Un an après l’accès anticipé, le studio polonais Creepy Jar livre enfin Green Hell dans sa version finale. Une sortie officielle qui introduit un mode histoire. Une nouveauté de taille pour ce jeu de survie, même s’il fallait encore que celui-ci se révèle intéressant.

Il aura fallu se montrer patient pour découvrir Green Hell dans sa globalité. Sorti en accès anticipé au mois d’août 2018, ce n’est qu’en septembre 2019 que Creepy Jar livre sa création terminée. Une version finale qui devait également marquer la sortie du jeu sur consoles de salon, mais le studio polonais semble avoir pris du retard. Le portage sur PS4 et Xbox One est désormais prévu pour début 2020, si tout se passe bien. Un mode coopératif jusqu’à 4 joueurs est également au programme. Il devrait débarquer sur PC d’ici la fin de l’année.

Entrons dans le vif du sujet. Le titre de Creepy Jar est un jeu de survie à la première personne qui prend vie au cœur de la forêt amazonienne. Un cadre à la fois magnifique et inquiétant puisque la nature se révélera aussi dangereuse que belle. Et la nature ne sera pas la seule menace. À l’image des films Cannibal Holocaust et The Green Inferno, le joueur fera rapidement connaissance avec la population locale, des indigènes plutôt inamicaux.

Bienvenue en enfer

Le titre nous fait incarner un anthropologue fraîchement débarqué sur une rive de la forêt amazonienne avec sa femme, également anthropologue et spécialiste des langues amérindiennes. Leur objectif est d’entrer en contact avec la tribu Waraha, l’une des dernières civilisations encore à l’état « sauvage ». Une tâche que Mia réussit contrairement à Jake qui ne s’est pas fait accepter par la tribu. Ils se retrouvent donc séparés.

Suite à un appel inquiétant de Mia, Jake est pris de panique et tente de la retrouver, mais chute brutalement et tombe dans les pommes. À son réveil – difficile –, la survie de Jake commence.

Perdu dans la forêt amazonienne, sans aucun équipement en dehors de son talkie-walkie et de sa montre intelligente, Jake va devoir apprendre très rapidement à se servir de son environnement pour survivre tout en s’en méfiant. Dans sa situation, un mauvais fruit ou une mauvaise blessure peuvent avoir des conséquences funestes.

Survivre et retrouver Mia seront les leitmotivs de l’aventure de Green Hell. Le joueur devra à la fois se concentrer sur le bien-être physique et mental de Jake et sur sa quête pour retrouver sa femme, Mia. C’est en progressant dans la forêt que le joueur va découvrir à quel point la nature peut être hostile et dangereuse, mais aussi, les hommes.

L’emboîtement de la survie et de la quête de Jake porte parfois préjudice au jeu. En effet, les besoins de Jake sont nombreux et ses ressources s’épuisent rapidement ce qui ralentit régulièrement la recherche de Mia. De plus, le scénario ne se lance qu’à certaines conditions qui ne sont pas forcément bien indiquées. Autrement dit, il peut être compliqué de progresser dans l’histoire. Les amateurs des jeux de survie non scénarisés ne devraient pas s’en plaindre, mais c’est tout de même dommage de ne pas avoir fait passer l’histoire comme leitmotiv principal pour le mode campagne.

Une survie compliquée par de nombreux besoins

Que ça soit en mode campagne ou survie, l’aventure débute de la même manière. Une mise en bouche qui introduit le contexte du jeu et qui sert également de tutoriel. L’occasion d’assimiler les bases du jeu, notamment les déplacements, les mécanismes de collectes et de fabrications d’objets, essentiels à la survie dans cet environnement hostile.

Le jeu repose d’ailleurs énormément sur ces deux derniers aspects ; la collecte et la fabrication d’objets. Pour survivre, le joueur devra faire attention à la santé physique et mentale de son héros, mais aussi veiller à ce qu’il soit bien préparé et équipé pour faire face aux dangers de la forêt amazonienne. Il lui faudra donc récolter divers ingrédients (branches, feuilles, pierres, etc.) et se fabriquer des abris ou des armes. En parallèle, il faudra également porter une attention particulière à la faim et la soif de Jake.

Heureusement, la forêt amazonienne regorge de plantes, fruits, bestioles et de rivières, mais tout ne sera pas bénéfique pour Jake. Or, le jeu laisse le joueur dans le même état d’ignorance que son héros concernant les bienfaits ou non des aliments. Pour savoir ce qui est bon, il devra les ingurgiter et malheureusement, parfois – souvent – certaines denrées auront des effets secondaires mortels.

Il faudra parfois procéder à une préparation pour rendre des aliments consommables. Par exemple, faire chauffer de l’eau brunâtre pour la rendre potable, cuire la viande pour tuer les bactéries, etc. Des étapes qui demanderont des construction de la part de Jake et qui pourront être ralenties par la météo. En effet, en cas de pluie ou de vent, le feu peut s’éteindre et rendre la purification de l’eau ou de la nourriture impossible.

Une fois qu’un aliment a été goûté, ses bienfaits nutritionnels s’afficheront désormais à chaque fois que Jake en mangera. Une bonne chose puisque Green Hell pousse le vice du jeu de survie à l’extrême. En effet, il ne faudra pas simplement donner des bons aliments au personnage, mais il faudra surtout faire attention aux valeurs nutritionnelles de ceux-ci. Protéines, glucides, lipides, tout y passe pour rendre la tâche plus compliquée au joueur. Celui-ci devra contrôler régulièrement la smartwatch de Jake pour connaitre son état de satiété, ainsi que son taux de glucide ou protéines. En cas de carence, le personnage sera plus vite fatigué ou plus instable mentalement.

