Après nous avoir livré un remaster du second volet, Microïds revient à la charge avec un troisième épisode cette fois totalement inédit. L’occasion de se replonger dans l’univers de Goscinny et Uderzo…

S’il avait marqué certains joueurs en son temps, Astérix & Obélix XXL2 était toutefois loin d’être un grand jeu d’aventure. Il faut le reconnaître toutefois, l’adaptation restait plutôt fidèle à l’univers de Goscinny et Uderzo. Pas de quoi donc déchainer la fureur des fans qui étaient ravis de retrouver leurs deux Gaulois dans une aventure inédite. Pour ce troisième volet, Microïds a choisi de changer un peu la formule, optant pour une expérience davantage axée sur la coopération et un système de caméra fixe.

Graphiquement, le jeu est plutôt fidèle à la bande-dessinée.

Si la formule évolue, le jeu gagnant en accessibilité, il ne faut toutefois pas s’attendre à un titre très facile. En soi, Astérix & Obélix XXL3 est un titre agréable à parcourir. Chaque niveau propose de traverser des environnements plutôt jolis et variés – de la Gaule verdoyante à l’Islande enneigée – en massacrant des hordes de romains sur son chemin, en récupérant casques et bonus et en attrapant des sangliers pour récupérer de l’énergie. La formule n’est pas très originale mais efficace. Elle devrait en tout cas plaire aux plus jeunes. En revanche, l’intégration de campements romains, à nettoyer de fond en comble, est plus discutable. Conçus comme de véritables donjons, ces niveaux labyrinthiques qui regorgent de tentes à détruire et d’ennemis à envoyer valdinguer dans les airs représentent la partie la moins intéressante du jeu. Car si Astérix & Obélix XXL3 n’est pas un mauvais jeu d’aventure, il est un piètre beat them all. Les séquences de combat manquent cruellement de nervosité. On se contente de multiplier les tatanes en courant à gauche et à droite. Il n’y a pas vraiment de stratégie particulière à adopter – si ce n’est éliminer le plus rapidement possible les ennemis qui sont capables d’appeler des renforts. Le système de coups reste basique et s’il existe quelques super-coups à activer, leur utilisation ne suscite malheureusement pas de sursauts de la part du joueur. L’utilisation de la potion d’Astérix, qui lui permet d’enchainer les K.O. à une vitesse impressionnante est la seule feature vraiment sympa du jeu. Pour le reste, il faut bien l’admettre, on s’ennuie ferme durant les combats et la longueur des donjons n’arrange rien au problème. Assez paradoxalement, si le jeu est accessible et relativement facile, les donjons se révèlent beaucoup plus corsés et pourraient se révèle difficiles à boucler seul pour les plus jeunes.

Alors certes, le jeu est jouable en coop, et le challenge devient tout de suite plus accessible avec l’aide d’un adulte – mais encore faudra-t-il que l’enfant qui y joue et la possibilité de jouer avec ses parents. L’ajout d’un mode coop n’en reste pas moins la fonctionnalité la plus intéressante de ce troisième volet. Parcourir le jeu à deux est quand même beaucoup plus sympa qu’en solitaire.

Les campements romains sont probablement les passages les moins excitants du jeu.

Car c’est un fait, Astérix & Obélix XXL3 est un jeu horriblement répétitif qui peine à renouveler son concept sur la durée. Si la promenade dans les décors de la Gaule antique reste sympathique à deux, il n’y a rien dans ce jeu qui nous fera revenir vers lui une fois l’aventure bouclée (en 6h pour les plus rapides). La replay-value reste très pauvre. Le contenu n’est pas non plus très excitant. En dehors de l’aventure principale, on ne retrouve aucun mode de jeu alternatif ni mini-jeu. On apprécie en revanche la possibilité d’améliorer progressivement les capacités de ses personnages avec les casques collectés durant l’aventure.

De façon générale, Astérix & Obélix XXL3 reste un beat them all très pauvre mais pas forcément déplaisant à jouer pour les plus petits. Son plus gros avantage reste sa grande fidélité à l’univers d’Uderzo. Visuellement, le jeu n’est pas forcément très joli – les modélisations sont très sommaires et la mise en scène digne d’un jeu d’il y a 10 ans, mais la direction artistique reste en phase avec la bande-dessinée. Notre plus gros reproche cible le scénario du jeu, atrocement plat, qui conduira vite le joueur à zapper toutes les cinématiques du jeu.

Les affrontements manquent cruellement de punch.

Alors certes, le jeu est plutôt fluide, on n’a pas vraiment rencontré de bugs durant la progression et le tout est relativement propre, mais tout cela ne sauvera malheureusement pas le navire du naufrage annoncé. Les joueurs qui avaient apprécié le second volet retrouveront sans doute leurs marques dans ce troisième chapitre. Pour les plus petits, Astérix & Obélix XXL3 représente une aventure divertissante. Les fans apprécieront sans doute l’édition collector du jeu et ses statuettes. Pour les autres en revanche, la pilule passera plus difficilement, même à prix réduit. En cette période période de fin d’année, ce ne sont pas les très bons jeux qui manquent. Et parmi le raz de marée, Astérix & Obélix XXL3 aura probablement beaucoup de mal à se démarquer.

Conclusion

S’il parviendra peut-être à séduire les plus jeunes avec sa prise en main très accessible et son univers coloré, Astérix & Obélix XXL3 aura en revanche beaucoup de mal à séduire les fans de la bande-dessinée avec son scénario très fade et son gameplay très pauvre. Court, pas très joli et finalement pas très fun non plus, le jeu de Microïds ne parvient jamais à vraiment convaincre malgré sa fidélité à l’univers d’Uderzo et l’introduction d’un mode coop qui permettra aux joueurs de parcourir l’aventure à deux. En fermant les yeux sur ses vilains défauts, on parviendra tout de même à passer un bon moment en compagnie du duo de choc, entre deux campements romains.

Astérix & Obélix XXL3

5

Gameplay

4.0/10

Contenu

5.0/10

Graphismes

4.5/10

Bande son

5.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • La coop à 2, enfin!
  • Fidèle à l'univers d'Uderzo
  • Pas déplaisant à parcourir
  • C'est propre et sans bugs

Les - :

  • Techniquement faiblard
  • La mise en scène, digne d'un jeu d'il y a 10 ans
  • Un scénario plat
  • Beaucoup trop répétitif, en particulier pour les assauts sur les camps romains
  • Assez court (6h en ligne droite)