Trois ans après la sortie du film d’animation éponyme, Monkey King : Hero is Back a droit à son adaptation vidéoludique. Si l’œuvre cinématographique a connu un véritable succès lors de sa sortie, cette adaptation est-elle à la hauteur du film ?

Les personnages ont des personnalités propres et très différentes.

Le jeu vidéo reprend la trame narrative du film sorti en 2015 en Chine, lui-même largement inspiré du roman Le Voyage en Occident. On découvre le passé tumultueux du Roi Singe, Dasheng, qui s’est retrouvé emprisonné dans une cage de glace par Bouddha après avoir abusé de ses privilèges et pouvoirs pour défier les dieux et l’armée céleste. Au bout d’une méditation imposée de 500 ans, Dasheng est délivré de sa malédiction par un petit garçon maladroit. Cette délivrance n’est que de courte durée puisque Bouddha lui signifie qu’il devra se racheter une conduite s’il veut véritablement être libéré. Pour cela, il devra aider le petit garçon et le bébé qu’il garde en repoussant les monstres qui ont envahi les villages alentour. Au fur et à mesure qu’il vient en aide à la population et repousse les ennemis, Dasheng retrouve peu à peu ses pouvoirs et se libère des chaînes de Bouddha.

Si le scénario perd un peu de sa profondeur dans cette adaptation, les personnages n’en restent pas moins attachants. Dasheng est un antihéros blasé qui ne cherche qu’à récupérer ses pouvoirs et qui ne fait le bien que dans ce but, alors que le jeune Liuer est émerveillé par tout ce qui l’entoure. On regrette d’ailleurs d’entendre plus souvent le jeune garçon – beaucoup trop peureux – que Dasheng dont la personnalité est tout de même beaucoup plus amusante.

Une succession de combats

Le joueur sera amené à combattre de nombreux monstres.

Monkey King : Hero is Back est un jeu d’action et d’aventure reprenant des éléments RPG. Pour retrouver sa liberté, Dasheng va devoir terrasser les monstres qui ont envahi les villages alentour et kidnappé les bébés de villageois. Bien qu’il soit accompagné pour réaliser cette mission, le Roi Singe sera seul au combat. Fort heureusement, il pourra compter sur ses connaissances en arts martiaux pour anéantir ses ennemis.

Combat en temps réel en face à face, en arène pour ouvrir des coffres précieux ou anéantir des boss, les occasions ne manqueront pas pour utiliser les différentes attaques de Dasheng. Le Roi Singe dispose de deux types d’attaques ; lourdes et légères. Chacune d’entre elles dispose de plusieurs enchaînements et animations qui interviennent parfois par hasard et parfois lorsqu’on attaque au bon moment. Le joueur peut également utiliser des éléments du décor pour tabasser ses ennemis, ainsi que d’attaques magiques. Celles-ci se débloquent en récoltant l’énergie des ennemis terrassés. Au bout d’un moment, le joueur peut se rendre près d’une statue de Bouddha et débloquer une nouvelle attaque.

Le joueur peut débloquer et renforcer les attaques magiques de Dasheng.

Le personnage dispose d’un joli éventail de techniques d’art martial, ainsi que de divers combos et attaques spéciales qui viendront dynamiser les nombreux affrontements du jeu. Il arrive tout de même que les combats soient illisibles tant les ennemis sont nombreux et que les coups volent dans tous les sens. De plus, le fait que l’on ne puisse pas verrouiller une cible est navrant.

De plus, certaines actions mettent un certain temps avant de s’exécuter lors des combats. Une latence minime dans le cas des attaques, mais qui est tout de même regrettable. On retrouve également cet aspect négatif au niveau des sauts. L’animation de saut prend une seconde pour se lancer ce qui peut parfois pousser le personnage à manquer l’élément sur lequel on voulait qu’il atterrisse. Si on pardonne facilement le studio pour cette erreur – minime – lors des combats, c’est tout de suite beaucoup plus frustrant, car plus prononcé, pour les sauts.

On retrouve également le même type de problème au niveau d’actions banales à réaliser. Ainsi, grimper une échelle impose un temps d’arrêt – très bref, mais tout de même – avant de lancer l’animation – qui se fait sans notre intervention – et qui se termine par un second écran noir. On a du mal à comprendre l’intérêt. Si le studio voulait intégrer le plus de scènes animées en référence au film, cela n’a pas de réel intérêt dans les phases de jeu.

Autre point qui semble étrange ; le passage des portes. Même quand la porte est ouverte ou qu’il n’y a tout simplement aucun obstacle, que le chemin s’offre à nous, le jeu lance un écran noir. Ce qui perturbe ici, c’est que les changements de lieux ne sont pas indiqués.