Une fatigue physique et mentale

Comme nous l’avons déjà évoqué, la faim, la soif et la fatigue ne seront pas les seuls éléments à prendre en compte pour la survie de Jake. La santé mentale de l’anthropologue sera tout aussi importante que sa santé physique. S’il est trop stressé ou trop déprimé, il peut lui arriver d’avoir des hallucinations ou d’être davantage sujet à la fatigue. Pour remédier à cela, le joueur pourra le faire dormir ou lui faire manger des denrées qui auront des effets positifs sur le mental de Jake.

Un environnement mortel

Les menaces pour la survie de Jake ne sont pas seulement internes. La forêt amazonienne regorge de nombreux dangers et menaces ; notamment des plantes et fruits, des terrains accidentés, mais aussi des insectes, animaux sauvages (serpents, sanglier, sangsue) et des hommes presque préhistoriques. Si les blessures au combat peuvent évidemment être mortelles, une petite griffure non soignée peut également causer des dommages irréversibles à Jake. Gangrène, crise cardiaque, septicémie, les possibilités sont nombreuses.

Pour éviter des morts inutiles, le joueur devra veiller sur l’état physique de son personnage. Grâce à un système d’examen corporel bien pensé, le joueur pourra inspecter chaque membre de Jake et les faire pivoter pour déceler des blessures. Si c’est le cas, il lui faudra impérativement les soigner avec des bandages ou ce qu’il trouve.

Une expédition en terre inconnue

En parallèle de sa survie au sens propre, Jake devra également tenter de retrouver sa femme, Mia. Pour cela, il pourra se fier à sa smartwatch qui dispose d’une boussole et d’une carte. À diverses reprises, Mia entrera en contact avec Jake pour des échanges relativement inquiétants et mystérieux. Celle-ci lui donnera des indices sur la direction qu’il doit emprunter.

Le joueur devra jongler entre les différents outils de Jake pour survivre. Il devra régulièrement jeter un œil sur la montre de l’anthropologue pour surveiller ses carences et sa position, examiner le corps de Jake, mais aussi son sac à dos qui renferme les différentes provisions et armes. Ce dernier est d’ailleurs bien représenté. Green Hell affiche un vrai sac à dos avec les différents compartiments et poches de rangements. Il faudra d’ailleurs jongler entre les différentes couches du sac pour pouvoir récupérer tous les objets nécessaires à la fabrication de certains objets. Si c’est bien pensé, ça n’en reste pas moins assez trop procédural.

Enfin, on notera tout de même un gros point négatif au niveau des autochtones, grandes menaces de Green Hell. En effet, les locaux sont agressifs, mais leur IA n’est pas très poussée. Ils voient difficilement Jake quand il est plus ou moins caché et se révèlent assez lents.

Objectif : survie

Green Hell propose également un mode survie et un mode défi. Le premier se rapproche beaucoup de la campagne bien que la sphère scénaristique se résume au tutoriel de base. L’objectif est simple : survivre le plus longtemps possibles. Malgré que le jeu soit exigeant et que les menaces soient nombreuses, le mode survie peut se jouer presqu’à l’infini.

Pour ce qui est du mode défi, le jeu propose divers challenges consistant à construire un radeau, un feu de camp, résister durant un certain temps face aux indigènes ou encore chasser x animaux durant un temps imparti. Un mode qui ajoute une part de challenge – forcément – très appréciable, malgré leur nombre limité (7).

Une immersion plaisante et angoissante

Étant donné le cadre de l’aventure, Creepy Jar a eu de quoi se faire plaisir au niveau de la direction artistique. Les décors sont magnifiques – même si les graphismes ne sont pas forcément exceptionnels – et traduisent parfaitement l’atmosphère impressionnante et hostile de la forêt amazonienne. La faune et la flore sont réalistes et très diversifiées. Pareil pour les différents environnements ; marécage, plage, ruisseau, boue, etc.

Le studio polonais a également apporté un soin au niveau de la lumière. Le jeu suit le cycle jour-nuit et la météo (pluie, soleil) avec fidélité – la nuit tombe très tôt dans cette région du monde. Les couchés de soleil sont magnifiques, les rayons solaires passent à travers les arbres ce qui rend encore davantage le cadre réaliste.

Le sentiment de réalisme vient également du fait que le jeu ne pousse pas le joueur vers un chemin préalablement tracé. Cette partie de la forêt amazonienne est bel et bien vierge.

Enfin, on soulignera également le travail réalisé au niveau sonore. Les bruitages des pas, des efforts physiques de Jake, mais aussi de la vie au cœur de la forêt amazonienne sont criants de réalisme et permettent une immersion et une admiration délicate.

Conclusion

Green Hell est un jeu de survie exigeant et impitoyable qui ravira les amateurs du genre. Ici, il n’est pas seulement question de se fabriquer un abri et de manger des noix de coco en attendant que le temps passe, mais plutôt de faire attention à ce que le taux de lipides, glucides et protéines de notre héros ne soit pas trop bas. Perdu aux fins fonds de la forêt amazonienne, les menaces seront nombreuses et la moindre égratignure pourra avoir des conséquences néfastes pour Jake. Au-delà de la forme physique du héros, Green Hell place également la sphère mentale au cœur de l’aventure. Une aventure immersive et angoissante qui peine toutefois à convaincre au niveau de la longévité, avec un gameplay qui peine à se renouveler et des modes de jeu alternatifs à l’intérêt très limité.

Green Hell

7.2

Gameplay

7.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • La direction artistique
  • Un jeu de survie poussé
  • Une histoire bien ficelée
  • Une ambiance immersive
  • Un petit prix (20€)

Les - :

  • Un manque d'indications
  • Très exigeant
  • Des modes de jeu alternatifs qui manquent de richesse