre les deux personnages et à volonté. L’occasion de s’adapter rapidement à toutes les situations qui se présentent à nous.

En effet, le concept démontre toute sa richesse dans le fait que les deux personnages que l’on incarne sont diamétralement inversés dans leur manière de faire face aux ennemis. Si Guerre incarne la brute épaisse avec son épée puissante, Discorde se révèle beaucoup plus élégant, avec ses pistolets, préférant attaquer à distance. Le duo fonctionne bien et la personnalité de chacun peut s’exprimer au cours de la progression.

Des combats nerveux et précis

Darksiders Genesis offre des combats nerveux et dynamiques.

Bien qu’uniquement accessible actuellement sur PC, il est recommandé de jouer au jeu à la manette. La gestion clavier et souris se révèle effectivement complexe pour ce jeu. Manette en main, les adeptes de la série retrouveront rapidement leurs bonnes vieilles habitudes, malgré quelques problèmes de gestion des déplacements; il arrive que les personnages atterrissent à côté de l’endroit que l’on visait.

L’expérience de jeu est nerveuse et dynamique. L’équipe d’Airship Syndicate réussit à transmettre de bonnes sensations durant les combats, notamment la puissance des personnages et plus particulièrement de Guerre. Massacrer des ennemis à la manière d’un hack’n slash est très plaisant.

Bien qu’on l’assimile à un diablo-like, Darksiders Genesis mise sur des combats plus stratégiques que son modèle. Ainsi, il faudra bien se positionner pour pouvoir mettre à mal ses ennemis, mais surtout faire attention aux attaques des démons. Celles-ci peuvent véritablement faire mal. Une fois que l’on a compris cet aspect, l’anéantissement des sbires de Lucifer se fera plus aisément, mais cet aspect plus stratégique est un vrai plus dans le jeu car le jeu gagne en technicité.

D’aileurs, Darksiders Genesis n’est pas qu’un simple diablo-like, il respecte l’ADN de la série avec des aspects tirés des action-RPG et jeux de plates-formes. Ainsi, le joueur sera amené à réaliser des sauts et des figures pour progresser dans les donjons. Le jeu a effectivement gagné en verticalité, ce qui peut surprendre au début, surtout lorsqu’on se rend compte que le jeu ne nous empêchera pas de tomber si on s’approche trop près du bord. Attention aux chutes mortelles. Heureusement, les morts ne sont pas punitives. On sera rapidement ressuscité quelques mètres plus loin, sans plus de malus. D’ailleurs, on pourrait reprocher au jeu d’être un peu trop facile dans l’ensemble. Fort heureusement, il est possible de paramétrer la difficulté de chaque niveau indépendamment, de facile à difficile.

Darksiders Genesis renferme également de nombreux passages secrets, bon nombre de coffres, ainsi qu’une multitude d’énigmes – caractéristique de la série – qui demanderont de la réflexion de la part des joueurs. Tantôt, ça sera un interrupteur à allumer, tantôt un levier à baisser. Des aspects qui pousseront certains joueurs à retraverser certains niveaux afin de tout rafler.

RPG, mais pas trop

Pour améliorer son personnage, il faut récupérer des Coeurs de Créatures en massacrant les ennemis.

Au fur et à mesure de sa progression et des massacres d’ennemis, le joueur accumulera des « cœurs de créatures » qui lui permettront d’étoffer les compétences de ses deux Chevaliers, notamment des munitions spéciales pour Stride ; balles de shotgun puissantes, cartouches incendiaires, rayon électrique. Pour cela, il faudra placer ces cœurs sur une sorte d’échiquier afin d’optimiser les statistiques des personnages.  Un arbre de progression divisé en trois catégories (santé, colère et attaques) qu’il faudra maîtriser pour renforcer son personnage globalement.

On notera que l’équipe du studio de développement américain a opté pour une vue du dessus en remplacement à la vue à la troisième personne adoptée dans les autres Darksiders. Avec ce point de vue, le jeu prend des allures de top down shooter avec Discorde.

Une direction artistique maîtrisée

La direction artistique est plaisante.

Dès les premiers instants du jeu, la patte graphique du dessinateur Joe Madureira qui avait signé les deux premiers volets se fait ressentir. On retrouve la direction artistique de Darksiders. Ainsi, les différents niveaux du jeu arborent de jolis décors et se distinguent les uns des autres joliment ; donjons lugubres, marais putrides, terres arides.

À plusieurs moments, en plus de la cinématique de début, Darksiders Genesis compte plusieurs cut scene dans un style comic book des plus bels effets à travers lesquelles on peut en découvrir davantage sur les frères Guerre et Discorde. Des scènes durant lesquelles le cynisme et l’humour noir des personnages se font également ressentir, faisant esquisser un sourire chez le joueur.

La mise en scène des personnages est toute aussi efficace, soulignée par la qualité des doublages entièrement en français. Les voix choisies ne sont pas des stéréotypes des personnages ténébreux, et ça c’est plutôt rafraîchissant. Quant à la bande-son, celle-ci est également de qualité et souligne parfaitement les rencontres majeures du jeu.

On notera tout de même quelques problèmes de visibilité, notamment à travers la caméra qui se heurte aux décors, masquant ainsi l’action en cours. À d’autres moments, ce sont les décors qui cachent l’action et bien que l’on puisse suivre notre personnage en transparence, ce n’est pas le cas des monstres, ce qui n’améliore pas vraiment la lisibilité. On regrette à ce titre de ne pas pouvoir mouvoir la caméra.

Un manque de précision et de finition que l’on retrouve également dans les menus. Des points négatifs toujours présents malgré le fait que le développement du jeu ait pris du retard, c’est regrettable. Mais de manière générale, l’ambiance graphique est plaisante. On peut espérer que le studio texan apporte des corrections à leur titre avant la sortie de Darksiders Genesis sur consoles. Une sortie prévue pour le 14 février prochain.

Conclusion 

Après un troisième plutôt réussi, le spin-off Darksiders Genesis vient enrichir l’univers de DarkSiders avec une expérience de jeu radicalement différente. Un défi que le petit studio Airship Syndycate a relevé haut la main, offrant un titre fidèle à ce qui a fait le succès de la saga (du cadre très sombre au gameplay qui mélange habilement énigmes, action et exploration). Ce hack’n slash nerveux propose une expérience en coop – en ligne ou en local – très satisfaisante. On apprécie à ce titre pouvoir incarner deux personnages très différents : Guerre, la brute épaisse, et pour la première fois dans la saga, Discorde, le pro de la gâchette. Un choix de gameplay qui offre une vraie dynamique et qui se révèle très convaincant. S’il parvient à s’écarter de son modèle, Genesis n’en souffre pas moins de quelques défauts redondants de ces types de jeux, avec ses quêtes fedex et sa caméra qui a tendance à ne pas toujours très bien suivre l’action. Pour un peu moins de 30€, le divertissement n’en reste pas moins très bon, d’autant plus que le jeu offre une solide durée de vie( + de 15h).

Darksiders Genesis

7.1

Gameplay

7.5/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

6.5/10

Les + :

  • Des personnages cyniques, mais attachants
  • Un mode coop en ligne ou en local au top
  • Une level design réussi
  • L'ADN de Darksiders
  • Des combats précis, nerveux et techniques

Les - :

  • Des soucis de visibilité (caméra et décors)
  • Un manque de finition
  • Les quêtes fedex