Huawei va pouvoir continuer à travailler avec des entreprises américaines jusqu’au 18 février 2020, soit encore 3 mois.  

Nouvel épisode dans le conflit qui oppose les États-Unis au constructeur chinois Huawei. Après avoir été pratiquement interdit sur le sol américain, Huawei bénéficie d’une nouvelle période de sursis. Il s’agit en réalité de la troisième extension de licence pour le constructeur chinois octroyée par l’administration de Trump.

Pour rappel, les États-Unis accusent Huawei d’espionnage pour le solde du gouvernement chinois. Le constructeur intégrerait des portes dérobées au cœur des infrastructures de télécommunication qu’il développe. C’est pourquoi l’administration américaine a appelé les entreprises nationales à couper les ponts avec Huawei. Une demande suivie très rapidement et par de grands noms du monde des technologiques, notamment Google.

« La prolongation temporaire de la licence générale [accordée à Huawei] permettra aux opérateurs de continuer à desservir des clients dans certaines des régions les plus éloignées des États-Unis, qui autrement seraient laissés dans l’ignorance », a justifié le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross. « Le Ministère continuera de surveiller rigoureusement les exportations de technologies sensibles pour s’assurer que nos innovations ne sont pas exploitées par ceux qui pourraient menacer notre sécurité nationale », a-t-il tout de même précisé. Une déclaration qui ne s’adresse pas uniquement à Huawei puisque la « liste noire » des entités concernées par cette surveillance rigoureuse compte près d’une centaine de sociétés non américaines.

Cette nouvelle extension de licence peut être perçue comme un changement de ton de la part des autorités américaines. Jusqu’ici, les deux précédentes prolongations de licence n’avaient pour but que de permettre aux opérateurs de remplacer leurs équipements de télécommunications Huawei par ceux d’autres fournisseurs. Malgré ce nouveau sursis, Huawei ne peut toujours pas récupérer sa licence Android.

Évidemment, de son côté, le groupe chinois se défend des accusations des États-Unis. Selon Huawei, ce bannissement serait politique et lié à la guerre commerciale à laquelle se livrent les États-Unis et la Chine et n’aurait rien à voir avec la sécurité de l’État.