Plusieurs sénateurs américains ont assuré à Microsoft que la menace pour la sécurité intérieure que représente Huawei était « réelle et urgente », sans pour autant fournir des preuves concrètes de cette menace.

Depuis des mois, les États-Unis accusent Huawei de jouer les espions pour le compte de la Chine. Le constructeur chinois aurait introduit une porte dérobée dans ses smartphones et ses équipements réseau qui permettrait au gouvernement chinois d’espionner la population américaine. De graves accusations qui ont pris une ampleur inédite ces derniers mois. Le président Trump a même interdit les entreprises américaines de travailler avec Huawei, notamment Google, propriétaire d’Android. Un coup dur pour Huawei.

Pourtant, le gouvernement américain n’a jamais donné d’élément concret pour étayer ses accusations. Une situation invraisemblable pour beaucoup, notamment pour Microsoft.

Comme le rapporte Bloomberg, le président et chef des affaires juridiques de Microsoft, Brad Smith, se serait plaint du manque de transparence du gouvernement américain et de sa politique interdisant les entreprises américaines à travailler avec Huawei. Ce dernier était pourtant l’un des plus gros clients des fabricants américains de puces. L’année dernière, Huawei avait dépensé 11 milliards de dollars aux États-Unis, comme le rappelle PhoneArena.

Les doutes exprimés par Microsoft ont poussé des sénateurs à lui répondre. Cinq sénateurs républicains ont ainsi écrit une lettre à Brad Smith lui expliquant combien il était dangereux de travailler avec Huawei, sans – de nouveau – donner des preuves concrètes. Selon les politiques, « les problèmes de sécurité concernant Huawei sont réels et urgents ».

Si Huawei a effectivement des choses à se reprocher – le constructeur chinois a été jugé coupable du vol d’une technologie développée par Tappy, ainsi que d’avoir fait des affaires avec la Corée du Nord -, l’espionnage ne semble pas en faire partie. En tout cas, jusqu’à preuve du contraire.

Le mois dernier, Bras Smith avait évoqué un échange qu’il avait eu avec des politiques du gouvernement américain. Ces derniers lui auraient affirmé que s’il savait ce qu’ils savent, il serait convaincu des risques que représente Huawei. Ce à quoi aurait répondu le président et chef des affaires juridiques de Microsoft « très bien, montrez-nous ce que vous savez pour que nous puissions décider nous-mêmes. C’est comme ça que notre pays fonctionne », a rapporté Bloomberg.

Malgré la demande de Microsoft, le gouvernement américain ne semble toujours pas prêt à fournir des preuves concrètes concernant le potentiel risque que représente Huawei pour la sécurité nationale américaine.