Nouveau projet du studio Obsidian, qui était notamment l’auteur du très bon Fallout : New Vegas, The Outer Worlds s’annonçait comme l’un des titres les plus prometteurs de cette fin d’année. Le shooter spatial du studio américain tient-il toutes ses promesses?

Racheté il y a quelques mois par Microsoft, Obsidian livre son dernier projet comme studio indépendant avec The Outer Worlds – un jeu d’aventure spatial qui lorgne gentiment du côté de Fallout et s’annonçait comme l’un des gros jeux de cette fin d’année.

Si le titre n’avait pas vraiment fait rêver les joueurs avec sa plastique à travers les différents trailers révélés, l’univers du jeu, les possibilités qu’il offre et surtout son gameplay s’annonçaient très séduisants. Et le résultat final est à la hauteur de nos attentes, malgré quelques petites faiblesses.

Graphiquement, le résultat n’est pas brillant, mais The Outer Worlds a son charme…

Comme tous les titres du studio, le scénario de The Outer Worlds et son background sont particulièrement soignés. Les développeurs ont choisi de développer une réalité alternative dans laquelle les corporations ont pris le pouvoir sur la planète. Le vingtième siècle de cet univers parallèle est marqué par de très grosses évolutions dans le domaine de la science. Très vite, les corporations se lancent à la conquête de la galaxie et colonisent plusieurs planètes. Réveillé de son sommeil cryogénique, le joueur se retrouve sur une planète extra-terrestre qui a été colonisée par l’espèce humaine, mais qui n’a pas pour autant perdu son identité unique. Et c’est sans doute là le plus grande charme de The Outer Worlds, qui parvient à se forger sa propre identité tout au long de l’aventure et fera visiter aux joueurs des planètes aux styles très différents.

Sans doute trop ambitieux, le jeu d’Obsidian ne parvient pas à réaliser toutes ses ambitions et se révèle même assez court pour un titre du genre. En ligne droite, il est possible de boucler l’aventure en moins de 20h. Ceux qui prendront leur temps verront le bout de l’histoire en 30h de jeu environ, ce qui n’est déjà pas si mal que ça. L’ennui, c’est que là où on s’attendait à pouvoir découvrir de gigantesques univers, on se retrouve finalement limité à des zones de jeu de taille limitée. On est donc très loin d’un vaste open-world à la Fallout. Plus surprenant, certaines zones de jeu sont même entrecoupées de temps de chargement parfois un peu longuets, qui viennent entrecouper l’action.

Le bestiaire du jeu est assez varié.

Au niveau du gameplay, on se retrouve face à un jeu à mi-chemin entre un RPG et un shooter, qui se rapproche de Fallout au niveau de sa prise en main, avec toutefois des spécificités qui lui sont propres. Globalement, The Outer Worlds nous a paru un peu plus nerveux que Fallout dans son gameplay, avec des gunfights plus nombreux et des capacités du personnage davantage mises à contribution.

L’intégralité de l’aventure se joue bien sûr à la première personne, et si The Outer Worlds reprend de nombreux éléments propres à la série de Bethesda, il parvient également à s’en écarter suffisamment pour éviter de tomber dans la caricature.

Durant l’aventure, le joueur passera donc d’une planète à l’autre pour accomplir différentes quêtes qui lui sont confiées par les PNJ. Comme dans Fallout, les dialogues sont nombreux – et riches en répliques qui peuvent par ailleurs impacter l’histoire et les compétences du personnage. Adopter une attitude agressive dans une conversation pourra par exemple amener un PNJ à vous affronter. De façon générale, les relations que vous entretenez avec les PNJ prennent une part importante dans l’univers de The Outer Worlds. Le joueur sera amené à faire des choix et à supporter différentes factions.

Les dialogues sont nombreux dans The Outer Worlds.

Toutefois, c’est surtout au niveau de son gameplay que The Outer Worlds parvient à se distinguer des autres FPS en permettant au joueur d’opter pour des approches très différentes. Ici, la confrontation ne paye pas toujours. Le joueur pourra ainsi faire évoluer les statistiques de son personnage et débloquer des compétences sur base de ses affinités avec certains styles de jeu. L’arbre de compétences est divisé en 6 branches distinctes qui couvrent le combat au corps à corps, le dialogue, la furtivité, le leadership, la technique et la défense. Développer des ramifications du dialogue permettra parfois d’éviter des combats en manipulant les PNJ. A ces compétences viennent s’ajouter des avantages qui permettent d’augmenter ses gains en expérience par exemple ou d’encaisser plus de coups. Mais le plus intéressant dans tout cela, c’est que si l’acquisition de ces compétences impacte votre façon de jouer, la façon de jouer impacte également l’efficacité du joueur sur le terrain. Par exemple, à force de prendre trop de médicaments pour vous soigner, et donc en étant trop agressif, vous développerez naturellement une dépendance aux drogues. Dans le même ordre d’idée, vous pourrez devenir complètement allergique aux robots si vous les affrontez trop souvent. Amusant.