En frappant au bon moment, le joueur peut réaliser une attaque surpuissante.

Pour en revenir au gameplay du jeu, Monkey King : Hero is back impose un système de récolte de matériaux essentiels pour progresser facilement dans l’aventure. Ainsi, durant son expédition, le Roi Singe doit récolter différents insectes, plantes, fleurs et autres pierres précieuses afin de les échanger au marchand du coin contre des potions de vie, de magie et divers élixirs. Un aspect qui pousse le joueur à explorer les moindres recoins de la carte, même si celle-ci ne réserve pas réellement de surprise.

La récolte ne se limite pas aux matériaux puisque le joueur devra également rassembler le plus de « Dieux de la Terre » – des petits personnages cachés dans la terre – et les ramener au « chef » des Dieux de la Terre afin d’améliorer les statistiques de son héros ; esprit, corps et techniques. Pour les repérer, il faudra faire appel à la vision magique du héros, son œil spirituel.

Malheureusement, l’aventure reste dans la même continuité tout au long du jeu. Pour passer au village suivant, le joueur devra récupérer des clés en terrassant ses ennemis ou en les évitant furtivement et anéantir les boss, sans réelle surprise.

Autre reproche que l’on pourrait faire au jeu : un certain manque de punch dans les affrontements, qui témoigne également d’un certain manque d’ambition du studio.

Une inspiration cinématographique flagrante

Les flashbacks sont signifiés par des dessins inanimés très travaillés.

Les studios Oasis Games et Hexa Drive ont mélangé les styles esthétiques dans ce jeu. Si on retrouve de nombreuses cinématiques telles que dans le film, les studios ont également intégré d’autres esthétiques pour certaines scènes. On se retrouve ainsi face à des images de types BD – ou manga – aux couleurs plutôt pâles sur lesquelles les personnages sont figés. Les cadres se succèdent au fur et à mesure des dialogues. À d’autres moments ce sont des dessins beaucoup plus travaillés et plus sérieux, eux aussi inanimés, qui viennent illustrer la progression de la narration.

Côté réalisation, le jeu est plutôt joli, mais n’impressionne jamais. On se retrouve face à un titre à relativement budget qui s’en sort plutôt bien. Les décors manquent un peu de détails, les animations faciales restent très simples, mais le jeu immerge parfaitement le joueur dans son univers grâce à sa direction artistique inspirée.

Enfin, pour ce qui est de l’ambiance sonore et musicale, on sent également ici une grande inspiration du cinéma. Les voix de doublages – entièrement en français – sont parfaitement réalisées. Et la musique aux sonorités asiatiques fonctionne parfaitement avec le cadre. Les personnages ont tous leur propre personnalité et cela passe par leur voix. Le personnage de Dasheng est particulier, blasé de tout et surtout de ses compères de voyage, beaucoup plus enthousiastes que lui. Le contraste est amusant.

On regrette cependant les mimiques des personnages beaucoup trop répétitives. On est vite lassé du jeune Liuer et de ses « Go, vas-y » ou « ah ! Des monstres » sans cesse. Le silence est parfois d’or.

Conclusion

Trois ans après la sortie du film d’animation, Monkey King : Hero is back a droit à son adaptation en jeu. Un exercice que les équipes d’Oasis Games et Hexa Drive ont plutôt bien réussi. L’univers hérité du long métrage est respecté et enrichi de plans de styles différents. On retrouve la personnalité « sympathique » des personnages et on se laisse presque toucher par leur aventure, malgré un cadre relativement classique. Monkey King : Hero is Back prend la forme d’un jeu d’action-aventure avec certains aspects RPG sans grande originalité, mais le tout fonctionne bien, et ce, en grande partie grâce à l’efficacité de son scénario et le charme de son univers. On lui reprochera toutefois un gameplay un peu mou et un certain manque de finition, avec des latences avant le déclenchement d’actions (sauts et attaques) qui pourront exaspérer le joueur à force et des écrans noirs à chaque temps de chargement… 

Monkey King : Hero is Back

5.8

Gameplay

5.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

6.0/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Les personnages sont attachants
  • Les cinématiques de qualité
  • Les musiques et doublages
  • L'univers du jeu a son charme
  • Parfois très joli

Les - :

  • Un problème de latence lors des attaques et des sauts
  • Une succession de niveaux sans surprise
  • Combats parfois illisibles, et un peu trop mous
  • Mimiques vocales des personnages agaçantes
  • Une durée de vie assez moyenne (entre 8 et 11h)