Riche dans sa conception, The Outer Worlds souffre toutefois d’un certain manque de finition. Comme évoqué plus haut dans ce test, les temps de chargements sont encore trop nombreux et les zones de jeu restent trop limitées. Trop souvent, on a l’impression que le studio a dû faire des concessions. Que ce soit au niveau de la taille de son jeu, de sa structure ou des idées. The Outer Worlds intègre ainsi un système de compagnons qui permettra au joueur de progresser aux côtés d’une petite équipe d’aventuriers qui le seconderont dans les missions. Le concept n’est pas sans rappeler celui d’un Mass Effect. Sauf que dans la pratique, ces personnages ont tendance à rejoindre beaucoup trop rapidement votre équipage. N’espérez pas en apprendre davantage sur leur passé ou les raisons qui les ont poussé à vous rejoindre. Tout se fait dans la précipitation. Sur le terrain, leur efficacité est aussi limitée par une intelligence artificielle pas franchement exceptionnelle.

L’arsenal est lui aussi assez varié.

Arme en main, les sensations n’en restent pas moins très bonnes, avec un gameplay nerveux et quelques très bonnes idées, à l’image de la dilation temporelle, qui permet de ralentir le temps durant une séquence de shoot. Dans le même ordre d’idée, on apprécie la localisation des tirs, qui permettra par exemple de ralentir un ennemi en lui tirant dans les jambes, ou de l’éliminer d’un seul coup en lui tirant entre les deux yeux. La diversité de l’arsenal, qui mélange armes à feu, armes blanches et armes plus originales, dont un pistolet rétrécissant, a de quoi offrir de solides sensations. D’autant plus que le jeu regorge de bonnes idées, avec par exemple la possibilité de se planquer dans les hautes herbes pour surprendre son adversaire, de demander à l’un de ses compagnons d’utiliser une capacité spéciale ou de réparer ou d’upgrader ses armes.

Là où les choses se compliquent en revanche, c’est au niveau de la réalisation technique, qui se présentait d’entrée de jeu comme le Talon d’Achille de The Outer Worlds. Si le résultat n’est pas catastrophique, le titre est malheureusement loin des standards actuels. Visuellement, The Outer Worlds n’a pas grand chose d’un triple-A. Les bugs graphiques sont nombreux, les animations manquent en détails, les visages des personnages manquent d’expression et globalement le moteur graphique est très en deçà de ce qu’on a l’habitude de voir. La bonne nouvelle, c’est que malgré tous ces défauts, The Outer Worlds parvient à séduire avec ses jolies planètes à la direction artistique inspirée. Le jeu d’Obsidian parvient à se créer une identité graphique qui lui est propre. On lui reprochera toutefois très clairement l’absence de mise en scène, qui n’aide pas vraiment à l’immersion.

Pour le reste, Obsidian s’en sort plutôt bien, avec une bande sonore efficace (bien qu’uniquement en anglais), des dialogues soignés et souvent truffés d’humour, une excellente rejouabilité et des thématiques intéressantes abordées tout au long de l’aventure.

Conclusion

S’il ne tient pas toutes ses promesses, The Outer Worlds n’en reste pas moins une belle réussite. Le titre d’Obsidian s’inspire très ouvertement de Fallout au niveau de son gameplay, tout en parvenant à développer sa propre identité. Riche en contenu, le jeu séduit par son univers coloré, ses dialogues très riches, son humour et la richesse de son gameplay. L’expérience de jeu rappelle très souvent Fallout New Vegas. Le jeu d’Obsidian n’est toutefois pas un simple copié-collé puisqu’il parvient à introduire des tas d’idées innovantes. Trop souvent, on a toutefois l’impression que les développeurs ont été un peu trop ambitieux. Le vaste monde ouvert est en réalité une succession de zones de jeu de taille moyenne, entrecoupées de chargements. Graphiquement, The Outer Worlds est également loin d’être une claque. Les visages des PNJ manquent cruellement d’expression, les modélisations restent très sommaires et la mise en scène est minimaliste. Difficile toutefois de ne pas tomber sous le charme d’un titre d’une rare richesse, à la fois rafraîchissant et délicieusement old-school.

The Outer Worlds

7.3

Gameplay

8.0/10

Contenu

8.0/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Un gameplay très riche
  • Un scénario soigné, avec des dialogues bien écrits
  • 20 à 30h de solo et une bonne rejouabilité
  • Le design des planètes visitées
  • Quelques très bonnes idées, côté gameplay

Les - :

  • Pas un open-world, mais des zones de jeu de taille modeste
  • Graphiquement, c'est assez moyen
  • Les compagnons, qui n'apportent pas grand chose à l'aventure
  • Une I.A. pas assez développée